En septembre dernier, Gilles Bélanger a participé à une rencontre du Caucus des Grands Lacs et du Saint-Laurent, à Chicago, à titre de représentant de l’Assemblée nationale du Québec.

Protection du lac Memphrémagog: Bélanger peaufine sa stratégie

Le site d’enfouissement de déchets de Coventry, au Vermont, menace l’eau du lac Memphrémagog et son expansion pourrait se poursuivre durant des décennies encore. Le député d’Orford, Gilles Bélanger, s’inquiète de la situation et, pour atténuer ou faire disparaître la menace existante, il a entrepris des démarches auprès du Caucus des Grands Lacs et du Saint-Laurent, qui réunit des élus canadiens et américains.

En septembre dernier, M Bélanger a participé à une rencontre du Caucus des Grands Lacs et du Saint-Laurent, à Chicago, à titre de représentant de l’Assemblée nationale du Québec. Un total de huit États américains appartiennent à ce regroupement, dont font aussi partie le Québec et l’Ontario.

Le député d’Orford souhaitait, à cette occasion, convaincre les membres du comité exécutif de cette organisation d’inclure les lacs Memphrémagog et Champlain dans le bassin hydrographique reconnu du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs, lesquels sont pour la plupart à cheval sur la frontière entre le Canada et les États-Unis.

« Le Memphrémagog et le Champlain, ils ne savaient même pas c’était quoi. Je leur ai montrés sur la carte. Ils m’ont demandé s’il y avait déjà eu du transport là-dessus et je leur ai dit que les bateaux se rendaient jusqu’à New York par la rivière Hudson. Ils ont bien compris les enjeux parce que les problématiques ici peuvent se répercuter dans le reste du bassin hydrographique », explique-t-il.

Selon le député d’Orford, l’organisme canado-américain est ouvert à la proposition formulée. Le caucus souhaitait toutefois que l’État du Vermont devienne un de ses membres avant d’accorder une reconnaissance aux deux plans d’eau transfrontaliers. Une réponse du Vermont à ce sujet est attendue durant les mois à venir.

« J’aimerais que le Vermont soit membre du Caucus des Grands Lacs à partir de 2020. Les démarches pour arriver à ça sont déjà en cours », confie Gilles Bélanger, tout en rappelant que le Vermontois sont généralement considérés pro-environnement. Advenant que la réponse du Vermont soit favorable, des règles environnementales plus sévères pourraient s’appliquer autour des lacs Memphrémagog et Champlain.

« Dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent, les règles sont plus strictes en ce qui concerne le traitement du lixiviat, révèle ainsi M. Bélanger. On trouve aussi plus de financement pour la protection de l’eau dans cet énorme bassin hydrographique et on veut que nos lacs profitent de l’expertise développée grâce à cet argent. »

Normalement, le resserrement des règles au Vermont réduirait les probabilités que l’usine d’épuration de Newport recommence un jour à traiter du lixiviat, ou « jus poubelle », provenant du site d’enfouissement de Coventry.

Rappelons que l’usine d’épuration de Newport a cessé de traiter des eaux de lixiviation recueillies à Coventry le 19 octobre et tout laisse croire que cette pause durera au moins quatre ans, cela grâce à des concessions arrachées à Casella par DUMP et MCI. Cependant, le traitement de ce liquide toxique risque de reprendre un jour dans cette ville riveraine du Memphrémagog, si la station d’épuration locale devient plus efficace.

Les PFAS

L’arrivée du Vermont dans le Caucus des Grands Lacs pourrait notamment faire en sorte qu’on resserre les normes en matière de polyfluoroalkil (PFAS) dans le secteur des lacs Memphrémagog et Champlain.

Au Vermont, le groupe environnemental DUMP a effectué de multiples représentations concernant les PFAS, une classe de produits fort dangereux sur le plan environnemental. DUMP espérait vivement l’arrêt définitif du traitement du lixiviat de Coventry à Newport, justement pour éviter que ce type de contaminant aboutisse en grande quantité dans le lac Memphrémagog.

« Je voudrais maintenant qu’on impose des normes pour les PFAS, au Québec, comme on en voit aux États-Unis. C’est assez chaud comme dossier. Je ne veux pas que les Américains nous disent qu’on ne mesure pas les concentrations de ce type de produit dans l’eau et qu’ils se croient autorisés à faire ce qu’ils désirent sans tenir compte de nos demandes concernant Coventry. »

D’ailleurs, un représentant de la compagnie propriétaire du site de Coventry, John Casella, a récemment laissé entendre que les Québécois étaient les vrais responsables de la pollution au lac Memphrémagog parce que les autorités provinciales et fédérales sont plus permissives que celles du Vermont pour ce qui est des rejets de PFAS dans l’eau.

Par ailleurs, M. Bélanger aimerait que le lac Memphrémagog soit reconnu à titre de réservoir d’eau potable aux États-Unis. Il soutient que cela ferait en sorte que ce plan d’eau serait mieux protégé.