Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a annoncé vendredi matin son intention de déposer un projet de loi visant à retirer l’exigence de la connaissance de l’anglais dans les offres d’emploi qui ne le nécessitent pas.
Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a annoncé vendredi matin son intention de déposer un projet de loi visant à retirer l’exigence de la connaissance de l’anglais dans les offres d’emploi qui ne le nécessitent pas.

Projet de loi sur l'exigence de l'anglais au travail : un impact pour les anglophones de l’Estrie ?

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
L’accès à certains services pourrait se compliquer pour la population anglophone de l’Estrie, si le projet de loi qu’entend déposer le Parti québécois en début de session parlementaire est adopté par le gouvernement. Celui-ci interdirait aux employeurs québécois d’exiger la maîtrise de l’anglais pour la retenue d’une candidature, si celle-ci ne s’avère pas nécessaire.

Citant des exemples d’emplois affichés au Québec et pour lesquels on demande une connaissance de l’anglais, comme préposé au service à la clientèle dans une boutique de vêtements, éducatrice à la petite enfance, enseignant au niveau primaire, secrétaire médicale, électromécanicien, plongeur ou cuisinier, le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a indiqué vendredi à Sherbrooke que l’employeur devra désormais prouver que « la connaissance d’une autre langue est nécessaire à l’accomplissement de la tâche, et que l’environnement de travail requiert une telle maîtrise », selon ce projet de loi. 

Cette mesure, apportée comme « une mise au défi » du gouvernement Legault, pourrait avoir un effet sur le quotidien des quelque 20 000 Estriens recensés en 2011 par l’Institut de la statistique du Québec comme ayant l’anglais pour langue maternelle. 

Interrogé à ce sujet par La Tribune, Pascal Bérubé a répondu que « l’espace public, c’est l’État. Il y a des endroits où la communauté anglophone est majoritaire, c’est le cas à bien des endroits en Estrie, mais la langue d’accueil, au Québec, c’est le français. Le bonjour/hi, qu’il soit sur le boulevard Saint-Laurent, ou qu’il soit dans une communauté anglophone de l’Estrie, quant à moi, on peut accueillir en français, et évidemment s'ajuster à son interlocuteur. Et on est capable de le faire. »

« Il y a toutes sortes de services qui existent, a-t-il poursuivi. Ce n’est pas l’abolition, mais que le premier réflexe soit en français, je crois que c’est une bonne chose. Je vais même saluer une initiative d’un député libéral, Geoffrey Kelly, qui a déposé un projet de loi pour que les anglophones puissent avoir un plein accès à l’apprentissage du français gratuit. Je trouvais que c’était une initiative intéressante. » 

Il a également fait valoir qu’en ce qui concerne des services reliés à l’état, comme les CPE, les milieux sont déterminés comme étant francophones ou anglophones. « Dans le réseau francophone, comme en enseignement et en santé, c’est clair qu’on n’a pas besoin d’exiger une connaissance de la langue anglaise, qui était discriminatoire pour plein de gens. »