La présidente de la FIQ-SPSCE, Sophie Séguin

Primes pour le week-end: réactions partagées des syndicats

L’incitatif proposé par Québec pour contrer le ressac des vacances estivales dans le réseau de la santé ne fait pas l’unanimité au sein des syndicats concernés.

Sophie Séguin, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) en Estrie, s’est dite «très amère» de cette mesure mise de l’avant par le ministère de la Santé. Elle déplore notamment que son syndicat n’ait pas été consulté par Québec avant que la décision soit rendue.

«Il y a eu des mesures beaucoup plus généreuses par le passé, a-t-elle souligné. Et on a déjà des gens épuisés parce qu’ils font du temps supplémentaire obligatoire durant la semaine. Ils le seront encore plus en travaillant les week-ends. Je ne suis pas convaincue qu’il y aura bien des preneurs. C’est vraiment de la poudre aux yeux.»

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La présidente syndicale trouve également inacceptable que les inhalothérapeutes n’aient pas droit à cette prime.

«C’est fâchant pour les membres de la FIQ. Ça ne démontre pas une volonté du gouvernement de trouver des solutions pour les problèmes de main-d’oeuvre. Ça ne répond pas aux besoins urgents dans le réseau. Ça n’empêchera pas les gens de prendre des journées maladie parce qu’ils sont au bout du rouleau», a fait valoir Mme Séguin.

Nuances

De son côté, la présidente du syndicat SCFP en Estrie (4475), Emma Corriveau, qui représente notamment les préposés aux bénéficiaires, tient des propos plus nuancés.

«Je pense que c’est une bonne mesure. Par contre, il y a beaucoup de contraintes», a-t-elle mentionné. Selon elle, le ministère de la Santé aurait dû reprendre des idées émanant des incitatifs antérieurs.

«Anciennement, tu pouvais recevoir un montant forfaitaire au prorata des heures travaillées. C’était beaucoup plus attirant pour le personnel.»

Mme Corriveau voit toutefois d’un bon oeil le fait que la prime soit nivelée pour tous les types d’emplois concernés. Elle croit néanmoins que cette mesure devrait être en vigueur pour «la semaine entière et bien au-delà de la courte période ciblée».

La représentante syndicale déplore également que le SCFP n’ait pas pu donner sa vision des choses dans le dossier avant que Québec tranche.

«Si on avait pu faire partie des pourparlers, on aurait certainement pu avoir une offre plus intéressante.»

Appelé à commenter à propos des répercussions envisagées de cette initiative pour endiguer la pénurie de main-d’oeuvre, le CIUSSS de l’Estrie a joué de prudence.

«À ce moment-ci, il est difficile pour nous de chiffrer les résultats (l’impact réel) de l’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure, a indiqué par courriel Marie-France Thibeault, du département des communications. Nous avons confiance qu’elle permettra de combler une partie de nos besoins de main-d’oeuvre en cette période de l’année où ils sont encore plus grands.»