Au-delà d’être un attrait touristique pour la région, le projet Parcours pourrait s’intégrer dans le milieu de vie des Sherbrookois.

Projet touristique parcours: une «colonne vertébrale» pour la Ville

Le projet touristique Parcours pourrait devenir une véritable « colonne vertébrale » pour la Ville de Sherbrooke selon Daniel Quirion, l’architecte concepteur du projet.

Au-delà d’être un attrait touristique pour la région, le tracé de dix kilomètres en boucle menant du centre-ville au mont Bellevue pourrait s’intégrer dans le milieu de vie des Sherbrookois. 

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« On commence à réaliser la plus-value d’une expérience dans notre milieu de vie, indique M. Quirion qui a notamment réalisé la cour extérieure du Séminaire de Sherbrooke, les classes extérieures au Salésien et le parc éphémère Well Sud. Ce n’est pas tant d’avoir des éléments attractifs, le milieu de vie peut être lui aussi attrayant. »

Pour dessiner le parcours, M. Quirion s’est inspiré des milieux de vie de plusieurs villes d’Europe du Nord comme Hambourg, Stockholm ou Oslo. Il se rendra d’ailleurs à Copenhague dans trois semaines pour observer un projet similaire à celui qu’il a dessiné pour Sherbrooke.

« Les endroits où je sens que les gens sont bien, c’est ce qui m’attire, souligne l’architecte associé chez Jubinville. Au niveau touristique, oui on peut greffer à cela des produits d’appels, mais les plus belles expériences sont celles où on se sent bien. »

Reste que le projet risque de faire tourner bien des têtes s’il se concrétise.

« À l’échelle du Québec et du Canada, c’est unique donc oui les têtes vont se tourner inévitablement, souligne-t-il. Mais pour que le commun des mortels y adhère et veuille le subventionner, il faut que ça lui appartienne. On a déjà des acquis à Sherbrooke comme la promenade du Lac-des-Nations et la piste cyclable de la Saint-François. Les gens se demandent pourquoi elles ne sont pas reliées ».

Une passerelle et des gradins dans la gorge de la rivière Magog, une tour au mont Bourque et l’aménagement d’une passerelle sur l’ancien pont ferroviaire traversant la rivière Saint-François figurent dans le plan, dont les réalisations sont évaluées à au moins 26,4 M$.

« On se doit ça collectivement, résume M. Quirion. Parcours est un projet créatif et je nous souhaite d’être au moins aussi créatif pour arriver à le réaliser. Il me reste 40 ans de vie active, je ne peux pas croire que mes enfants ne verront pas ça. »

Inclure le mont Bellevue?

Le projet dans sa forme actuelle comprend une tour avec des possibilités d’escalade au mont Bourque. Le document dont La Tribune a obtenu copie fait aussi état de glamping et de l’aménagement d’un portail d’entrée plus invitant au mont Bellevue à partir de l’Université de Sherbrooke. Or le parc du mont Bellevue sera classé comme une réserve naturelle dans quelques mois ce qui vient compliquer le projet.

« On a eu des rencontres avec l’Université et la Ville pour savoir comment on aborde le mont Bellevue, admet M. Quirion. Entre le moment où on a proposé des éléments sur le mont Bellevue et maintenant avec la volonté de l’Université d’en faire une réserve naturelle, ça évoluer dans le temps. Ça été envisagé, on l’a regardé, mais est-ce que ça lieu d’être aujourd’hui? Peut-être pas. »

« Parcours ça demeure une vision et si l’Université n’en veut pas, l’Université n’en veut pas, ajoute M. Quirion. Elle fait son travail autrement et on va trouver un angle d’approche. Les gens de l’Université sont hyper ouverts à plein de choses. On n’est pas en mauvais terme avec eux ».

De son côté, l’Université confirme avoir rencontré Destination Sherbrooke à l’été 2018.

« Cette rencontre avait notamment permis d’expliquer la démarche de réserve naturelle, mentionne par écrit Denyse Rémillard, vice-rectrice à l’administration et au développement durable à l’UdeS. Il avait alors été convenu de se rencontrer à nouveau pour mettre à jour le projet Parcours en fonction des implications liées au projet de réserve naturelle. L’Université n’a pas été sollicitée depuis les échanges de l’été 2018 et elle n’a pas eu d’informations quant à l’évolution du projet de Parcours. Plusieurs éléments du projet avaient par ailleurs été accueillis favorablement. »

Le conseiller du district de l’Université Paul Gingues confirme que la priorité pour le moment est le projet de réserve naturelle.