Devant un fléau grandissant d’images intimes d’adolescents qui peuvent se répandre à des vitesses vertigineuses non seulement dans les milieux scolaires, mais aussi sur les réseaux sociaux, les autorités ont pris les grands moyens pour mettre fin rapidement à de telles situations non seulement dommageables, mais aussi criminelles.
Devant un fléau grandissant d’images intimes d’adolescents qui peuvent se répandre à des vitesses vertigineuses non seulement dans les milieux scolaires, mais aussi sur les réseaux sociaux, les autorités ont pris les grands moyens pour mettre fin rapidement à de telles situations non seulement dommageables, mais aussi criminelles.

Propagation des sextos : la SQ prend les grands moyens

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Devant un fléau grandissant d’images intimes d’adolescents qui peuvent se répandre à des vitesses vertigineuses non seulement dans les milieux scolaires, mais aussi sur les réseaux sociaux, les autorités ont pris les grands moyens pour mettre fin rapidement à de telles situations non seulement dommageables, mais aussi criminelles.

En moins de quatre jours, une situation qui est signalée par une victime est prise en charge par le milieu scolaire, traitée par les policiers et analysée par le directeur aux poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans le cadre du projet SEXTO. Une démarche d’information et de prévention est aussi et surtout faite auprès des adolescents impliqués et de ses parents.

« Le sextage, c’est l’échange d’images intimes entre deux personnes. Cet échange peut être fait de façon impulsive, sans y penser, mais elle peut aussi être faite de façon malveillante. Il faut que l’action soit rapide pour limiter les dommages pour les adolescents », explique le coordonnateur du service des communications et de la prévention à la Sûreté du Québec, Benoit Richard.

Le projet SEXTO vise à sensibiliser tant les jeunes que leurs familles sur les conséquences physiques, psychologiques, émotionnelles, sociales et légales de cet échange d’images intimes.

« Lorsqu’il s’agit d’un échange entre adolescents, ces images constituent de la pornographie juvénile. Dans le cadre du programme SEXTO, nous ne traitons pas la personne qui dénonce comme un suspect, mais comme une victime. Le délai de traitement très rapide vise un arrêt d’agir. En quatre jours, l’intervenant scolaire, les parents et bien entendu l’adolescent impliqué sont rencontrés », explique Me Maxime Ouellette, qui fait partie de l’équipe de coordination du projet pour le DPCP.

« Dans 70 pour cent des cas, nous appliquons des mesures qui ne nécessitant pas la judiciarisation des dossiers. Nous sensibilisons les adolescents impliqués aux conséquences de tels gestes et donnons les outils », explique le coordonnateur du service des communications et de la prévention à la Sûreté du Québec, Benoit Richard.

Distribution impulsive ou acte malveillant

Une distinction est faite entre une distribution impulsive d’images intimes entre deux adolescents et un acte malveillant.

« Dans 70 pour cent des cas, nous appliquons des mesures qui ne nécessitant pas la judiciarisation des dossiers. Nous sensibilisons les adolescents impliqués aux conséquences de tels gestes et donnons les outils. L’objectif demeure d’éviter que des images se propagent. Par le passé, le traitement de tels dossiers prenait jusqu’à 18 mois, ce qui pouvait avoir d’importantes conséquences. Le temps est extrêmement important dans la vie des adolescents, alors ce partenariat nous permet d’agir rapidement », signale Me Ouellette.  

Lancé par le Service de police de Saint-Jérôme en 2016, le projet SEXTO a permis de rencontrer 571 adolescents. La SQ s’est jointe au projet en 2018.

« Le taux de récidive est de seulement 1,7 pour cent. Lorsqu’il d’agit de situation malveillante, le processus de traitement de la plainte suit le même processus d’analyse pour le processus judiciaire », indique Me Ouellette.

Des trousses SEXTO sont remises et des formations sont faites dans le milieu scolaire afin d’outiller les intervenants afin qu’ils puissent tracer rapidement le portrait d’une situation problématique.

« De cette façon, nous sommes en mesure de dresser un portrait rapide de la situation. Nous pouvons déterminer de la nature des images et qui est impliquée. La consigne est de soumettre le cas au service de police », explique Benoit Richard de la SQ.

Les centres de service de la SQ de Richmond et de Dunham vont déployer le projet SEXTO au cours des prochains jours pour être en place le 16 novembre prochain. Il sera déployé graduellement à toute la région de l’Estrie puis au reste du Québec.

À Sherbrooke, tant les écoles publiques du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke que les écoles privées ont embarqué dans le projet.

Le Service de police de Sherbrooke confirme que les intervenants des écoles secondaires ont été formés au cours des derniers jours. 

La Régie de police de Memphrémagog a aussi embarqué dans le projet.

Le Centre canadien et protection de l’enfance et le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) ont collaboré à la mise en place du projet SEXTO.