La victime alléguée du viol en groupe commis en février 2017 continue de jurer que c’était l’accusé Blessing Dugbeh qui était devant elle et qui la forçait à faire des gestes sexuels à son endroit.

Procès Dugbeh : « Je disais non », répète la victime

La victime alléguée de Blessing Dugbeh affirme que son refus de vivre des gestes sexuels en groupe était « ferme et clair ».

Le témoignage de l’adolescente de 17 ans s’est conclu, mercredi, au procès de Blessing Dugbeh qui est accusé d’agression sexuelle en groupe.

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Elle témoigne s’être rendue volontairement dans la chambre où ont eu lieu les gestes en cause le 12 février 2017 avec un des adolescents présents.

« Je m’attendais plus à avoir un moment intime avec lui que de recevoir le troupeau », affirme la plaignante.

Interrogée sur le moment où elle a refusé de participer à ces gestes à caractère sexuel, elle jure que c’était peu après que plusieurs adolescents sont arrivés dans la chambre.

« J’ai dit non quand les gens ont commencé à baisser mes culottes. J’enlevais leurs mains et ils remettaient leurs mains. Je disais non, je ne veux pas faire ça. Sans me rappeler des paroles exactes, mon « non » était assez ferme. Les deux seules femmes qui se trouvaient dans la chambre disent « non », je pense que c’est assez clair. Je disais non. Je ne sais pas comment le redire. C’était ferme et clair que c’était non. Je sais que je l’ai dit beaucoup de fois. Ce n’est pas juste une ou deux fois. « Arrêtez » et « Je ne veux pas » ont été d’autres mots que j’ai dits », témoigne la plaignante

Elle continue de jurer que c’était l’accusé qui était devant elle et qui la forçait à faire des gestes sexuels à son endroit.

« Je suis certaine que c’est Bless qui était devant moi. Je suis certaine que c’était lui. Il a pris ma tête », mentionne la victime.

Toujours en contre-interrogatoire mené par l’avocat de la défense Me Guy Plourde, elle affirme avoir été contrainte de masturber quatre adolescents qui se trouvaient dans la chambre.

« Je veux que ce soit clair que ce n’était pas volontaire. Ce n’est pas quelque chose que j’ai demandé à faire », témoigne la victime alléguée.

Elle mentionne qu’il faisait noir dans la chambre où sont survenus les gestes, mais qu’elle était capable de distinguer les détails des gens.

« Je ne me souviens pas qui a mis ses mains dans mes pantalons. Il y avait plein de mains. Je voulais toutes les enlever. Je voulais partir de là et faire comme si rien ne s’était passé », a réaffirmé la plaignante de cette agression sexuelle en groupe de février 2017.

Elle confirme que jamais elle n’a reproché les gestes à Blessing Dugbeh avant sa dénonciation aux policiers.

« Je veux que ce soit clair que ce n’était pas volontaire. Ce n’est pas quelque chose que j’ai demandé à faire. »

La victime alléguée

Lors d’une conversation avec l’accusé sur les réseaux sociaux en avril 2017, elle n’a pas abordé le sujet de l’agression sexuelle en groupe qu’elle allègue avoir été victime.

Elle affirme qu’elle avait eu « du fun » avec Dugbeh au cours de la soirée avant que les événements se déroulent.

La victime alléguée ne se rappelle pas comment elle se sentait à la suite des gestes qu’elle allègue avoir été victime.

« Je ne savais pas comment gérer ça, comment prendre ça », mentionne l’adolescente.

C’est Me Marie-Ève Phaneuf qui représente le ministre public dans cette affaire.

Un des acteurs corrobore la version de la plaignante

L’un des adolescents qui se trouvaient avec la plaignante dans la chambre où s’est produite l’agression sexuelle en groupe impliquant vraisemblablement Blessing Dugbeh à Sherbrooke corrobore les grandes lignes de sa version et soutient qu’elle avait dit « non ».

L’adolescent de 16 ans, qui se trouve en garde fermée depuis janvier après avoir reconnu des gestes d’agression sexuelle en groupe commis en mai 2017, a livré, mercredi, sa version des événements de même nature qui se seraient déroulés le 12 février 2017.

Ce dernier n’a pas été accusé pour cet événement.

Le procès de Blessing Dugbeh pour l’agression sexuelle en groupe d’une adolescente de 15 ans se poursuivait, mercredi devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

L’adolescent affirme être arrivé sur les lieux où se dérouleront les actes sexuels allégués en compagnie de Blessing Dugbeh.

Il confirme que la victime alléguée a mentionné que ça ne lui tentait pas d’imiter ce qui se passait sur les images pornographiques qui étaient projetées dans le logement où s’est déroulé le crime allégué.

C’est le sergent-détective aux crimes majeurs de la Sûreté du Québec Éric Lefebvre qui a recueilli la déposition de l’adolescent qui se trouvait dans la chambre où sont survenus les gestes allégués.

L’adolescent confirme la version de la plaignante selon laquelle il l’embrassait pendant qu’elle était sur lui.

Il mentionne que Blessing Dugbeh, qui était dans la chambre, s’est placé entre les deux.

« Bless a mis son pénis dans sa bouche (NDLR: de la victime) », soutient l’adolescent.

Il mentionne que Blessing Dugbeh et un autre adolescent accusé dans cette affaire étaient fâchés lorsque la victime alléguée disait non.

« Ils voulaient qu’elle fasse une fellation », mentionne le témoin.

Ce dernier affirme que Dugbeh a tenté de baisser les pantalons de la plaignante. Il affirme que la victime alléguée repoussait les autres adolescents.

« Elle continuait à dire non aux gars. Je sais qu’elle a dit non plusieurs fois », en parlant de la victime alléguée. 

Le contre-interrogatoire de ce témoin se déroulera jeudi au palais de justice de Sherbrooke.

Seul accusé majeur au moment des événements allégués, Blessing Dugbeh, 21 ans, subit son procès pour toute la semaine concernant des accusations d’agression sexuelle en groupe sur une personne de moins de 16 ans, de contact sexuel sur une mineure, d’incitation à des contacts sexuels sur une mineure ainsi que de menaces de mort et de harcèlement entre février et avril 2018.

Il est détenu depuis le début des procédures.

Le lieutenant-enquêteur Éric Lefebvre explique que lorsque les policiers ont appris que Blessing Dugbeh était porteur du VIH, ils ont rencontré les personnes impliquées dans cette affaire.

« Il a fallu rencontrer des victimes compte tenu de l’état de santé de l’accusé. Nous avons rencontré ces gens à titre préventif », signale l’enquêteur Lefebvre.

La juge Desgens a réitéré que les ordonnances de non-publication sur l’identité de la victime s’appliquent tant aux médias traditionnels qu’aux réseaux sociaux et tant pour les journalistes que pour le public.