Généralement rendu public en mai, le bilan de 2018 sur la qualité de l’eau de nos rivières, et du même coup, de l’eau des plages où les Sherbrookois se baignent, tarde à être déposé.

Qualité de l’eau et des plages : le bilan se fait attendre

Le bilan annuel sur la qualité de l’eau de nos rivières, et du même coup, de l’eau des plages où les Sherbrookois se baignent, tarde à être déposé. Généralement rendu public au début de la saison chaude en mai, celui de 2018 sera vraisemblablement présenté en septembre. La conseillère Évelyne Beaudin y voit une façon de retarder le dévoilement de mauvaises nouvelles, alors que les citoyens fréquentent encore les plages publiques.

La présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, déplore qu’une élue infère qu’on retarde volontairement la divulgation d’une information pour la cacher aux citoyens. Elle mentionne plutôt que c’est par manque de temps que les élus n’ont pas abordé le bilan sur la qualité de l’eau et des plages. 

Le sujet devait d’abord être l’objet d’une présentation publique en juin mais avait été retiré de l’ordre du jour.

« C’est un dossier qui a été étudié à l’exécutif le 28 mai. De ce que j’ai cru comprendre, les conclusions ne semblaient pas réjouissantes. Je ne comprends pas pourquoi on a retardé leur présentation après l’été. La population a le droit de savoir où on en est dans la qualité de l’eau dans laquelle elle se baigne tout l’été », a déclaré Mme Beaudin lundi au conseil municipal.

« Ma crainte, c’est que l’exécutif a décidé de ne pas en parler parce que les résultats ne sont pas assez bons à son goût. Quand il a l’occasion de dire que ça va bien et qu’il peut partager de belles surprises, il saute sur l’occasion. Mais quand les résultats ne sont pas aussi bons, on tarde à nous les présenter. »

La conseillère estime qu’à première vue, le bilan semblait plutôt négatif. « Si nous avons besoin d’ajuster le tir, il faudrait le savoir le plus tôt possible. Nous n’avons pas eu d’explications à savoir pourquoi le dossier avait été retiré. »

« En transition »

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, dit avoir vu le bilan en question mais ne pas savoir pourquoi il n’avait toujours pas été rendu public. « J’ai lancé la question pour que ça remonte et qu’on sache quand ce sera présenté. Nous sommes un peu en transition à l’environnement. Nous sommes en train de mettre un bureau en place et nous devrions être en mesure d’en nommer le directeur sous peu. Ce que je souhaite, c’est toujours que les dossiers de l’environnement soient présentés publiquement. Je ne suis pas responsable de ce report. Si j’avais été présente quand la décision s’est prise, je n’aurais pas été en accord avec l’idée de retirer le dossier. Arriver en octobre avec le bilan de la qualité de l’eau de l’année précédente, ça n’a pas vraiment rapport. »

La Tribune a tenté de mettre la main sur ce bilan en vertu de la loi d’accès à l’information. Sa demande a toutefois été refusée puisque le document « constitue des avis et des recommandations faits par des membres [du] personnel [de la Ville] [...] » et parce qu’ils « constituent en substance des analyses produites à l’occasion d’une recommandation faite dans le cadre d’un processus décisionnel en cours ». 

La présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, indique qu’il « arrive souvent qu’on reporte des choses ». Elle cite en exemple des dossiers étudiés lundi à huis clos après trois reports consécutifs « par manque de temps ». Lors de la construction de l’agenda, explique-t-elle, les élus prévoient un temps approximatif pour le traitement de chacun des dossiers. « Il arrive que le temps estimé ne soit pas suffisant. Quand la séance du conseil commence à 19 h et que nous n’avons pas terminé de voir tous les dossiers, nous n’avons pas le choix d’en reporter. »

Mme Bergeron ajoute que la chargée de projet en environnement, Chantal Pelchat, est en vacances et qu’on attend son retour pour présenter le dossier. « Nous avions aussi demandé des informations supplémentaires pour établir le plan d’action pour les années à venir. C’est ce plan qui nous enligne pour les décisions budgétaires. Nous en reparlerons à l’exécutif de mardi. Il n’est pas question de cacher quoi que ce soit. »

Enfin, Nicole Bergeron mentionne que les élus veulent connaître les résultats des analyses, surtout quand ils ne sont pas bons, pour trouver des pistes de solution. « Il est déplorable de dire qu’on retient les informations parce que les résultats ne nous plaisent pas. »