Intervenante auprès des travailleuses du sexe au CALACS de l’Estrie, Marie-Michèle Whitlock estime qu’à travers cette crise sanitaire, il est temps de mettre en place un programme d’aide pour les aider à se sortir de ce milieu.
Intervenante auprès des travailleuses du sexe au CALACS de l’Estrie, Marie-Michèle Whitlock estime qu’à travers cette crise sanitaire, il est temps de mettre en place un programme d’aide pour les aider à se sortir de ce milieu.

Programme d’aide réclamé pour les travailleuses du sexe

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
 « Ce n’est pas par choix que les travailleuses du sexe continuent à offrir leurs services. C’est parce qu’il y a une demande et surtout parce que souvent elles y sont contraintes. »

Intervenante auprès des travailleuses du sexe au CALACS de l’Estrie, Marie-Michèle Whitlock estime qu’à travers cette crise sanitaire, il est temps de mettre en place un programme d’aide pour les aider à se sortir de ce milieu.

« Lorsqu’elles veulent se sortir de ce milieu, ces femmes se retrouvent sans argent. Il est temps plus que jamais de penser à un programme de sortie sécuritaire du milieu pour les aider. Avec cette crise sanitaire, c’est encore plus pressant parce qu’il n’y a pas de porte de sortie pour elles. C’est une question de santé publique », estime Marie-Michèle Whitlock.

Hébergement temporaire, consolidation du financement pour les organismes qui viennent en aide à ces femmes et aide financière directe sont autant d’avenues qui pourraient faire partie de ce programme d’aide pour les travailleuses du sexe qui veulent arrêter.

Par la nature du travail, aucune mesure financière n’est accessible pour les travailleuses du sexe.

« Il n’y a que l’aide sociale, mais l’attente est de trois à six semaines. Certaines femmes n’ont pas d’endroit où rester et elles ont de la misère à se nourrir », signale Marie-Michèle Whitlock.

Elle confirme que certaines femmes n’ont pas cessé leurs activités avec cette crise de la COVID-19 malgré les appels répétés à la distanciation sociale et à l’isolement. Les salons de massage ou les bars de danseuses sont fermés, mais certaines travailleuses du sexe continuent à voir des clients.  

« Leurs activités ont ralenti, mais elles n’ont pas arrêté. C’est une population qui est déjà marginalisée. Elles ne veulent pas être malades et ne veulent pas transmettre le virus non plus. Cependant, ce n’est pas un choix. Présentement, les proxénètes les gardent sous leur emprise parce qu’il y a encore une demande et parce qu’il y aura une fin », rappelle l’intervenante du CALACS.

Elle rappelle que dans plusieurs cas, les travailleuses du sexe sont des victimes.

« Des victimes qui n’ont accès à aucun service dans les maisons d’hébergements pour itinérants ou pour la violence conjugale. Elles ne cadrent dans aucun programme d’aide qui a été annoncé par les gouvernements au cours des derniers jours », indique l’intervenante au CALACS de l’Estrie.

Même si le nombre est difficile à préciser, Marie-Michèle Whitlock évalue à une centaine les femmes qu’elle aide chaque année.

« Je continue à recevoir plusieurs courriels ces jours-ci de femmes qui ne sont pas capables de payer leur loyer avec le 1er du mois. D’autres doivent se déplacer d’un logement insalubre à un autre. Nous cherchons des moyens de les aider pour le dépannage alimentaire, la défense de leurs droits ou des logements temporaires. Avec les contacts que j’entretiens avec les autres organismes au Québec, la situation est semblable dans chacune des régions du Québec », signale Marie-Michèle Whitlock du CALACS de l’Estrie.