Le chemin de la diplomation a été parsemé d'embûches, et pourtant, Aya Youssi et Deborah Twagira y sont arrivées, comme une trentaine d'autres de leurs camarades inscrits au programme Accès 5.

Programme Accès 5 : diplômées contre vents et marées

Le chemin de la diplomation a été parsemé d'embûches, et pourtant, Aya Youssi et Deborah Twagira y sont arrivées, comme une trentaine d'autres de leurs camarades. À grands coups d'efforts. À coup d'étincelles allumées, aussi, par Accès 5, un programme qui appuie les jeunes à risque de décrochage scolaire. Une première cohorte terminera ses études, cette semaine, et la majorité des élèves obtiendront leur diplôme.
Deborah l'avoue : cela ne lui tentait pas toujours de se rendre en classe. « Je n'aime pas vraiment pas l'école, mais je m'applique vraiment! » Malgré tout, jamais elle n'a pensé abandonner. Idem pour Aya, qui a toujours rêvé d'aller à l'université. Toutes deux sont finissantes de l'école La Montée, pavillon Le Ber.
« Mes parents sont venus du Canada et ils n'avaient rien. Ils nous ont offert le plus qu'ils pouvaient et moi aussi je veux offrir le plus que je peux à mes enfants si j'en ai... Je ne peux pas devenir millionnaire du jour au lendemain, il faut vraiment des études... Je ne vais pas lâcher », lance Deborah, qui est originaire de la République démocratique du Congo. Elle est arrivée ici alors qu'elle avait quatre ans.
Aya a commencé son parcours scolaire au Québec en première secondaire (au moment où Accès 5 n'existait pas encore), alors qu'au Maroc, elle aurait dû être en deuxième secondaire. L'apprentissage de la langue française constituait un facteur de stress dans sa réussite, raconte Joanie Bellerose, intervenante d'Accès 5.
« C'était bien, car j'ai pu apprendre mon français. » Au Maroc, la jeune fille parlait l'arabe, et le français en langue seconde.
Première cohorte
Il s'agit de la toute première cohorte qui gradue après être passée par Accès 5, une initiative chapeautée par la Maison Jeunes-Est et la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS).
Accès 5 offre un suivi individualisé à des élèves à risque de décrochage pour divers motifs. Depuis sa création il y a cinq ans, il accompagne quelque 177 jeunes, dont la cohorte de finissants. Seuls quelques élèves de cette première cohorte poursuivront pour quelques cours, afin de décrocher un diplôme.
Comment voient-elles la fin de leurs parcours? « Je trouve ça triste. Est-ce que ça existe, un Accès 6? », lance Aya. Les deux élèves évoquent la possibilité de venir revoir les jeunes inscrits au programme ou encore de faire du bénévolat.
« Le fait de travailler dans le programme Accès 5 a changé ma perspective sur le décrochage scolaire. Je me suis rendu compte que ce n'est pas vraiment les jeunes qui décrochent, mais c'est plus l'école qui vient à bout des services, qui ne peut plus adapter ses services : on finit par abandonner le jeune parce qu'il ne cadre plus. Des jeunes qui m'ont dit qu'ils voulaient lâcher l'école ou tout abandonner, je n'en ai pas connu en quatre ans », commente Joanie Bellerose.
Que retiennent-elles de leur passage dans Accès 5? « Ce sont les intervenants en général. Ils cherchent à nous connaître, ils étaient vraiment accueillants. On ne voulait pas s'en détacher », répond Deborah sans détour. L'adolescente de 17 ans qui a sept frères et soeur cite aussi le coup de pouce apporté avec l'aide au devoirs.
Pour Aya, la possibilité de faire une activité qu'elle aime - la danse - aura teinté de belle façon son parcours. « Ça nous a permis d'aller plus loin que nos peurs », renchérit Deborah.
Une cérémonie aura lieu en l'honneur des finissants d'Accès 5, mardi, à l'hôtel de ville de Sherbrooke. Les diplômés célébreront ensuite la fin de leur parcours le lendemain, lors du bal des finissants. Les responsables du projet mènent actuellement une campagne de financement, qui vise à assurer environ 440 000 $ annuellement pour le fonctionnement du programme.