Normand Couture, de l’Association des locataires de Sherbrooke, Évelyne Beaudin, conseillère municipale et présidente du comité du développement social et communautaire de la Ville de Sherbrooke et Martin Messier, président du RPHL, ont dénoncé la règlementation d’Hydro-Sherbrooke jeudi matin.

Propriétaires et locataires se liguent contre Hydro-Sherbrooke

Injuste la règlementation d’Hydro-Sherbrooke? C’est ce qu’ont dénoncé l’Association des locataires de Sherbrooke et le Regroupement des propriétaires d’habitations locatives (RPHL), jeudi, en déplorant que les propriétaires d’immeubles locatifs puissent être tenus responsables des factures impayées de leurs locataires et vice versa. La conseillère Évelyne Beaudin s’est engagée à porter le dossier au conseil municipal.

« Il y a une situation qui est particulièrement difficile voire impossible à vivre à Sherbrooke. Les propriétaires d’immeubles locatifs peuvent être responsables de la facture de l’abonné locataire. Ça ne fait aucun sens comme situation, surtout que je ne suis pas partie prenante du contrat quand je suis le propriétaire. Quand un locataire quitte son logement, il a peut-être déjà un solde impayé et il faut en plus ajouter les paiements pour l’électricité? Il faut absolument que ça change », indique Martin Messier, président du RPHL.

M. Messier cite une décision récente de la Cour supérieure. « Elle a noté les aspects difficiles de ce règlement, entre autres le fait que ça n’existe pas ailleurs. La plupart des propriétaires ne sont pas au courant de cette disposition du règlement non plus. Le citoyen a été débouté, mais la cour a soulevé certains points particuliers. »

Le président du RPHL rapporte que le règlement est très peu appliqué à Sherbrooke. « Le simple fait que ça existe nous interpelle et nous inquiète. Il y a d’ailleurs d’autres distributeurs d’électricité qui ont démontré de l’intérêt de répliquer une situation semblable. »

Unique au Québec

Normand Couture, porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, déplore la situation inverse. « Quand un locataire loue un logement où tout est inclus, si le propriétaire décide ne pas payer, Hydro-Sherbrooke va couper l’électricité. Il faut souvent entre un et trois jours pour rétablir le branchement. Quand ce sont des locataires à faible revenu, on peut penser aux conséquences des pertes de nourriture dans les frigos qui ne fonctionnent plus.

« Il n’y a qu’Hydro-Sherbrooke qui applique ça. C’est pour ça que nous joignons notre voix à celle du RPHL. »

M. Couture estime que cette situation se produit une ou deux fois par année. « Hydro-Sherbrooke ne perdrait pas des sommes considérables. Même si ça n’arrive pas souvent, ce sont des conséquences importantes pour les ménages locataires. »

Beaudin saisira le conseil

Évelyne Beaudin, présidente du comité du développement social et communautaire à la Ville de Sherbrooke, récupère l’argument. « Puisque ça ne touche pas un grand nombre de personnes, le changement réglementaire ne devrait pas être si compliqué à appliquer. Je m’engage à porter cette demande au conseil municipal pour que quelqu’un ne soit plus responsable du compte d’un autre. »

Mme Beaudin ne se souvient pas que le sujet ait été abordé en public ou à huis clos au conseil. « On trouvait que c’était un symbole fort que le RPHL et l’Association des locataires fassent une demande conjointe. Ce n’est presque jamais arrivé. Ça démontre l’illogisme de la situation actuelle. »

Il n’a pas été possible d’obtenir des explications de la Ville de Sherbrooke jeudi.