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Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture.
Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture.

Prestations aux voyageurs: «Pas un chèque automatique», prévient Bibeau

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
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SHERBROOKE — Toute une équipe du gouvernement fédéral s’emploie depuis samedi à trouver une solution pour éviter que des voyageurs d’agrément touchent la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRÉ), une prestation de 1000 $ mise en place cet automne pour les travailleurs qui n’ont pas droit à des congés de maladie et qui n’ont pas les moyens de perdre deux semaines de salaire s’ils doivent s’isoler à cause de la COVID-19.

Même si elle reconnaît que certains voyageurs pourraient théoriquement toucher la prestation, la députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture Marie-Claude Bibeau assure qu’il n’est pas dans les intentions du gouvernement de « payer les voyageurs », comme elle l’a entendu cette fin de semaine sur les réseaux sociaux, et que des correctifs seront apportés « le plus vite et le mieux possible ».

« On s’entend que ce n’est pas non plus un chèque automatique, a dit la ministre en entrevue avec La Tribune lundi. Il faudrait que les gens déclarent qu’ils sont privés d’un revenu pendant les deux semaines d’isolement, alors que je crois que la majorité des gens qui ont pris la décision de partir se sont aussi organisés pour leur isolement au retour. 

« Soit que ce sont des retraités, donc ils ne perdront pas de salaire, soit que ce sont des gens qui peuvent travailler à distance, donc ils ne perdront pas de salaire non plus. Je crois que la majorité n’y aura pas accès, mais théoriquement, certains voyageurs pourront en bénéficier », ajoute-t-elle.

Cette admissibilité théorique révélée par La Presse samedi a enflammé les réseaux sociaux toute la fin de semaine, alors que beaucoup de Québécois en avaient déjà contre tous ces gens qui ont décidé de voyager dans le Sud durant les Fêtes, à l’encontre des recommandations de la Santé publique. 

La ministre Bibeau, qui a fait une mise au point dès dimanche matin sur sa page Facebook, avoue que personne à la Chambre des communes n’avait prévu que des voyageurs d’agrément pourraient réclamer cette prestation mise en place dans l’urgence en octobre.

« La loi a été votée à l’unanimité par tous les partis, tous les députés à Ottawa ont approuvé ça, et ça nous a échappé cette éventualité-là qu’on ne voulait certainement pas encourager, révèle-t-elle. Maintenant on est un gouvernement, il faut faire les choses dans l’ordre, et c’est ce qu’on va faire. »

« Je serais étonnée que des gens soient partis en voyage en comptant sur ça [la PCMRÉ], précise aussi Mme Bibeau. Nous [le gouvernement], on en a pris conscience cette fin de semaine alors je doute que des gens aient anticipé ça. Je ne crois pas non plus qu’il y a déjà eu des demandes. »

À la rescousse des travailleurs

La PCMRÉ, rappelons-le, a été mise en place pour éviter que des travailleurs atteints, ou à risque, de la COVID-19 ne se rendent au travail et contaminent leurs collègues parce qu’ils n’ont pas les moyens de perdre quelques semaines de salaire pour s’isoler. 

La ministre de l’Agriculture amène en exemple les travailleurs des usines de transformation alimentaire où il y a eu plusieurs cas de COVID et où la transmission était risquée. 

« C’est pour eux ce programme-là, lance-t-elle, et ce n’est certainement pas pour ceux qui avaient les moyens de se payer des vacances dans le Sud et qui doivent déjà avoir prévu leurs deux semaines d’isolement au retour. »

Le constat étant fait, le gouvernement aura besoin d’un certain temps pour corriger le tir, dit la ministre Bibeau sans vouloir avancer de délais étant donné toutes les considérations légales et logistiques à prendre en compte.

Entre-temps, elle met toutefois en garde les voyageurs qui voudraient réclamer des prestations qui ne leur sont pas destinées.

« Ce sont des programmes assez simples administrés par l’Agence de revenu du Canada, reconnaît-elle. Les gens déclarent qu’ils doivent se mettre en isolement et qu’à cause de cet isolement, ils perdent des revenus. Mais après coup, l’Agence va effectuer plus de vérifications, selon un processus que je ne maîtrise pas très bien. Alors c’est toujours très dangereux de tenter de bénéficier de ce genre de prestations là et d’avoir à rembourser avec pénalités par la suite. »