Les co-porte-paroles de Québec solidaire Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois ont annoncé vendredi que leur parti s’engageait à mettre fin aux stages obligatoires non rémunérés.

QS : des stages payés pour tous

Un gouvernement de Québec solidaire s’assurerait que tous les étudiants effectuant un stage obligatoire obtiennent une rémunération ou une compensation financière.

C’est ce qu’ont annoncé vendredi à Sherbrooke les deux co-porte-paroles du parti, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.

Celui-ci a qualifié la situation actuelle de « fouillis total », et rapporte que malgré les recherches effectuées par le parti, il n’a pas été possible de trouver une définition claire de ce qui est considéré comme un « stagiaire » au Québec, ni de clauses légales entourant ce statut ou encore de données sur le nombre de stagiaires dans la province.

« Dans de plus en plus de formations, les stages deviennent obligatoires pour l’obtention du diplôme », a souligné M. Nadeau-Dubois, dont le parti a calculé à partir de données canadiennes qu’entre 55 000 et 60 000 stagiaires ne sont pas rémunérés au Québec.

QS s’est montré clair : les stages obligatoires doivent ultimement être rémunérés, ou venir avec une compensation financière.

« Quand les jeunes doivent payer des frais de scolarité, avoir un emploi pour subvenir à leurs besoins et qu’en plus on leur rajoute une charge de travail complète, par exemple dans le milieu de l’éducation, c’est une équation impossible à résoudre. Et les conséquences, c’est que notamment chez les jeunes enseignantes et enseignants, on a 25 % de décrochage. Pour nous, c’est une urgence », a expliqué le député de Gouin.

Comme les types et les milieux de stage diffèrent beaucoup, il serait impossible de s’en remettre à une solution mur-à-mur, estime QS, qui souhaite plutôt élaborer une Politique nationale des stages, de concert avec les employeurs et les associations étudiantes, ainsi que les ministères de l’Éducation, des Finances et du Travail.

« Dans les secteurs où les entreprises ont les moyens de rémunérer les stagiaires, on laisse ça comme ça. Mais on ne peut pas demain matin demander aux organismes communautaires de payer leurs stagiaires 15 $ de l’heure. Pour certains milieux, ça pourrait passer par une compensation de l’Aide financière aux études. C’est pour ça qu’il faut une politique qui va répondre aux besoins par rapport aux stages dans chacun des milieux. On ne peut pas dire que c’est le gouvernement qui va payer pour tout le monde, ni que c’est le privé qui va payer pour tout le monde. »

« Très positif »

Des représentants d’associations étudiantes sherbrookoises ont assisté au point de presse et se sont montrés enthousiastes par rapport aux suggestions de QS. « C’est très positif, surtout le point sur la consultation », a souligné Nicolas Payette-Prévost, responsable Campus et Projets environnementaux à l’AGEFLESH (lettres et sciences humaines). Il a également souligné que la disparité entre stagiaires est évidente parmi les membres de son association.

Même son de cloche du côté de l’AGEEFEUS (éducation). « Ça inclut encore plus de nos membres que ce qui est proposé par la CRAIE [NDLR : campagne de revendication pour les étudiants d’éducation en stage], puisqu’il y a aussi des étudiants en orientation ou en psychoéducation qui font des stages obligatoires », explique Rosaline Meunier, responsable à la Direction à l’AGEEFEUS.