La petite Olivia Giguère a aujourd'hui cinq mois et elle est en bonne santé. Elle a défié les pronostics des médecins, au grand plaisir de sa maman Julie Paquin.

Quand bébé tombe dans le bon 10 pour cent

Lorsque sa maman était enceinte de trois mois, les médecins lui ont dit que son bébé avait 90 pour cent des chances de mourir avant sa naissance. Aujourd'hui, Olivia a cinq mois et elle est en pleine santé.
« J'avais très hâte à l'échographie de 12 semaines. J'y suis allée avec ma grande fille de 13 ans, Maïka. La technicienne a fait l'examen sans dire un mot. Après elle m'a dit que la docteure viendrait me voir. Elle est arrivée 40 minutes plus tard. J'ai trouvé ça long. Et quand elle a demandé à ma fille d'aller dans la salle d'attente pour me parler seule à seule, j'ai su que c'était pas des bonnes nouvelles. Les larmes se sont mises à couler. Ç'a finalement été le pire jour de ma vie », raconte Julie Paquin.
C'était le 23 juin 2016. Le papa d'Olivia avait laissé sa place à Maïka en se promettant d'aller à la seconde écho à 20 semaines de grossesse. Finalement, sa conjointe des neuf dernières années lui a appris la mauvaise nouvelle. Le foetus présentait un hygroma kystique, un indicateur que le bébé risque d'être atteint de trisomie, du syndrome de Turner, de malformations cardiaques ou autres malformations diverses.
« On nous a dit que la meilleure solution était peut-être l'avortement. Mais pour moi, ce n'était pas une option. Les médecins ont tout de suite respecté mon choix et m'ont épaulé en me disant qu'ils feraient tous les tests disponibles pour nous rassurer », raconte la mère de 34 ans.
Julie Paquin faisait confiance en la vie et ne pouvait poser volontairement un geste qui terminerait sa grossesse. Au cours de la même période, sa grand-mère paternelle se meurt.
« Elle avait un cancer. Elle était mourante, mais elle avait toute sa tête. Je lui ai dit : si jamais tu t'occupes avant moi de mon bébé, promets-moi de bien en prendre soin. Elle m'avait répondu en me touchant le ventre que tout irait bien et que je serais celle qui s'en occuperait en premier. »
Finalement grand-maman Jeannine est décédée le 25 juillet 2016. Julie Paquin, elle, a eu une amniocentèse à sa 16e semaine de grossesse. Les premiers résultats sont sortis 10 jours plus tard. Bébé n'est pas atteint de trisomie. Après une autre semaine d'attente, d'autres bons résultats sont disponibles. Bébé n'a pas le syndrome de Turner et les chromosomes sont normaux.
« Les semaines d'attente ont été horribles. Ça faisait tellement longtemps qu'on voulait cet enfant », témoigne Mme Paquin.
Julie Paquin et Mathieu Giguère avaient chacun une grande fille née d'une union précédente. M. Giguère avait subi une vasovasostomie qui a dû être renversée après deux ans d'attente. Puis deux autres années ont été nécessaires avant que Julie tombe enceinte.
« On voulait un bébé ensemble. J'avais un grand besoin de materner et ces quatre années d'attente m'avaient rendue malade. J'ai même dû arrêter de travailler. Et c'est quand j'ai décidé de lâcher-prise et que j'ai tout vendu mes affaires de bébé de mon aînée que je suis tombée enceinte », raconte celle qui travaille chez Louis Luncheonette depuis une douzaine d'années. C'est d'ailleurs à ce resto qu'elle a rencontré son conjoint.
À partir de la 19e semaine, le couple a uniquement reçu de bonnes nouvelles. Le 21 décembre, deux jours avant la date fixée pour une césarienne, Olivia est née.
L'accouchement s'est bien déroulé. Et les tests passés au cerveau, coeur, foie, intestins au lendemain de la naissance ont confirmé qu'elle était en pleine santé.
« Elle se développe normalement. C'est notre bébé miracle, une vraie battante qui s'est accrochée à la vie. Je lui souhaite de garder son côté fonceur et tenace », conclut la maman en souhaitant comme cadeau de la fête des Mères des bébés en santé à toutes les femmes enceintes.