Évelyne Beaudin
Évelyne Beaudin

Procès-verbaux : Beaudin dit avoir été «vaguement» approchée par Godbout

La saga des procès-verbaux de Destination Sherbrooke continue de faire des vagues au sein du conseil municipal.

Les déclarations du directeur général, Daniel Picard, à l’effet que tous les élus savaient que certains procès-verbaux n’étaient pas déposés depuis près d’un an, en ont fait réagir plus d’un vendredi. Tous se sont défendus d’avoir fait preuve de laxisme en ce qui concerne le suivi qu’ils auraient dû accorder à ce dossier.

La conseillère du Carrefour Évelyne Beaudin y est même allée d’une charge à l’endroit de certains membres du conseil qui « tentent de réécrire l’histoire à leur faveur », plutôt que d’assumer leurs responsabilités.

« Si le DG prétend que tous les élus étaient au courant parce qu’on en aurait discuté abondamment dans un huis clos, qu’il me trouve un procès-verbal qui fait état de ça. Sinon, je m’excuse, mais ça ne marche pas comme ça. Le procès-verbal est le seul et unique outil qu’on a pour faire état de nos discussions », a-t-elle réagi en soulevant, une fois de plus, la question entourant le recours aux huis clos à l’hôtel de ville au lieu de débattre des grands enjeux en séance publique.

« Si on était plus transparent, on ne serait pas en train de se questionner sur toutes les cachotteries qu’on a faites. Il y aurait des témoins pour venir valider les versions qui ressortent aujourd’hui de nulle part. »

La conseillère a d’autre part reconnu avoir été abordée, « il y a quelque mois », par la présidente de Destination Sherbrooke, Annie Godbout, sur la question des procès-verbaux non déposés de l’organisme paramunicipal. Mais il s’agissait, selon elle, d’une discussion « de corridor », survenue en marge d’une séance de travail.

« Nous étions dans une pièce adjacente, à l’hôtel de ville, où on pouvait prendre une pause, manger des crudités. Elle était là, et elle m’avait dit qu’elle devait retenir certains procès-verbaux à Destination Sherbrooke à cause de problèmes avec un administrateur. C’était dit comme ça, vaguement, sans préciser davantage. Mais je n’ai jamais cautionné ce qu’elle venait de me dire. Je lui ai simplement jeté un regard en voulant dire : “Ok, mais si tu penses que je vais cautionner ça, tu te mets le doigt dans l’œil...” Pour moi, ce qui compte, c’est ce qui est dit officiellement lors des rencontres et qui est consigné dans un procès-verbal. Je ne commencerai pas à me fier à des discussions sur le fly comme ça, dans le corridor. »

Le conseiller des Quatre-Saisons, Vincent Boutin, dit ne pas se rappeler d’avoir été mis au courant, en octobre, des retards entourant le dépôt de certains procès-verbaux de Destination Sherbrooke. « C’est possible. Je ne veux pas confirmer ou infirmer ça, mais comme la mémoire est une faculté qui oublie, je n’ai pas de souvenir de ça », a-t-il dit. 

Selon lui, il est difficile de suivre à la trace les procès-verbaux de tous les organismes paramunicipaux, à moins d’y être personnellement impliqué. « Lorsque tu sièges à un comité, tu connais la fréquence des réunions, tu peux donc suivre si les procès-verbaux sont déposés ou non. Mais lorsque tu ne sièges pas à un comité, tu vois finalement le compte-rendu seulement une fois qu’il est déposé au conseil. Dans le cas spécifique de Destination Sherbrooke, je n’ai pas assez de souvenirs qui me permettent de dire que cela a été présenté ou pas. »

Ancien président de Destination Sherbrooke, Rémi Demers affirme quant à lui qu’il n’y a « rien de nouveau » dans le fait de retenir certains procès-verbaux afin de protéger certaines informations sensibles, dit-il. « On le voit fréquemment, par exemple, dans des dossiers d’urbanisme. »

Dans le cas de Destination Sherbrooke toutefois, le conseiller de l’Hôtel-Dieu reconnaît qu’il n’a pas porté attention au fait que certains procès-verbaux n’étaient toujours pas déposés au conseil.

« Je ne crois pas qu’il était nécessaire d’attendre aussi longtemps pour les diffuser. Il n’y avait pas de si grande surprise dans ça. Ce n’est pas une pratique qu’on doit adopter. L’idéal, c’est vraiment de les diffuser au fur et à mesure qu’ils sont adoptés, sauf en cas d’exception où des informations sensibles peuvent être compromises. Mais dans ce cas-ci, ça ne se justifiait pas », estime M. Demers.

Après avoir pris connaissance des propos de Daniel Picard, le conseiller du Pin-Solitaire, Pierre Avard s’est dit « surpris » d’apprendre que « tous les élus » étaient au courant du retard entourant le dépôt des procès-verbaux de Destination Sherbrooke.

« Personnellement, je n’ai pas de souvenirs que cela a fait l’objet de discussions (au conseil). Est-ce qu’il fait référence aux quatre élus qui siègent à l’exécutif et aux quatre autres élus qui participent au comité de transition? Peut-être.

« En ce qui me concerne, la seule fois que j’en ai entendu parler, avant que ça sorte publiquement, c’est lorsque j’ai entendu (les conseillères) Annie Godbout et Danielle Berthold, qui sont assises près de moi au conseil, dire qu’il y avait des frictions à Destination Sherbrooke. À part de ça, je n’en avais jamais entendu parler. »