Lors d’une marche organisée pour la Journée internationale des droits des femmes jeudi, plusieurs personnes portaient des pussyhats, tuques de laines qui se veulent un symbole de féminité rassembleur.

Pussyhats et flocons de neige

Des flocons de neige ont recouvert jeudi les pussyhats portés par les personnes qui s’étaient rassemblées à Sherbrooke pour une marche organisée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Ces tuques de laine, arborant deux petits triangles rappelant des oreilles de chat, avaient été confectionnées et vendues pour amasser des fonds pour l’organisme La Parolière.

Ce type de chapeau a vu le jour aux États-Unis, mais le Comité Femmes du Cégep de Sherbrooke a décidé de l’adopter pour la collecte de fonds et la marche qu’il a organisées. Il a toutefois adapté un peu le concept à sa sauce, notamment en lui donnant un nom québécisé : la « Purrrfait.e » – « parce qu’on est toutes parfaites comme on est », souligne Delphine Lamoureux, l’une des instigatrices de la marche.

« [La tuque] représente un symbole rassembleur et de féminité. Même si les gars peuvent aussi la porter, c’est pour rassembler toutes les femmes et les rallier à un symbole. On veut aussi reprendre le contrôle du mot "pussy" », souligne-t-elle.

Camille Marquis, aussi dans l’équipe d’organisation, renchérit. « Le mot "pussy", c’est une réponse à Trump qui a dit aux États-Unis "Grab them by the pussy", ce qui était vraiment très déplacé évidemment. Donc on a repris le symbole pour que les femmes reprennent un pouvoir sur leur corps, qu’elles s’acceptent comme elles sont », dit-elle.

Mme Marquis, qui est étudiante en travail social, explique qu’en plus de souligner le 8 mars, la marche était l’occasion idéale pour faire découvrir aux étudiantes les divers organismes qui peuvent leur offrir des services à Sherbrooke, estimant que ceux-ci sont souvent méconnus.

En plus de la visibilité accordée à La Parolière, la marche a été ponctuée de prises de parole de représentants de La Méridienne, de ConcertAction Femmes Estrie, ou encore de la campagne Ni viande ni objet. Lors de celles-ci, les organismes étaient encouragés à présenter les services qu’ils offrent ainsi que leurs revendications sociales et politiques pour les femmes. Divers enjeux ont donc été abordés, qu’il s’agisse de la revendication de stages rémunérés dans les milieux traditionnellement féminins, de la dénonciation des écarts salariaux ou encore des violences sexuelles.

« [Ces présentations] sont là pour permettre aux jeunes femmes étudiantes de trouver des ressources », résume Mme Lamoureux.

Environ 80 personnes ont marché du Cégep jusqu’aux locaux de La Parolière, au centre-ville de Sherbrooke, pour remettre le montant de 782,70 $ amassé avec la vente de tuques.