Le propriétaire du Domaine Orford souhaite faire construire sur son terrain six bâtiments de logements longeant les rues Moore et Élisabeth à Sherbrooke, au grand mécontentement des citoyens du secteur.

Projet de logements dans le Vieux-Nord : vive opposition dans le quartier

SHERBROOKE — Le projet de construction de six immeubles comptant un total de 28 logements aux abords des rues Moore et Élisabeth sur le terrain du Domaine Orford a reçu un accueil glacial de la part des quelque 70 résidants du secteur présents, jeudi soir, à une soirée d’information tenue à l’hôtel de ville de Sherbrooke.

D’entrée de jeu, la conseillère Chantal L’Espérance du district du Lac-des-Nations, avait mentionné que cette rencontre avait lieu en amont de tout processus réglementaire du projet.

« On ne fait pas toujours ça, mais je pense que je connais suffisamment mon quartier pour savoir que c’est nécessaire d’avoir cette rencontre-là au préalable pour vous permettre d’avoir toutes les informations pertinentes et de poser toutes les questions nécessaires. C’est ce qu’on souhaite dans les projets plus sensibles », a-t-elle déclaré au début de la séance.

De son côté, le promoteur immobilier et propriétaire du Domaine Orford depuis 2012 Robin Fortier a répété plusieurs fois pendant la rencontre qu’aucune décision n’était coulée dans le béton, lui et son associé promoteur Éric Davignon se disaient à l’écoute des commentaires des citoyens.

Aussi, M. Fortier assure que son projet se veut bien différent du projet de construction d’un immeuble de sept étages comptant 200 condos ayant soulevé une forte résistance en 2011, avant d’être abandonné.

« Je vois que le voisinage est déjà monté aux barricades, mais le projet n’a absolument rien à voir avec ce qui avait été prévu il y a quelques années. »

M. Fortier assure également que le changement de zonage demandé n’a aucun impact sur le centre de désintoxication du domaine; ce sont d’autres portions du terrain qui seront utilisées pour le projet.

Après avoir présenté brièvement son projet en montrant les plans et certaines projections des futurs logements, M. Fortin a aussi laissé savoir qu’il ne souhaite pas apporter de grande différence visuelle, en laissant la majorité des arbres à l’avant des bâtiments.

Il a aussi partagé ouvertement que le projet servait à alléger l’aspect financier du domaine, les coûts de taxes municipales étant très élevés. « On a des revenus, mais c’est une épine qu’on a dans le pied. En faisant un projet comme ça, on vient diminuer le coût de taxes pour le Domaine Orford », exprime-t-il.

Opposition catégorique

Plusieurs citoyens se sont montrés reconnaissants de pouvoir partager les craintes et de poser les questions au promoteur. Certains se sont dit aussi ouverts à l’idée de développement, mais déploraient les manières de faire. Déjà en début de séance, la tension montait dans la salle de l’hôtel de ville, les citoyens posaient leurs questions, mais manifestaient surtout leur colère envers le projet.

Les habitants du secteur contestaient les motifs du promoteur, prétextant que d’autres options existent pour alléger l’aspect financier du domaine. La majorité s’est montrée inquiète quant à l’intégration des nouveaux immeubles dans le décor. Ils affirment que les logements briseront le caractère du Vieux-Nord, qu’il en perdra son cachet d’antan. D’autres ont aussi de très lourdes craintes à savoir si la construction de ces bâtiments nécessitera du dynamitage, qui pourrait avoir un impact sur les structures des maisons résidentielles à proximité. Avec Simon Roberge