Le candidat démocrate Joe Biden et sa nouvelle colistière Kamala Harris dénoncent la gestion de la pandémie par Trump.
Le candidat démocrate Joe Biden et sa nouvelle colistière Kamala Harris dénoncent la gestion de la pandémie par Trump.

Biden et Harris assaillent Trump sur sa gestion de la pandémie

Mandel Ngan
Agence France-Presse
Elodie Cuzin
Agence France-Presse
WILMINGTON — Le candidat démocrate Joe Biden et sa nouvelle colistière Kamala Harris participent jeudi à un premier acte de campagne centré sur la pandémie de COVID-19, décidés à combattre Donald Trump sur le terrain de la gestion de cette crise sanitaire et économique majeure.

Le nouveau tandem démocrate rencontrera à la mi-journée des experts en santé publique qui les informeront sur la COVID-19 à Wilmington, Delaware, la ville où réside Joe Biden. Puis ils feront un discours.

Dès son premier discours de candidate à la vice-présidence des États-Unis, mercredi, la sénatrice Kamala Harris avait employé son ton d’ex-procureure pour déclarer le «dossier contre Donald Trump et Mike Pence», son bras droit, «ouvert et classé» à cause de leur «échec» à contenir la pandémie.

Avec plus de 166 000 morts et cinq millions de cas, le pays est le plus touché au monde. La pandémie de nouveau coronavirus a mis l’économie à genoux et bouleversé la campagne pour l’élection présidentielle du 3 novembre.

«Ce virus a frappé presque tous les pays», a déclaré Kamala Harris, 55 ans, première colistière noire et d’origine indienne choisie par un grand parti aux États-Unis.

«Mais il y a une raison pour laquelle il a frappé plus durement l’Amérique que toute autre nation développée : c’est à cause de l’échec de Donald Trump à le prendre au sérieux depuis le début. Son refus de lancer le dépistage, ses revirements sur la distanciation physique et le port du masque. Sa croyance délirante qu’il en sait plus que les experts», a-t-elle énuméré.

«Tout cela explique pourquoi un Américain meurt de la COVID-19 toutes les 80 secondes», a-t-elle conclu.

Dès l’annonce mardi qu’elle rejoignait Joe Biden pour l’affronter dans les urnes, Donald Trump a eu des mots durs pour la sénatrice et ex-candidate à la primaire démocrate, rappelant à l’envi qu’elle avait dû abandonner la course avant même le premier scrutin.

Kamala Harris est «une sorte de femme folle», a encore déclaré le président des États unis jeudi matin sur la chaîne Fox Business.

Quant au nouveau coronavirus, «il va disparaître», a-t-il répété. «Ils crient “comment pouvez-vous dire cela ?”», a reconnu Donald Trump. «Je réponds, “parce qu’il va disparaître”».

26 millions $US en 24h 

Le nouveau tandem part avec un avantage : Joe Biden devance d’une bonne marge Donald Trump, 74 ans, dans la moyenne des sondages nationaux (entre 6 et 9 points de pourcentage ces 30 derniers jours, selon la moyenne du site RealClearPolitics), mais aussi, plus proche de la marge d’erreur, dans plusieurs États-clés.

Le duo a en tout cas déjà électrisé les donateurs : le candidat démocrate a annoncé mercredi soir avoir levé 26 millions $US en 24 heures.

Élue deux fois procureure à San Francisco (2004-2011) puis à deux reprises procureure générale de Californie (2011-2017), Kamala Harris est critiquée par certains progressistes pour avoir eu des positions trop dures à cette époque.

Elle fut la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l’État le plus peuplé du pays.

En janvier 2017, elle avait prêté serment au Sénat à Washington, s’inscrivant comme la première femme originaire d’Asie du Sud et seulement la seconde sénatrice noire dans l’histoire américaine.

«J’ai été élevée pour agir. Ma mère savait qu’elle élevait deux filles noires qui seraient traitées différemment à cause de leur apparence», a raconté la sénatrice.

Alors qu’il avait promis dès mars de choisir une femme pour colistière, Joe Biden faisait face à une pression accrue pour choisir une candidate noire depuis la mort de George Floyd, fin mai.

Lors de la présentation officielle de sa colistière, mercredi, l’ancien vice-président de Barack Obama a «évoqué les «petites filles», notamment  «les petites filles de couleur qui se sentent si souvent oubliées et sous-estimées».

Mais, a-t-il ajouté, «aujourd’hui, peut-être, se voient-elles différemment pour la première fois : avec l’étoffe d’un président ou d’un vice-président», a-t-il ajouté.