Trump réclame que Biden fasse un test antidopage avant ou après le débat

Présidentielle américaine 2020

Trump réclame que Biden fasse un test antidopage avant ou après le débat

Francesco Fontemaggi
Agence France-Presse
Léo Mouren
Agence France-Presse
WASHINGTON — Donald Trump a réclamé dimanche un contrôle antidopage pour son adversaire démocrate Joe Biden, avant ou après leur premier débat télévisé très attendu de mardi.

«Je vais fermement exiger un test antidopage pour Joe Biden l’endormi avant ou après le débat mardi soir», a tweeté le milliardaire républicain de 74 ans, qui ne cesse de remettre en cause les capacités cognitives de son rival âgé de 77 ans.

«Ses performances lors des débats ont été INEGALES comme jamais, pour dire les choses gentiment. Seuls des médicaments ont-ils pu provoquer ces écarts ???», a tweeté le président républicain qui est en retard dans les sondages pour la présidentielle du 3 novembre.

Le locataire de la Maison-Blanche a précisé qu’il accepterait «bien entendu» de se soumettre au même test.

Connu pour ses gaffes et dérapages, Joe Biden a admis que la confrontation télévisée entre les deux hommes, qui dans le passé avaient déjà menacé d’en venir aux mains, serait «difficile».

«Ce sera essentiellement attaques personnelles et mensonges», «c’est tout ce qu’il sait faire», a-t-il dit au sujet du milliardaire républicain. «Il ne sait pas comment discuter des faits. Il n’est pas si intelligent que ça», a-t-il poursuivi.

Le vieux routier de la politique, qui, au nom des précautions sanitaires liées à la pandémie de COVID-19, mène une campagne plus discrète que celle tambour battant de l’ex-homme d’affaires, sera comme rarement sous les projecteurs.

Qui a peur du grand méchant Trump sur TikTok ? C’est pas nous !

Présidentielle américaine 2020

Qui a peur du grand méchant Trump sur TikTok ? C’est pas nous !

Julie Jammot
Agence France-Presse
WASHINGTON — «Cette appli m’a donné une voix, et les gens m’écoutent. Je n’aurais jamais cru que c’était possible», raconte Rebecca Fisher-Tringale, «tiktokeuse» engagée, très confiante dans la survie de son réseau social malgré l’épée de Damoclès suspendue par Donald Trump au-dessus de TikTok.

Sous son pseudo @theprogressivepolicy («politiques de gauche»), elle commente l’actualité dans de courtes vidéos plusieurs fois par jour, étrillant le président américain sur sa gestion de la pandémie ou sa politique migratoire.

Début août, le chef d’État a signé un décret pour forcer le groupe chinois ByteDance à vendre la plateforme à une entreprise américaine, au nom de la menace pour la «sécurité nationale» — il accuse depuis longtemps TikTok d’espionnage sur ses utilisateurs au profit de Pékin, sans preuves.

Mais Rebecca ne croit pas à la disparition de l’appli et ne s’inquiète pas outre mesure, malgré l’importance qu’a pris la plateforme dans sa vie.

«Je l’ai téléchargée en 2019, un peu comme une blague, pour m’amuser. J’ai fait des vidéos sur mon chien. Et puis j’en ai fait une sur Trump et ça a explosé», relate-t-elle à l’AFP, depuis sa colocation à Boone, en Caroline du Nord.

Suivie par plus de 80 000 personnes, l’étudiante de 21 ans espère apporter «une perspective différente» à des jeunes de tous milieux, qui souvent «n’ont pas encore l’âge de voter» : «beaucoup m’écrivent pour me dire qu’ils ne se seraient pas intéressés à la politique sans moi».

Viralité et rébellion

«Qui a été amené en Amérique dans des chaînes à fond de cale ? Réponse A : Les vies noires, réponse B : Toutes les vies» énonce-t-elle dans une de ses séquences les plus visionnées, un quizz ironique qui prend le contrepied des Américains répondant «Toutes les vies comptent» au slogan «Les vies noires comptent» («Black Lives Matter»), scandé dans de nombreuses manifestations contre les brutalités policières et le racisme systémique.

En juin, comme de nombreux autres utilisateurs du réseau, elle s’est inscrite au meeting de campagne de Donald Trump à Tulsa (Oklahoma)... pour ne pas y aller. Les rangées de sièges vides ont marqué un moment humiliant de la campagne du candidat républicain, et sont un fait de gloire pour les jeunes saboteurs.

«Ca l’a énervé et je crois que (son obsession contre TikTok) vient de là», remarque-t-elle.

Pourquoi les inconditionnels de Trump ignorent ses mensonges

Présidentielle américaine 2020

Pourquoi les inconditionnels de Trump ignorent ses mensonges

Ron Stagg
Professeur d'histoire, Université Ryerson
C’est la pagaille aux États-Unis.

La COVID-19 échappe à tout contrôle dans de nombreuses régions du pays. Les manifestations « Black Lives Matter » perturbent les villes et sont parfois elles-mêmes perturbées par des contre-manifestations. Le débat sur le contrôle des armes à feu se poursuit dans tout le pays, les tornades, les ouragans et les incendies semblent augmenter en nombre et en force chaque année.

La situation pourrait-elle encore empirer ? Oui, c’est possible, en grande partie à cause des électeurs de base de Donald Trump.

Qui sont ces gens et pourquoi est-il possible, voire probable, qu’ils aggravent la situation ?

Les quelque 20 pour cent d’Américains qui suivent Trump quoi qu’il arrive, contrairement à un peu plus 20 pour cent de la population qui votent pour lui parce qu’ils sont républicains ou qu’ils pensent qu’il réduira leurs impôts, sont en bonne partie des gens oubliés, ignorés, qui ne se sentent pas respectés.

Au début du XXe siècle, les habitants du Sud et de l’Ouest des États-Unis étaient mécontents du gouvernement fédéral, largement contrôlé par les politiciens du nord-est du pays.

L’Ouest était sous-peuplé et se sentait ignoré ; le Sud était en colère à cause de sa défaite lors de la guerre de Sécession, des conditions difficiles de la Reconstruction et de la fin de l’esclavage, qui avait longtemps soutenu son économie.

L’Ouest, en particulier la Californie et le Texas, est aujourd’hui une puissance économique et ne se sent plus ignoré. Chez les gens du Sud, cependant, il existe encore un ressentiment parce que leurs points de vue ne sont pas reflétés dans les politiques nationales. Trump a essayé d’alimenter ce ressentiment en défendant les statues des héros confédérés et en gardant les noms des officiers sudistes sur les bases militaires.

Chrétiens évangéliques

Les partisans de Trump forment une alliance diversifiée. Les gens du Sud qui se sentent ignorés ne sont qu’une faction au sein d’une vaste alliance de citoyens qui estiment que le gouvernement national ne répond pas à leurs besoins. Les chrétiens évangéliques constituent un autre groupe facilement identifiable de cette alliance.

Les gens qui n’habitent pas aux États-Unis ne se rendent généralement pas compte de la place du christianisme évangélique dans ce pays et sont souvent perplexes devant les nombreuses références à Dieu dans les discours politiques, en particulier ceux des politiciens fédéraux.

Ils font ainsi référence à l’idée que les Américains sont le peuple élu de Dieu. Il ne s’agit cependant pas d’un groupe homogène, malgré les généralisations présentées dans les médias. Tous ne sont pas contre l’avortement et les homosexuels, mais beaucoup ont le sentiment que leur pays est en train de vivre un recul moral.

Cela explique pourquoi une partie de ce mouvement soutient un président qui est presque assurément un infidèle invétéré : ses discours et ses actions correspondent à leurs préoccupations.

Trump a été le premier président à participer à la Marche pour la vie annuelle en janvier dernier, et ses partisans ont salué le fait qu’il ait nommé des conservateurs sociaux à la Cour suprême, ce qui pourrait rendre possible l’annulation de l’arrêt Roe contre Wade, qui a légalisé l’avortement.

Les xénophobes, ces défavorisés sur le plan économique

Un autre groupe de partisans purs et durs sont convaincus que les États-Unis sont attaqués par des étrangers, comme les ressortissants d’Amérique centrale qui traversent la frontière sud. Ils croient également à tort que les Chinois ont envoyé la Covid-19 pour tuer les Américains.

Il y a soixante ans, ces partisans auraient été dans le camp « mon pays, à tort ou à raison » et auraient appuyé la participation américaine à la guerre du Vietnam. Ils considèrent qu’ils soutiennent les valeurs américaines traditionnelles, la libre entreprise, le travail acharné et la société blanche contre les changements destructeurs.

C’est pour ces gens que Trump a promis un mur le long de la frontière sud pour empêcher des « violeurs » d’entrer, qu’il parle souvent du « virus chinois » et dit des choses gentilles sur les contre-protestants, excusant même les actes de Kyle Rittenhouse, ce jeune accusé d’avoir tué deux personnes lors d’une manifestation de « Black Lives Matter » dans le Wisconsin.

Parmi les partisans de Trump, ceux à qui l’on offre souvent le plus d’attention sont les abandonnés de l’économie. Lorsque Trump a été élu, certains médias se sont empressés d’avancer que ses partisans manquaient d’éducation et étaient incapables de comprendre que Trump mentait, embellissait la vérité et attisait le sectarisme.

Cette affirmation est injuste sur plusieurs plans.

D’une part, comme les entreprises délocalisent leur production et que l’économie américaine repose de plus en plus sur les emplois dans le domaine de la haute technologie, des travailleurs des mines de charbon de la Virginie-Occidentale ou des zones industrielles du Midwest se sont retrouvés au chômage.

Il est naturel qu’ils soutiennent un président qui impose des droits de douane à des pays étrangers, dont la Chine et le Canada, dans l’espoir que les emplois manufacturiers reviennent aux États-Unis.

Il n’est pas surprenant que les gens qui croient à la mort du rêve américain « travaillez dur et vous réussirez » en aient assez des politiciens du Capitole qui paraissent ne s’intéresser qu’au pouvoir. Ils se sont donc tournés vers un populiste, quelqu’un qui semble les comprendre. Beaucoup d’entre eux ne se soucient pas des mensonges de Trump ; tout ce qu’ils souhaitent, c’est qu’il parle de leurs problèmes.

Les personnes qui ont des difficultés financières ne sont pas que des ouvriers manufacturiers ou industriels avec un faible niveau d’éducation. Des travailleurs à revenu moyen ont aussi été touchés par la crise de l’industrie, qui a entraîné un ralentissement régional de l’économie.

L’industrie de l’information

Il y a cinquante ans, une partie importante de la population américaine écoutait tous les soirs le journal télévisé sur l’une des trois chaînes de télévision où un présentateur de confiance leur lisait les nouvelles. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui choisissent CNN ou Fox, ce qui rappelle à bien des égards les journaux du XIXe siècle qui soutenaient un parti politique et présentaient les informations de manière à l’avantager.

Évidemment, cette approche renforce les opinions du public sur ce qui se passe aux États-Unis. Les réseaux traditionnels ont perdu leurs vastes audiences des années passées et la plupart des bulletins locaux proposent désormais de l’infodivertissement.

Beaucoup de gens, même ceux qui ne regardaient pas les nouvelles dans le passé, vont maintenant s’abreuver sur Internet, source d’une grande partie des « fausses nouvelles » qui, selon le président Trump, circulent dans les médias grand public, mais qui proviennent en réalité des fraudeurs sur Internet.

Combien de fois, par exemple, avons-nous entendu dire que la Covid-19 était une arme biologique chinoise envoyée pour détruire la population américaine ?

Peut-on attribuer le soutien à Trump au manque d’éducation alors que la vision du monde des personnes éduquées est également renforcée par ce qu’elles voient sur Internet ou sur une chaîne d’information sur le câble ?

Ajoutez à cela un certain nombre de militants pour un gouvernement réduit et une baisse des impôts, et l’on obtient des partisans purs et durs de Trump.

La violence est-elle envisageable ?

Beaucoup de ceux qui s’identifient à ces différents groupes se retrouvent dans plusieurs catégories, comme ces chrétiens évangéliques qui sont en colère contre la désindustrialisation des États-Unis.

Pourquoi les partisans de Trump risquent-ils d’aggraver la situation à la prochaine élection ?

La réponse est assez évidente. Lorsqu’un groupe estime qu’on lui a refusé quelque chose d’essentiel pendant longtemps, ses membres protestent. Si la protestation n’apporte toujours pas de changement, certains ou tous pourraient avoir recours à la violence pour tenter d’imposer le changement.

Parmi les partisans de Trump, il y a ceux qui se contenteront de voter pour lui, ceux qui manifesteront pour lui — ce que Trump encourage — et ceux qui utiliseront la violence pour assurer la réélection de l’homme qu’ils considèrent comme leur seul sauveur potentiel. La violence est une possibilité réelle à mesure que la campagne progresse.

Si Trump perd contre Joe Biden, le nouveau président devra rapidement faire preuve de sympathie envers les enjeux économiques pour lesquels se bat le mouvement pro-Trump et d’empathie pour les objectifs plus litigieux des partisans de Trump, sinon il est presque certain que la violence ira en s’intensifiant.

* * * * *

Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

Biden s’attend à des «mensonges» et «attaques personnelles» de Trump

Présidentielle américaine 2020

Biden s’attend à des «mensonges» et «attaques personnelles» de Trump

AFP
Agence France-Presse
WASHINGTON — Le candidat démocrate à la présidentielle américaine Joe Biden a dit samedi s’attendre à des «mensonges» et «attaques personnelles» de la part de Donald Trump lors de leur premier débat télévisé mardi, mais a affiché sa confiance sur sa capacité à lui tenir tête.

«Ce sera difficile», a reconnu l’ancien vice-président dans un entretien diffusé par la chaîne MSNBC.

«Je m’attends à des attaques directes, essentiellement des attaques personnelles, c’est tout ce qu’il sait faire», a-t-il ajouté au sujet du président sortant républicain.

«Il ne sait pas comment discuter des faits. Il n’est pas si intelligent que ça», a-t-il poursuivi. «Il ne sait pas grand-chose en politique étrangère ou en politique intérieure. Il ne connaît pas vraiment les détails».

Du coup, selon Joe Biden, «ce sera essentiellement attaques personnelles et mensonges».

Le vieux routier de la politique, âgé de 77 ans, affrontera mardi soir pour la première fois directement le président qu’il a promis de détrôner au terme d’une campagne dont le message principal est son appel à débarrasser le pays de Donald Trump.

Ils se retrouveront ensuite pour deux autres débats avant le scrutin du 3 novembre.

Certains parmi ses soutiens craignent toutefois que Joe Biden, enclin aux gaffes et dérapages, ne vacille lors de ces duels télévisés sous les coups rhétoriques de milliardaire républicain au style plus agressif.  

Donald Trump lui-même ne cesse de railler l’absence de dynamisme de son rival, qu’il surnomme «Joe l’endormi», voire de suggérer une forme de sénilité.

«Les gens savent que le président est un menteur», a toutefois estimé le démocrate. «Ce n’est pas comme si c’était une surprise. Et donc je suis prêt à y aller, et à expliquer pourquoi je pense qu’il a échoué et pourquoi je pense que mes propositions aideront les Américains et l’économie américaine, et renforceront notre sécurité sur la scène internationale».

Biden, le retardataire chronique

Présidentielle Américaine 2020

Biden, le retardataire chronique

Will Weissert
Associated Press
WILMINGTON, Del. — Joe Biden était en retard. Encore.

Dernièrement, un vendredi, le candidat démocrate venait tout juste de s’excuser pour avoir prononcé un discours en retard, mais après, il a pris plus de questions que prévu lors d’une conférence de presse. Quand cela s’est finalement terminé, son cortège a quitté l’endroit rapidement, assez pour oublier un journaliste qui suivait le candidat.

Mais quand la file de voitures blindées et noires est arrivée à la maison de M. Biden en banlieue de Wilmington, elle a soudainement inversé sa trajectoire et est repartie — cette fois vers une succursale de la banque M&T à proximité. Le prochain événement de Joe Biden, une collecte de fonds virtuelle, devait être déjà en cours. Au lieu de cela, il s’est attardé à un guichet automatique.

L’ancien vice-président s’est plus tard excusé aux donateurs réunis en ligne, se justifiant en disant qu’il avait été retenu par une «conférence de presse importante». Il n’a pas parlé de son détour au guichet automatique.

Avec leur emploi du temps chargé, leur intérêt de rencontrer le plus de monde possible et leur tendance naturelle à la verbosité, la plupart des candidats à la présidentielle — et les présidents qu’ils deviennent parfois — arrivent rarement à l’heure. Mais même en tenant compte des retards normaux de campagne, Joe Biden a repoussé les limites dernièrement.

Il était en retard de plus de 90 minutes à un discours et à une autre conférence de presse à Wilmington la semaine dernière. Le lendemain, il est arrivé seulement 20 minutes avant le début d’une assemblée publique télévisée; il a eu à peine le temps de brancher son microphone et de se préparer à aller en ondes. Par la suite, son cortège était déjà en mouvement, mais il a dû s’arrêter étant donné que le candidat souhaitait discuter avec un groupe de pompiers.

Lorsque Joe Biden a livré un discours au Constitution Hall de Philadelphie, dimanche, il était 25 minutes en retard.

«Quand on entre dans l’automne, chaque semaine ressemble à un mois, chaque jour ressemble à une semaine, chaque heure ressemble à un jour, chaque minute ressemble à une heure», a illustré Chris Lehane, un ancien conseiller politique du président Bill Clinton. «Le temps devient très élastique.»

La pandémie a d’autant plus compliqué la logistique des événements, d’autant plus que l’équipe de Joe Biden cherche à respecter la distanciation physique et à limiter les grands rassemblements — ce que le président Donald Trump ne fait pas.

L’ancien vice-président avait déjà tendance à être en retard bien avant la pandémie, ce qui faisait soupirer ses partisans, et même certains membres de son équipe.

Pas tous en retard

Tous les présidents ou candidats espérant occuper la Maison-Blanche ne sont pas chroniquement en retard. George W. Bush avait pour règle de toujours commencer à l’heure.

«Il était toujours à l’heure, tôt. Et se moquait des gens qui ne l’étaient pas», s’est souvenu Doug Wead, conseiller des deux présidents Bush, qui est maintenant auteur et commentateur.

«Mais je ne sais pas si cela a fait de lui un meilleur président.»

M. Wead se souvient que les habitudes de George H.W. Bush variaient; il arrivait parfois tôt, parfois tard. Barack Obama était souvent en retard. Donald Trump aussi, et avec la pandémie, il a pris l’habitude de convoquer des conférences de presse sur Twitter à seulement quelques minutes de préavis — avant de supprimer ses messages et d’envoyer des mises à jour avec des heures ultérieures sans explication.

«L’heure normale Clinton»

Dans l’histoire récente, toutefois, on a rarement vu un président arriver en retard aussi souvent que Bill Clinton. Son ignorance de l’heure était si connue de tous que ceux qui le connaissaient en Arkansas parlaient de «l’heure normale Clinton», qui était souvent au moins 15 minutes en retard. Lorsqu’il s’est présenté au poste de président en 1992, l’expression était devenue «l’heure Elvis», puisqu’il fallait ajouter une ou deux heures à l’heure prévue des événements.

Il arrivait aussi que M. Clinton change complètement ses plans à l’improviste, ce qui n’était pas facile à gérer avec les services secrets, les employés et les journalistes qui le suivaient.

Dans un incident devenu célèbre, l’équipe qui suivait M. Clinton s’était rendue en hélicoptère dans un golf de la Virginie pour une retraite du Sénat. Le président avait tellement aimé l’endroit qu’il avait décidé de passer la nuit et de jouer au golf le lendemain. Cela avait obligé la presse à faire un détour vers le Kmart pour que les journalistes puissent acheter des brosses à dents et des vêtements de rechange.

Pendant les campagnes, presque tous les politiciens sont en retard parce que lorsqu’ils ont une chance de rencontrer les électeurs, ils veulent prendre leur temps, sachant très bien que les interactions personnelles peuvent être payantes politiquement.

«Je n’ai pas encore été dans une campagne où on peut intégrer efficacement ces transitions entre les événements, a expliqué M. Lehane. Parce que le candidat sait que chaque seconde est importante et veut les utiliser toutes pour essayer de connecter avec les électeurs.»

«Un sixième sens»

C’était particulièrement vrai avec M. Clinton. Mais c’est aussi vrai avec M. Biden.

«On s’habitue à penser que c’est une poignée de main et une photo rapide, mais ce n’est pas le cas du vice-président», a indiqué John Flynn, qui était le chef de cabinet itinérant de M. Biden pendant les dernières années de l’administration Obama.

«Il a ce sixième sens, qui lui permettait de pressentir une chose unique à propos de la personne — ou à propos de ce passait dans la vie de la personne — et il creusait vraiment pour établir un lien personnel», a-t-il précisé.

Lors d’une récente discussion virtuelle avec la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, Barack Obama l’avait prévenue qu’elle serait souvent en retard.

«Si tu as un événement commun, il peut prendre un peu plus de temps que ce qui apparaît sur l’horaire, car il parlera à chaque personne», a-t-il soutenu.

Il arrive que Joe Biden arrive exceptionnellement à l’heure, lorsque sa femme, Jill, voyage avec lui. Mais en ce moment, Jill Biden fait souvent campagne seule. Son mari passe donc ses journées seul et sa campagne prévient que les heures des événements sont au mieux «théoriques».

Ce n’est pas nouveau.

M. Lehane s’est souvenu de quand il dirigeait le groupe de démocrates au Amherst College en 1989. Joe Biden, alors sénateur, était en visite et devait offrir un discours de 45 minutes. Il avait plutôt parlé pendant des heures, et avait discuté avec presque tout le monde dans la salle. Il était resté tellement longtemps qu’une tempête avait éclaté, provoquant l’annulation de son vol. M. Biden s’était dirigé vers les dortoirs avec les autres étudiants, avait commandé de la bière et de la pizza, et avait dormi dans une salle commune, en dessous d’une affiche de Bob Marley.

«C’était il y a plus de 30 ans. C’est exactement le même gars aujourd’hui», a affirmé M. Lehane.

Présidentielle américaine : l’essentiel vote des catholiques

Monde

Présidentielle américaine : l’essentiel vote des catholiques

Associated Press
Depuis des décennies, les électeurs catholiques romains jouent un rôle central dans le choix du nouveau président, puisqu’une majorité d’entre eux appuient le gagnant, qu’il soit démocrate ou républicain, pratiquement chaque fois.

Leur vote dans les États cruciaux pourrait bien décider de l’issue du scrutin cette fois encore, et les campagnes les supplient de voter en respect avec leur foi.

Les partisans du président Donald Trump font valoir que les catholiques ne peuvent pas voter pour quelqu’un comme Joe Biden, qui appuie le droit à l’avortement. Les détracteurs de M. Trump estiment qu’il est trop polarisant et insensible pour mériter le vote catholique. Le décès de la juge de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg met en évidence l’écart entre les deux camps.

Les campagnes se disputent le vote de gens comme Jeannie French — une électrice de Pittsburgh, dans l’État crucial de la Pennsylvanie — qui hésite entre les deux camps. Elle est membre de Democrats for Life, répugne à voter pour M. Biden en raison de sa position sur l’avortement, mais est horripilée par les politiques républicaines en matière de changements climatiques, d’immigration et d’économie.

Il y a à peine une semaine, Mme French, une consultante immobilière qui fait du bénévolat auprès de son église, n’était pas encore décidée et envisageait de voter pour un candidat tiers. Mais avec le siège qui vient de se libérer à la Cour suprême, elle pourrait voter pour M. Trump, qui a promis de l’offrir à une femme conservatrice.

«Si je vote pour Trump, ça veut dire que je vais devoir lutter encore plus fort pour l’équité salariale, les questions environnementales, la réforme pénale, les soins des immigrants ou d’autres questions sociales, mais ça veut aussi dire qu’on aurait la chance, en tant que nation, de bien faire les choses au sujet de l’avortement, a-t-elle dit. Pour cette catholique, c’est peut-être la bonne décision.»

M. Biden, un catholique pratiquant, deviendrait seulement le deuxième président catholique, après John F. Kennedy. M. Trump, qui s’identifie comme presbytérien, ne fréquente que rarement l’église.

La question de l’avortement

Dans plusieurs États cruciaux comme la Pennsylvanie, le Wisconsin et la Floride, plus de 20 % des adultes sont catholiques. M. Trump a remporté les trois États en 2016, mais des sondages récents y donnent une courte avance à M. Biden.

«Les électeurs catholiques qui changent de camp changent plus de camp que n’importe quel autre pan de l’électorat — c’est vraiment le segment qu’il faut cibler», a dit Brian Burch, le président du groupe militant conservateur CatholicVote.org.

M. Burch croit que M. Trump plait à ces électeurs en raison de sa position antiavortement et de politiques dont pourraient profiter les familles qui préfèrent une école catholique.

CatholicVote.org a récemment annoncé une campagne de 9,7 millions $US ciblant les catholiques des États cruciaux.

Présidentielle américaine l’intégrité du vote est-elle menacée ?

Présidentielle américaine 2020

Présidentielle américaine l’intégrité du vote est-elle menacée ?

Cyril Julien
Agence France-Presse
WASHINGTON — Le refus de Donald Trump de s’engager à reconnaître le résultat de l’élection présidentielle américaine fait craindre une grave crise politique et institutionnelle, dans un pays profondément divisé et sous haute tension.

Ses opposants se sont insurgés et jusque dans son propre camp, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a promis aux Américains « une transition en bon ordre ».

Mais alors que la pandémie de coronavirus fait exploser le nombre de votes par correspondance, que Donald Trump considère source de fraudes massives, le président pourrait exploiter des résultats incomplets, la loi et ses pouvoirs pour clamer sa victoire le 3 novembre.

Qu’a dit Donald Trump ?

Le président a refusé cette semaine de s’engager à garantir un passage sans violence du pouvoir s’il est battu par le démocrate Joe Biden, qui le devance dans les sondages.

«Il va falloir que nous voyions ce qui se passe», a-t-il dit.

Le milliardaire républicain se plaint régulièrement des conditions d’organisation de l’élection et affirme, sans preuve à l’appui, que le vote par correspondance est source de fraudes potentielles. Il a également semblé appeler à une annulation pure et simple des bulletins envoyés par la poste.

Donald Trump, qui a lui-même déjà voté par correspondance, avait déjà menacé de ne pas reconnaître les résultats de la présidentielle de 2016 alors qu’il affrontait Hillary Clinton.

Qu’est-ce que le vote par courrier ?

Lors de la présidentielle de 2016, près du quart des votes (33 millions) s’étaient effectués par correspondance.  Cette année, à cause de la pandémie de COVID-19, il devrait être beaucoup plus utilisé et de nombreux États ont commencé à envoyer les bulletins par la poste. Les électeurs peuvent les glisser dans des boîtes aux lettres ou des urnes dédiées.

«On devrait avoir entre 50 et 70 millions de votes par courrier», estime Nathaniel Persily, professeur de Droit à l’université Stanford en Californie.  

Ces votes par correspondance devraient plutôt bénéficier aux démocrates, selon les enquêtes d’opinion.

Mais cet afflux de courrier pourrait entraîner des problèmes logistiques, empêchant la Poste d’envoyer à temps le matériel de vote aux électeurs ou les bulletins dans les bureaux de vote pour être comptabilisés.

Les primaires ont déjà été perturbées dans plusieurs États (manque de bulletin, enveloppes envoyées à la mauvaise adresse, retard dans les résultats…).

«Le vainqueur pourrait ne pas être, et selon nous ne sera pas, connu le soir de l’élection», affirme le Transition Integrity Project (TIP), un groupe d’universitaires inquiets que le gouvernement Trump rejette l’issue du scrutin.

Quels sont les problèmes potentiels ?

Au-delà d’incidents isolés, aucune étude sérieuse n’a rapporté de fraudes majeures liées au vote par correspondance, comme l’a affirmé Donald Trump pour justifier le fait qu’Hillary Clinton a remporté le vote populaire en 2016.

Le FBI n’a jamais « constaté, dans l’histoire, de tentative coordonnée à l’échelle nationale de fraude électorale pour une élection majeure, que ce soit par courrier ou autre », selon son directeur Christopher Wray.

Donald Trump a pourtant affirmé jeudi que des irrégularités avaient déjà été constatées à son désavantage.

Il semblait se référer à une enquête ouverte par la justice cette semaine après la découverte de treize bulletins de vote par correspondance non comptabilisés en Pennsylvanie. Au moins sept de ces bulletins, envoyés par des militaires, étaient en sa faveur. Cet État, remporté de justesse par M. Trump en 2016, a récemment décrété que les « bulletins nus » -qui ne seraient pas mis sous pli anonyme avant d’être envoyés dans une plus grande enveloppe-seraient déclarés nuls.  

Quelle contestation possible ?

En 2000, la présidentielle entre Al Gore et George W. Bush s’est jouée à quelques centaines de voix d’écart en Floride et s’est conclue quand la Cour suprême a refusé d’ordonner un nouveau décompte. Le candidat démocrate, qui aurait pu continuer à contester et exprimer son désaccord, avait alors reconnu sa défaite.

Cette année, le camp Trump pourrait intenter des actions en justice pour obtenir un recomptage des voix dans les États-clés, notamment le Wisconsin, la Pennsylvanie ou le Michigan, où les résultats pourraient être serrés.

Selon le Transition Integrity Project, dans un des scénarios les plus extrêmes, le président pourrait demander à la justice ou aux gouverneurs républicains d’arrêter de compter les votes à une date donnée après le 3 novembre, et de certifier les résultats. Il pourrait même demander à son ministre de la Justice, Bill Barr, d’ordonner la saisie des bulletins de vote par correspondance pour forcer l’arrêt du comptage.

Le groupe s’inquiète également des « risques élevés » de violences entre les partisans du président et ceux de Joe Biden si Donald Trump ne reconnaît pas sa défaite.

Poutine propose aux États-Unis d’échanger des garanties de non-ingérence électorale

Présidentielle américaine 2020

Poutine propose aux États-Unis d’échanger des garanties de non-ingérence électorale

Antoine Lambroschini
Agence France-Presse
MOSCOU — Garanties de non-ingérence électorale, accord mondial contre l’usage belliqueux des nouvelles technologies : Vladimir Poutine a multiplié, à l’approche de la présidentielle américaine, les propositions à Washington dans un domaine où Moscou fait figure de contrevenant récidiviste.

Ces déclarations interviennent aussi alors que les autorités russes sont soupçonnées en Occident d’avoir empoisonné fin août le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, à l’aide d’un agent neurotoxique, des suspicions jugées «infondées» et qualifiées de désinformation par Moscou.

Dans une déclaration publiée par le Kremlin, le président russe propose à Washington «d’échanger des garanties mutuelles de non-ingérence, y compris dans les processus électoraux, notamment par l’usage de technologies de l’information et de la communication».

Cette proposition faite juste avant la présidentielle américaine du 3 novembre doit permettre aussi de travailler à un pacte mondial, proposé par M. Poutine, contre les agressions usant de ces technologies.

«Pas otage»

«L’un des défis stratégiques majeurs du monde contemporain est le risque d’une confrontation d’ampleur dans le domaine numérique. Une responsabilité particulière pour l’éviter incombe aux acteurs clés de la sécurité mondiale dans le domaine de l’information», écrit Vladimir Poutine.

«En m’adressant à tous les pays, y compris les États-Unis, je propose d’arriver à un accord mondial sur un engagement politique des États à ne pas mener la première frappe usant des technologies de l’information et de la communication», dit-il.

Le texte de la déclaration a été lu à la télévision par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, M. Poutine assistant lui aux manoeuvres militaires «Caucase-2020» dans le sud du pays, impliquant des dizaines de milliers d’hommes et un certain nombre d’alliés, comme la Chine.

«Ne soyons pas otage de nos désaccords politiques», y a proclamé M. Poutine.

La Russie est accusée depuis des années d’user de pirates informatiques, d’usines de trolls en ligne et de concocter de fausses informations virales, colportées par des groupes en ligne créés à cet effet ou des médias d’État, pour influencer les processus électoraux en Occident.

Moscou est tout particulièrement accusé d’avoir soutenu en sous-main en 2016 la candidature de Donald Trump, favorisant sa victoire.

Paris a accusé aussi la Russie d’avoir tenté de déstabiliser la candidature de l’actuel président Emmanuel Macron, tandis qu’au Royaume-Uni Moscou a été soupçonné d’interférences en faveur du Brexit.

Le Kremlin est toujours soupçonné de chercher à influencer la campagne présidentielle américaine en cours, qui oppose M. Trump au démocrate Joe Biden dans un bras de fer acrimonieux. Moscou chercherait ainsi à déstabiliser son grand adversaire idéologique, la démocratie libérale, et géopolitique, Washington.

Moscou s’en défend. «Nous ne voudrions vraiment pas qu’un grand pays de poids mondial comme les États-Unis soit en crise», a affirmé cette semaine Sergueï Lavrov à l’agence d’Etat Tass.

Bélarus et Navalny

Quantité de ressortissants et entités russes ont été sanctionnés par les États-Unis ces dernières années en raison notamment de leurs tentatives d’ingérence en lien avec les services secrets (FSB) russes ou des personnalités accusées de piloter ces efforts, comme le milliardaire Evgueni Prigojine.

Les géants de la tech se sont aussi mobilisés. Facebook, Twitter, Google et Microsoft multiplient les annonces sur des cyberattaques déjouées et des opérations de propagande démantelées, orchestrées depuis l’étranger, notamment de la Russie.

La Russie a également été accusée ces dernières années de piloter des hackeurs qui ont visé nombre d’institutions occidentales, comme la chambre basse du Parlement allemand ou la chancellerie d’Angela Merkel.

Le Kremlin a démenti l’ensemble de ces accusations, et accuse en retour Européens et Américains de mener une guerre de la désinformation contre la Russie, dont le dernier exemple en date est l’empoisonnement au Novitchok de l’opposant Alexeï Navalny.

Le chef du service de renseignement extérieur russe (SVR) a lui accusé les États-Unis d’avoir fomenté la vague de contestation qui vise actuellement le président du Bélarus, Alexandre Loukachenko.

Trump refuse de promettre un transfert pacifique du pouvoir, il crée un tollé

Présidentielle américaine 2020

Trump refuse de promettre un transfert pacifique du pouvoir, il crée un tollé

Elodie Cuzin
Agence France-Presse
WASHINGTON — Donald Trump s’attirait jeudi des réactions outrées jusque dans son camp républicain après avoir refusé de promettre un transfert pacifique du pouvoir si son rival Joe Biden l’emportait lors de la présidentielle américaine du 3 novembre, certains le comparant à un dictateur.  

Allié du président, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s’est senti obligé de réaffirmer aux Américains que le résultat du scrutin serait respecté.

«Le vainqueur de l’élection du 3 novembre sera investi le 20 janvier» comme prévu, a tweeté le conservateur. «Il y aura une transition en bon ordre comme tous les quatre ans depuis 1792», date de la deuxième élection présidentielle des États-Unis avec un mandat de quatre ans.  

VÉRIFIÉ: Trump prétend (encore) avoir reçu un prix qui n’existe pas

Monde

VÉRIFIÉ: Trump prétend (encore) avoir reçu un prix qui n’existe pas

Hope Yen
Associated Press
WASHINGTON — Le président Donald Trump a de nouveau prétendu mercredi avoir reçu en 2016 un prix qui n’existe pas.

Il a aussi incorrectement dénigré feu le sénateur républicain John McCain, dont la veuve a accordé son appui au candidat présidentiel démocrate Joe Biden.

Voici une vérification des propos de M. Trump mercredi.

TRUMP: «J’ai été honoré de recevoir l’appui de la Bay of Pigs Veterans Association en 2016 et ils m’ont donné un très beau prix. Je l’affiche fièrement sur un mur très important pour moi.» — Lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche en l’honneur d’anciens participants à l’invasion de la baie des Cochons, à Cuba, en 1961.

LES FAITS: Ce prix n’existe pas.

L’association a bel et bien appuyé M. Trump en 2016. C’était la première fois que ce groupe floridien d’anciens combattants ayant participé à l’invasion américaine de la baie des Cochons se rangeait derrière un candidat. Mais cet appui ne s’accompagnait d’aucun prix.

Dans un communiqué publié plus tôt ce mois-ci — quatre ans après les faits et après que M. Trump eut prétendu à de multiples reprises avoir reçu ce prix — le président de l’association, Juan López de la Cruz a tenté de présenter l’appui son groupe en 2016 comme un «prix de reconnaissance».

L’association appuie la campagne de réélection de M. Trump.

TRUMP: «Je connais à peine Cindy McCain... Joe Biden était le chien de poche de John McCain. Tellement de MAUVAISES décisions sur des guerres sans fin et le département des Anciens combattants, que j’ai transformé de film d’horreur en GRAND SUCCÈS.» — Sur Twitter.

LES FAITS: M. Trump fait fi des améliorations apportées au département des Anciens combattants par l’administration Obama-Biden, y compris les efforts notables de John McCain pour aider les anciens militaires.

M. McCain a notamment poussé le Sénat à adopter une loi qui permet aux anciens combattants d’obtenir des soins de santé à l’extérieur du réseau gouvernemental, sous certaines conditions. La loi a été signée par le président Barack Obama. Laissant systématiquement de côté les faits, M. Trump a prétendu à de multiples reprises être le seul responsable de l’adoption de cette loi.

Une loi signée par M. Trump en 2018 donne toutefois plus d’ampleur au programme mis sur pied par le président Obama, M. McCain et d’autres législateurs.

La loi porte le nom de trois anciens combattants qui ont ensuite été élus au Sénat ou à la Chambre des représentants, dont M. McCain.

M. Trump se targue souvent que le département des Anciens combattants ait réduit ses listes d’attente ou que des soins de santé mentale soient disponibles le jour même, mais ces améliorations trouvent leur origine dans l’administration Obama. Au moment de son élection, d’importants groupes d’anciens combattants avaient demandé au président Trump de laisser le secrétaire Bob McDonald en poste, pour qu’il puisse continuer son travail. M. Trump a plutôt confié le poste à un des adjoints de M. McDonald.

Une étude publiée en 2019 par le Journal of the American Medical Association a noté une réduction des listes d’attente au département des Anciens combattants entre 2014 et 2017, une période largement couverte par l’administration Obama. La satisfaction des patients du département était aussi en hausse.

Si le département des Anciens combattants a obtenu de bonnes notes pendant l’administration Trump, l’affirmation du président que tout le crédit lui en revient est inappropriée.

Cindy McCain a offert son appui à Joe Biden mardi. Son mari avait été le candidat présidentiel républicain en 2008.

Trump refuse de s'engager à un transfert pacifique du pouvoir [VIDÉO]

Présidentielle américaine 2020

Trump refuse de s'engager à un transfert pacifique du pouvoir [VIDÉO]

AFP
Agence France-Presse
WASHINGTON — Le président américain a refusé mercredi de s'engager à un transfert pacifique du pouvoir en cas de défaite à l'élection du 3 novembre, s'attirant les réactions outrées de son adversaire démocrate et jusque dans son propre camp.

«Il va falloir que nous voyions ce qui se passe», a déclaré Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.

Il avait été interrogé par un journaliste qui lui demandait de prendre l'engagement d'assurer un transfert sans violence du pouvoir quel que soit le résultat de l'élection qui l'oppose au démocrate Joe Biden.

Actuellement en retard dans les sondages, le président républicain se plaint régulièrement des conditions d'organisation du scrutin et affirme que le vote par correspondance est source de fraudes potentielles. Cette assertion n'est pas démontrée, mais le vote par courrier devrait être beaucoup plus utilisé cette année du fait de la pandémie de COVID-19.

Hommages à la juge Ruth Bader Ginsburg avant la bataille politique

Monde

Hommages à la juge Ruth Bader Ginsburg avant la bataille politique

Charlotte Plantive
Agence France-Presse
Leo Mouren
Agence France-Presse
WASHINGTON — Le président américain Donald Trump se recueille jeudi devant la dépouille de la juge progressiste de la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, deux jours avant d'annoncer sa candidate pour la remplacer, en pleine bataille politique avec les démocrates. 

La dépouille est exposée jeudi, pour la deuxième journée consécutive, à l'entrée du bâtiment néoclassique de la haute cour, sur le catafalque de l'ancien président Abraham Lincoln.

Un hommage national sera rendu vendredi au Capitole voisin, une semaine tout juste après le décès à 87 ans de cette icône féministe et progressiste, qui sera inhumée dans l'intimité la semaine prochaine.

Deux jours après s'être recueilli, le président républicain enclenchera la succession: il doit annoncer samedi à 17h qui il souhaite nommer à ce poste influent. Cinq femmes, dont la magistrate Amy Coney Barrett, coqueluche des milieux religieux, et une juge conservatrice d'origine cubaine, Barbara Lagoa, ont été présélectionnées.

Trump et Biden luttent pour définir les questions centrales de la campagne

Présidentielle américaine 2020

Trump et Biden luttent pour définir les questions centrales de la campagne

Steve Peoples
Associated Press
Alexandra Jaffe
Associated Press
SWANTON, Ohio — Lors d'un récent événement dans l'Ohio, le président Donald Trump a été interrompu à deux reprises par des partisans qui agitaient des pancartes et criaient, «Pourvois ce siège!»

«Je vais pourvoir le siège», a répliqué M. Trump, avant de se lancer dans une explication détaillée de son intention de trouver rapidement un successeur à Ruth Gader Ginsburg, la juge de la Cour suprême décédée la semaine dernière. «On dit que c'est ce qu'un président peut faire de plus important.»

Lors d'un passage au Wisconsin quelques heures plus tôt, aucune foule n'était là pour acclamer Joe Biden, dont la campagne respecte scrupuleusement les règles sanitaires pour combattre le coronavirus. La querelle concernant l'avenir de la Cour suprême était aussi essentiellement absente, puisque M. Biden est plus intéressé à parler de la pandémie, des soins de santé et de l'économie.

Depuis le décès de Mme Ginsburg vendredi, MM. Trump et Biden tentent de déterminer par quelle lentille les électeurs verront l'élection de 2020. M. Biden souhaite en faire un référendum sur M. Trump et son échec à contrôler une pandémie qui a coûté la vie à 200 000 Américains, ou discuter du sujet plus large des soins de santé au pays. M. Trump veut se concentrer sur la Cour suprême, pour mobiliser sa base et unir les républicains.

Lors d'une entrevue accordée à une station de télévision du Wisconsin, M. Biden a ouvertement admis qu'il ne souhaite pas parler de la Cour suprême, quand on lui a demandé ce qu'il pensait de la suggestion libérale d'augmenter le nombre de sièges au plus haut tribunal du pays.

«C'est une question légitime, mais laissez-moi vous dire pourquoi je n'y répondrai pas - parce que ça changerait le sujet. C'est ce qu'il veut. Il ne veut jamais discuter du problème courant, et il tente toujours de changer le sujet», a dit M. Biden au sujet de M. Trump.

Il a répété que la discussion devrait porter sur pourquoi M. Trump «va dans une direction totalement inconsistante avec ce que les fondateurs souhaitaient».

Bloomberg intervient pour que les criminels floridiens puissent voter

Présidentielle américaine

Bloomberg intervient pour que les criminels floridiens puissent voter

Brendan Farrington
Associated Press
TALLAHAHASSE — Quelques jours seulement après que le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, eut obtenu des tribunaux une décision interdisant aux criminels de voter tant qu’ils n’auront pas payé toutes leurs amendes, tous leurs dédommagements et tous leurs frais judiciaires, le milliardaire Mike Bloomberg intervient pour les aider à rembourser ce qu’ils doivent.

L’ancien candidat présidentiel démocrate a aidé à récolter près de 20 millions $US pour que les criminels qui ont purgé leur peine d’emprisonnement puissent voter lors du scrutin présidentiel. M. Bloomberg a aussi promis de dépenser 100 millions $US pour aider Joe Biden à remporter la Floride.

«Le droit de vote est fondamental à notre démocratie et on ne devrait le refuser à aucun Américain. En collaboration avec la Florida Rights Restoration Coalition, nous sommes déterminés à combattre la privation du droit de vote et la discrimination qui l’a toujours alimentée», a dit M. Bloomberg par voie de communiqué.

Un tribunal d’appel fédéral avait statué, le 11 septembre, qu’en plus de purger leur peine de prison, les criminels floridiens devaient acquitter toutes leurs amendes, tous leurs dédommagements et tous leurs frais judiciaires pour retrouver leur droit de vote.

Un impact sur le scrutin

Cette décision pourrait avoir un impact important sur le scrutin du 3 novembre, puisque le président Donald Trump a absolument besoin des 29 votes du collège électoral de la Floride pour obtenir un deuxième mandat.

Les électeurs floridiens avaient massivement adopté, en 2018, une mesure qui rétablissait le droit de vote des criminels qui avaient complété leur sentence. Les élus républicains avaient alors entrepris de préciser ce que «avoir complété une sentence» voulait dire.

En plus du temps passé derrière les barreaux, les élus ont décidé que les criminels devraient avoir réglé toutes leurs obligations financières, y compris les amendes et dédommagements, avant de pouvoir voter.

La Florida Rights Restitution Coalition avait récolté environ 5 millions $ US, avant que l’intervention de M. Bloomberg ne lui permette d’amasser près de 17 millions $US de plus, selon des employés du milliardaire.

L’argent aidera les criminels qui doivent 1500 $US ou moins et qui s’étaient inscrits pour voter pendant que la loi était débattue, ce qui représente environ 31 000 personnes. En 2000, le scrutin présidentiel s’est décidé par 537 votes en Floride, et les sondages y placent actuellement MM. Trump et Biden au coude à coude.

La coalition assure qu’elle ne ciblera pas les électeurs affiliés à un parti ou un autre.

«On s’en fout de la politique, on s’en fout des implications ou des insinuations, en bout de compte on parle de vrais gens, de vraies vies, de citoyens américains qui veulent [voter], a dit le patron du groupe, Desmond Meade. On fait taire depuis si longtemps les gens qui ont des condamnations criminelles.»

Le groupe dit pouvoir notamment compter sur l’appui du musicien John Legend, des vedettes du basketball LeBron James et Michael Jordan, du cinéaste Steven Spielberg, et d’entreprises comme MTV, Ben & Jerry’s, Levi Strauss, les Dolphins de Miami, le Magic d’Orlando et le Heat de Miami.

Biden a besoin des électeurs noirs de Detroit, mais iront-ils voter?

Présidentielle américaine

Biden a besoin des électeurs noirs de Detroit, mais iront-ils voter?

Associated Press
DETROIT — Wendy Caldwell-Liddell en a marre d’attendre que les choses changent à Detroit.

La plus grande ville des États-Unis à majorité noire a été dévastée par la pandémie de coronavirus et ses retombées économiques. On recense actuellement plus de 14 000 infections et 1500 décès dus au virus dans la ville.

Donc, quand on demande à cette jeune femme noire de 29 ans et mère de deux enfants ce qui est en jeu le 3 novembre, la réponse est simple : tout. Elle est déterminée à contribuer à la défaite du président Donald Trump.

«Trump a remporté le Michigan par moins de 11 000 votes, rappelle Mme Caldwell-Liddell, la cofondatrice de la nouvelle organisation de base Mobilize Detroit. On se dit donc que si on peut inciter 15 000 ou 20 000 personnes de plus à aller voter, ça pourrait changer la trajectoire du Michigan lors de l’élection présidentielle.»

Les électeurs noirs joueront un rôle de premier plan pour décider qui de Joe Biden ou de Donald Trump remportera cet État dans moins de deux mois. Mais il est particulièrement difficile de les mobiliser en cette période d’incertitude et d’instabilité profondes à travers le pays.

«Plusieurs Noirs ont reçu de nombreux coups dans le ventre en 2020, a expliqué le lieutenant-gouverneur Garlin Gilchrist, le premier Afro-Américain à occuper ce poste. Mais je sais aussi que les Noirs, et les femmes noires en particulier, vont faire ce qu’ils ont à faire... Donald Trump représente une telle menace existentielle à la vie et à l’avenir des Noirs que je pense que nous allons aller voter pour nous assurer qu’il ne sera plus président.»

M. Trump et le candidat démocrate Joe Biden se disputent l’appui de l’électorat noir du Michigan. M. Biden a visité Détroit plus tôt ce mois-ci et sa colistière, Kamala Harris, était à Détroit et à Flint cette semaine pour discuter avec les électeurs.

La campagne Trump a ouvert un bureau dans la portion ouest de Detroit, la première présence républicaine dont se souviennent les résidants du quartier. Des membres de la campagne affirment que des bénévoles passent de porte en porte et organisent différentes activités à travers l’État.

Trump le «guerrier»

«Pendant toute sa campagne, Biden a essayé de dépeindre le président Trump comme quelqu’un qu’il n’est pas, dans une tentative transparente pour camoufler sa propre performance raciste catastrophique au sujet de l’Amérique noire, a affirmé par voie de communiqué un porte-parole de la campagne Trump, Ken Farnaso. Avec le président Trump [au pouvoir], les Afro-Américains savent qu’ils ont un véritable guerrier et militant à leur service.»

Mais dans une ville qui a toujours été un bastion démocrate, la présence de M. Trump inquiète des responsables locaux qui souhaiteraient que la campagne Biden soit plus visible.

Cour suprême: malgré l’indignation, Trump désignera sa candidate samedi

Monde

Cour suprême: malgré l’indignation, Trump désignera sa candidate samedi

Elodie Cuzin
Agence France-Presse
WASHINGTON — Malgré l’indignation des démocrates, Donald Trump présentera dès samedi une candidate pour succéder à la progressiste Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême, fort d’une majorité consolidée au Sénat pour voter sur sa confirmation sans attendre l’issue de la présidentielle américaine.

Les démocrates sont vent debout, arguant qu’il faudrait attendre l’élection du 3 novembre, qui opposera Donald Trump à Joe Biden, avant tout vote. Voire même, en cas de victoire de l’ancien vice-président de Barack Obama, attendre sa prise de fonctions en janvier 2021.

Car les enjeux sont immenses. Si le Sénat, à majorité républicaine, confirme sa candidate, le président aura placé trois juges, nommés à vie, au temple du droit américain.

De quoi ancrer dans le camp conservateur pendant des décennies cette institution qui tranche, aux États-Unis, les principales questions de société, comme l’avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels.

«Tout ce qui compte pour les Américains est en jeu : la santé, la protection des (malades souffrant) d'antécédents médicaux, les droits des femmes, les droits des homosexuels, les droits des travailleurs, les droits du travail, les droits civiques, le changement climatique, et tellement d'autres choses qui sont en danger», a déploré mardi le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Le décès vendredi à 87 ans de Ruth Bader Ginsburg, icône féministe de la gauche américaine, a ainsi bouleversé la campagne électorale, jusqu’ici dominée par la pandémie de COVID-19 qui a fait 200 000 morts aux États-Unis.

À la traîne dans les sondages, Donald Trump pourrait, avec la bataille pour le contrôle de la Cour suprême, remobiliser sa base.

En 2016, beaucoup d’électeurs évangélistes sceptiques face au milliardaire deux fois divorcé avaient été convaincus de voter pour lui par sa promesse de nommer des juges conservateurs. Et lui avaient, en partie, offert une victoire-surprise.

Mais le tollé chez les démocrates pourrait aussi mobiliser les soutiens pour Joe Biden.

«En pleine élection»

«J’annoncerai ma candidate pour la Cour suprême samedi, à la Maison-Blanche! L’heure exacte reste à déterminer», a tweeté Donald Trump mardi matin.

Le 45e président des États-Unis avait indiqué lundi soir qu’il envisageait cinq magistrates présélectionnées.

Parmi les favorites figurent, en tête, Amy Coney Barrett, 48 ans, ainsi qu’une magistrate d’origine cubaine, Barbara Lagoa, 52 ans, née en Floride de parents ayant fui le régime communiste de Fidel Castro. Un atout potentiel pour le milliardaire républicain puisque cet État devrait jouer un rôle clé dans la présidentielle.

Donald Trump avait dit vouloir attendre la fin des cérémonies funéraires avant de dévoiler son choix.

La dépouille de Ruth Bader Ginsburg sera exposée à la Cour suprême mercredi et jeudi, puis au Capitole vendredi. Elle sera inhumée dans l’intimité la semaine prochaine au cimetière national d’Arlington, près de Washington.

D’ici là, les Américains sauront qui Donald Trump a choisi pour la remplacer.

Le choix des électeurs américains semble bien arrêté [VIDÉO]

Présidentielle américaine 2020

Le choix des électeurs américains semble bien arrêté [VIDÉO]

La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Le choix des électeurs américains semble bien arrêté, révèle un nouveau sondage. L'enquête menée par la firme Léger en collaboration avec La Presse Canadienne et l'Association d'études canadiennes révèle dans un premier temps que 48 % des participants au sondage avaient l'intention de voter pour Joe Biden, contre 41 % pour Donald Trump. Cinq pour cent des participants comptaient voter pour quelqu'un d'autre, et 5 % n'avaient pas encore fait leur choix.

De plus, 92 % des participants ont sondage ont affirmé que leur choix était final, les autres admettant qu'ils pourraient changer d'idée d'ici au 3 novembre. Quatre-vingt-quinze pour cent des électeurs ayant choisi M. Biden ou M. Trump ont déclaré que leur choix était fait une fois pour toutes.

Cela étant dit, près d'un participant sur cinq, soit 17 %, a reconnu être peu ou pas enthousiasmé par son choix de candidat. Les partisans de Donald Trump, à 89 %, sont les plus enthousiasmés par sa candidature, contre 82 % pour M. Biden.

M. Biden est le plus populaire auprès des femmes et des jeunes de 18-34 ans, tandis que M. Trump recueille la faveur des hommes et des électeurs de 55 ans et plus.

Donald Trump n'obtient une majorité de voix dans aucune région, mais il est le choix de la moitié des électeurs du nord-est des États-Unis. M. Biden remporte 53 % des voix dans le Midwest et 56 % dans l'Ouest.

Cour suprême: Trump désignera un nouveau juge vendredi ou samedi

Monde

Cour suprême: Trump désignera un nouveau juge vendredi ou samedi

Agence France-Presse
WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a déclaré lundi qu’il désignerait dès cette semaine, vendredi ou samedi, un nouveau juge pour la Cour suprême des États-Unis afin de succéder à Ruth Bader Ginsburg.

«Je l’annoncerai vendredi ou samedi et le travail commencera. Mais espérons que cela ne demande pas trop de travail», a-t-il dit dans un entretien à la chaîne Fox News.  

Il a précisé vouloir attendre, avant de lancer le très politisé processus de succession, la fin des cérémonies funéraires pour la juge Ginsburg, icône féministe et progressiste, décédée vendredi à 87 ans des suites d’un cancer. 

Donald Trump a par ailleurs estimé que le Sénat, à majorité républicaine, avait «largement le temps» de confirmer la nomination d’un nouveau juge avant l’élection présidentielle du 3 novembre. 

«Le vote final (du Sénat) devra se tenir avant l’élection. Nous avons largement le temps», a-t-il dit sur Fox News.  

La succession de «RBG» au sein du temple du droit américain sera dans les prochaines semaines l’un des enjeux majeurs de la campagne présidentielle. 

Candidat à sa succession, Donald Trump a fait savoir au cours du week-end qu’il comptait nommer rapidement «une femme très talentueuse» pour la remplacer.  

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Présidentielle américaine: Facebook lance une nouvelle campagne d’incitation au vote

Présidentielle américaine 2020

Présidentielle américaine: Facebook lance une nouvelle campagne d’incitation au vote

Agence France-Presse
NEW YORK — Facebook lance cette semaine une nouvelle initiative visant à inciter les Américains à aller voter lors des prochaines élections présidentielles, dernier effort en date du réseau social qui cherche à prouver qu’il est désormais un acteur responsable à l’approche du scrutin.

Le groupe démarre lundi une vaste campagne de sensibilisation encourageant à aller visiter ses centres virtuels d’information sur le vote où les gens peuvent regarder comment s’enregistrer pour voter, comment voter par correspondance ou comment se porter volontaire pour prêter main forte dans les bureaux de vote.  

Elle sera diffusée sur les principales chaînes de télévision et radios du pays, ainsi que sur les sites internet d’informations.  

Et depuis samedi, le groupe présente des informations similaires sur ses applications Facebook, Instagram et Messenger. 

Le groupe de Mark Zuckerberg prévoit également de diffuser mardi sur l’appli Facebook une heure de programme spécial baptisé «Vote-A-Thon» et où figureront plusieurs stars et personnalités publiques. 

Le réseau social estime avoir d’ores et déjà aidé 2,5 millions de personnes à s’enregistrer sur les listes électorales.  

«Nous avons encore du travail à faire pour atteindre notre objectif d’aider plus de 4 millions de personnes à s’inscrire cette année, mais nous sommes heureux des progrès que nous faisons pour aider les gens à utiliser leur voix pour voter», a souligné le groupe dans un communiqué. 

Environ 39 millions de personnes au total se sont jusqu’à présent rendues sur les centres d’informations sur le vote de Facebook et Instagram. 

Le réseau social cherche à montrer qu’il n’est plus un moyen de désinformation massive comme dans les scrutins de 2016, dont la présidentielle aux États-Unis et le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni, marqués par des campagnes d’influence déguisées principalement orchestrées depuis la Russie. 

Il a par exemple annoncé début septembre qu’aucune nouvelle publicité politique ne pourrait être diffusée sur sa plateforme dans la semaine précédant l’élection présidentielle américaine du 3 novembre. 

Comme les autres géants d’internet, Facebook multiplie aussi depuis des mois les annonces sur des cyberattaques déjouées et opérations de propagande démantelées.

Les rassemblements politiques de Trump font fi des règles sanitaires [PHOTOS]

Présidentielle américaine 2020

Les rassemblements politiques de Trump font fi des règles sanitaires [PHOTOS]

Jill Colvin
Associated Press
WASHINGTON — Le président Donald Trump se présente comme le candidat de la loi et l'ordre. Cela ne l'empêche pas, ainsi que sa campagne, de défier ouvertement les ordres d'urgence des États et de bafouer les directives de sa propre administration concernant le coronavirus, alors qu'il organise des rassemblements toujours plus nombreux dans les États cruciaux.

Les gouverneurs démocrates et les dirigeants locaux ont exhorté le président à reconsidérer les événements, avertissant qu'il mettait des vies en danger. Mais ils n'ont en grande partie pas essayé de bloquer les rassemblements de milliers de personnes, que M. Trump et son équipe considèrent comme des «manifestations pacifiques» protégées par le premier amendement.

«Si vous pouvez rejoindre des dizaines de milliers de personnes qui manifestent dans les rues, jouer dans un casino ou incendier de petites entreprises lors d'émeutes, vous pouvez vous rassembler pacifiquement sous le premier amendement pour entendre le président des États-Unis», a déclaré dans un communiqué Tim Murtaugh, un porte-parole de la campagne Trump.

Le refus de M. Trump de respecter les directives en matière de santé - même celles élaborées par sa propre administration - souligne à quel point il pense que projeter une image de normalité est essentiel pour gagner en novembre, alors même que le pays approche de 200 000 décès dus à la COVID-19.

Le vote par anticipation s'amorce aux États-Unis

Présidentielle américaine 2020

Le vote par anticipation s'amorce aux États-Unis

AFP
Agence France-Presse
FAIRFAX — «Il n’y a rien de plus important». Affrontant parfois plusieurs heures d’attente, masqués contre la COVID-19, des électeurs se sont pressés vendredi dans les bureaux de vote de la Virginie, l’un des premiers États américains à autoriser le vote anticipé en personne pour l’élection du 3 novembre.

À moins de 50 jours du scrutin qui opposera Donald Trump à Joe Biden, de nombreux électeurs américains peuvent déjà voter.  

«Nous ne voulons pas prendre le risque» que nos bulletins par correspondance soient perdus, affirme à l’AFP David Apatoff.  

Quitte à attendre pendant des heures pour voter malgré la menace de la COVID-19 ? «Cela en vaut la peine. Il n’y a rien de plus important», déclare-t-il.

«Il y a eu tellement d’inquiétudes concernant les tentatives d’attaquer la poste et le vote par correspondance, et les tentatives d’ingérence dans le scrutin, que nous voulions enregistrer notre bulletin aussi vite que possible», renchérit son épouse Nell Minow.  

Dans ce bureau de vote de Fairfax, en grande banlieue de Washington, certains électeurs confient avoir attendu quatre heures pour déposer leur bulletin.

La Virginie avait voté pour Hillary Clinton en 2016 face à Donald Trump et les sondages donnent encore cette fois l’avantage au démocrate Joe Biden face au président républicain sortant. Le comté de Fairfax avait donné une large victoire à l’ancienne secrétaire d’État.  

Jouant sur l'empathie et la colère anti-Trump, Biden retrouve les électeurs

Présidentielle américaine 2020

Jouant sur l'empathie et la colère anti-Trump, Biden retrouve les électeurs

Elodie Cuzin
Agence France-Presse
SCRANTON — C'est devant un public rassemblé en mode «ciné-parc» que Joe Biden a retrouvé les électeurs américains, jouant, grâce à des questions plutôt clémentes, sur son point fort, l'empathie, et critiquant vivement la gestion «presque criminelle» de la pandémie par son rival Donald Trump. 

«Ce président devrait démissionner», a lancé jeudi soir le candidat démocrate à propos du républicain qu'il défiera dans les urnes le 3 novembre.

Déplorant sa gestion de la crise sanitaire qui a fait près de 200 000 morts aux États-Unis et plombé la première économie mondiale, l'ex-vice-président de Barack Obama a fait allusion aux propos du milliardaire américain, qui avait déclaré au journaliste Bob Woodward, avoir délibérément décidé de «minimiser» la pandémie.

«Il le savait et il n'a rien fait. C'est presque criminel», a accusé Joe Biden.

À moins de 50 jours du scrutin, le candidat de 77 ans a choisi les alentours de sa ville natale de Scranton, dans l'État-clé de Pennsylvanie, pour son retour dans le ring électoral en affrontant directement, pour la première fois depuis sa victoire à la primaire, les questions des Américains.

L'occasion pour lui de tester une nouvelle ligne d'attaque contre le milliardaire américain, en soulignant ses origines humbles dans cette ville ouvrière.

«Je vois vraiment cette campagne comme une campagne entre Scranton et Park Avenue», la chic avenue de Manhattan à quelques pas de l'immense Trump Tower.

Joe Biden mène de loin dans les sondages nationaux, mais l'écart est plus serré dans une demi-douzaine d'État pivots, qui font en réalité les élections américaines en basculant d'un parti à l'autre.

Connu pour ses gaffes, moqué par son rival républicain, qui le surnomme «Joe l'endormi», pour sa petite forme supposée, le septuagénaire a été scruté pendant l'heure de cette curieuse émission. Et a évité les gros faux pas, adoptant un ton décidé, à la limite du surjoué parfois.

Biden croit à un vaccin contre la COVID-19, mais doute de Trump

Présidentielle américaine 2020

Biden croit à un vaccin contre la COVID-19, mais doute de Trump

Elodie Cuzin
Agence France-Presse
Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON — Joe Biden a attaqué frontalement mercredi son adversaire Donald Trump sur le thème de la COVID-19, remettant en cause sa crédibilité, lui qui agite la promesse de l’arrivée imminente d’un vaccin alors que le pays approche la barre des 200 000 morts.

La gestion de la pandémie de nouveau coronavirus depuis le début de l’année 2020 «disqualifie totalement» le milliardaire républicain pour le second mandat qu’il entend briguer le 3 novembre, a asséné l’ancien vice-président de Barack Obama lors d’un discours mercredi après-midi dans son fief de Wilmington, dans le Delaware.  

«La première responsabilité d’un président est de protéger le peuple américain et il ne le fait pas», a-t-il lancé, faisant de la pandémie le symbole le plus tragique de ce qu’il considère être l’inaptitude du président à gouverner. 

Mardi soir, Donald Trump a de nouveau cherché à rassurer la population lors d’une émission de télévision en affirmant que le coronavirus finirait par disparaître avec le temps – alors que près d’un millier d’Américains meurent encore chaque jour du virus, et que le bilan officiel va atteindre 200 000 morts dans les prochains jours, un bilan lui-même sous-estimé. 

«Tout va bien se passer, c’est en train de disparaître. Et cela disparaîtra encore plus vite avec les vaccins», a dit l’ancien homme d’affaires sur la chaîne ABC. 

Il a ensuite évoqué la construction d’une immunité collective, c’est-à-dire la contamination naturelle d’une proportion suffisamment élevée de la population pour stopper la circulation du virus, un niveau qui est atteint en contrepartie d’un nombre de décès proportionnel.  

Mais il s’est apparemment trompé de mot puisqu’il a dit «mentalité de groupe» («herd mentality» au lieu de «herd immunity»). 

«Pas confiance en Trump» 

«Trump a confirmé ce soir, encore, qu’après avoir laissé empirer pendant huit mois la pire crise sanitaire depuis 100 ans, non seulement il n’a pas de plan, mais il ne comprend rien», a dit la porte-parole de Joe Biden, Kate Bedingfield. 

Toujours est-il que la course aux vaccins avance vite aux États-Unis, avec deux candidats (Pfizer et Moderna) sur le point d’avoir recruté 30 000 participants dans leurs essais cliniques contre placebo. 

«Nous sommes à quelques semaines d’en avoir un», a répété Donald Trump mardi, sans préciser s’il parlait de la disponibilité de résultats ou d’une autorisation officielle. «Cela pourrait être trois, quatre semaines». 

«Je fais confiance aux vaccins, je fais confiance aux scientifiques, mais je n’ai pas confiance en Donald Trump. Et en ce moment, les Américains ne peuvent pas avoir confiance non plus», lui a répondu Joe Biden mercredi.  

Même si les essais cliniques étaient concluants avant l’élection du 3 novembre, ce qui est jugé improbable par des responsables et des experts, la distribution de doses sera initialement «très limitée» et réservée à certaines populations prioritaires, peut-être à partir de novembre ou décembre, a dit mercredi au Congrès le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Robert Redfield. 

«Si vous me demandez quand le reste des Américains pourra bénéficier du vaccin pour revenir à une vie normale, je ne pense pas avant le deuxième ou troisième trimestre de 2021», a-t-il prédit. 

Sur l’économie et l’immigration, les conservateurs près des républicains

Présidentielle américaine

Sur l’économie et l’immigration, les conservateurs près des républicains

Jean Philippe Angers
La Presse Canadienne
S’il y a certainement des rapprochements à faire entre les vues de partisans conservateurs au Canada et républicains aux États-Unis, de même qu’entre partisans libéraux et démocrates, le fossé idéologique est beaucoup moins marqué au Canada que chez les voisins du sud, laisse croire un nouveau sondage de Léger et de l’Association d’études canadiennes. Et en fait, sur quelques sujets, les conservateurs canadiens ne sont pas si loin des démocrates américains.

Sur des enjeux comme l’économie et l’immigration, les «familles idéologiques», si l’on peut dire, sont généralement bien campées.

Ainsi, 64 % des conservateurs sondés et 61 % des républicains soutiennent une réduction du rôle du gouvernement dans l’économie. Les démocrates ne sont tout de même pas si loin, à 57 %, tandis qu’ils sont seulement 33 % des libéraux à privilégier une telle approche moins interventionniste.

Pour ce qui est de l’appui à des baisses d’impôt importantes, partisans libéraux canadiens et partisans du Parti démocrate aux États-Unis sont main dans la main à 61%, tandis que 81% des conservateurs et 78% des républicains privilégient une telle avenue politique.

Nul besoin de souligner que l’immigration a eu tendance à être un enjeu particulièrement polarisant : 73 % des libéraux et 72 % des démocrates sondés sont favorables à l’accueil de plus d’immigrants dans leur pays, tandis que seulement 28 % des conservateurs et 33 % des républicains sont de cet avis.

Aussi, les questions touchant à l’environnement apportent leur lot d’opinions tranchées.

Pétrole, climat, COVID...

En outre, 51 % des libéraux et 66 % des démocrates appuient une réduction de la production de pétrole dans leur pays; ils sont seulement 21 % des conservateurs et 28 % des républicains sondés à faire de même.

Tout de même, sur la question fondamentale de la réalité du réchauffement de la planète — «Est-ce que vous estimez que le changement climatique est réel?» — le fossé est beaucoup plus grand aux États-Unis, avec 35 % des républicains répondant «non», comparativement à 6 % des démocrates. Au Canada, 18 % des conservateurs ayant répondu au sondage semblent nier l’existence du changement climatique, contre 5 % des libéraux.

La gestion de la crise de la COVID-19 par l’administration Trump occupera une place centrale dans la présente campagne, et la minimisation des risques par le président a certainement rejoint l’avis de plusieurs Américains, et en a indigné de nombreux autres.

Concernant la COVID-19, 88 % des démocrates estiment qu’elle est «plus dangereuse» que la grippe saisonnière. Cet avis n’est partagé que par 47 % des républicains — 38 % des partisans du «GOP» croyant qu’elle est «aussi dangereuse» que la grippe saisonnière.

Le lien entre le réchauffement et les événements extrêmes est clair, dit Biden

Présidentielle américaine

Le lien entre le réchauffement et les événements extrêmes est clair, dit Biden

James McCarten
La Presse Canadienne
WASHINGTON — Donald Trump est un «pyromane climatique», a avancé son adversaire démocrate, lundi, alors que l’enjeu des changements climatiques s’est heurté à la politique présidentielle américaine dans le cadre de la course à la Maison-Blanche.

Joe Biden a choisi d’exploiter le mépris de M. Trump envers la crise climatique au moment même où le président sortant se rendait en Californie pour faire le point sur les violents incendies de forêt qui font rage le long de la côte ouest des États-Unis.

Pour M. Biden, l’arrivée d’un ouragan de catégorie 1 dans le golfe du Mexique au large de la Floride, avec un barrage de tempêtes tropicales qui s’aligne derrière lui dans l’océan Atlantique, n’aurait pas pu survenir à un meilleur moment.

«Le déni climatique de Donald Trump n’a peut-être pas provoqué ces incendies, ces inondations et ces ouragans records, mais s’il obtient un second mandat, ces événements infernaux continueront de devenir plus courants, plus dévastateurs et plus meurtriers», a prévenu Joe Biden, depuis le Delaware.

Comme il l’avait fait il y a deux ans, Donald Trump a tenté lundi d’attribuer les incendies de forêt californiens à l’incapacité de l’État à procéder à un «ratissage et nettoyage» approprié de ses sols forestiers.

Une soixantaine de pompiers québécois participent actuellement à la lutte contre un brasier dans le nord Californie, et Ottawa ne prévoit pas dépêcher d’autres renforts à moins qu’on lui en fasse la demande.

Lors de la mise à jour de lundi, Jake Cagle, du Service des forêts des États-Unis, a toutefois signalé que les ressources commencent à manquer.

Et la fumée qui se dégage des feux se fait déjà sentir de l’autre côté de la frontière canado-américaine, relève le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, qui représente la circonscription de Vancouver Nord. Il dit y voir une «leçon importante pour nous tous sur le fait que nous devons réfléchir à la crise qui se profile à l’horizon», c’est-à-dire la crise climatique.

Trump augmente ses dépenses publicitaires pour contrer Biden

Présidentielle américaine

Trump augmente ses dépenses publicitaires pour contrer Biden

Brian Slodysko
Associated Press
WASHINGTON — La campagne de réélection du président Donald Trump annonce qu’elle augmente ses dépenses publicitaires dans les États cruciaux, une décision qui intervient face à l’inquiétude croissante de certains de ses alliés de voir le démocrate Joe Biden la dépasser ces dernières semaines.

La campagne Trump a annoncé mardi l’achat à «huit chiffres» d’annonces, mais a refusé de dire spécifiquement combien sera dépensé dans des États qui incluent la Caroline du Nord, la Floride, la Géorgie, le Michigan, le Minnesota, le Wisconsin, l’Arizona et la Pennsylvanie. La campagne a également déclaré qu’elle avait l’intention de diffuser des annonces ciblant des districts du Congrès du Maine et du Nebraska — deux États où le gagnant ne remporte pas tous les électeurs en jeu.

M. Trump a une capacité démesurée à attirer l’attention des médias nationaux et s’est souvent montré apte à façonner les termes du débat politique à son avantage. Mais après avoir peiné à éroder considérablement la position de M. Biden dans les sondages d’opinion publique, la publicité reste l’un des meilleurs outils disponibles pour aider à modifier la trajectoire d’une élection qui approche rapidement.

Cela présente un dilemme aux enjeux élevés aux responsables des dépenses de la campagne Trump, à un moment où les démocrates ont fracassé les records de collecte de fonds et plus que comblé le formidable avantage financier dont jouissaient précédemment les républicains.

«La campagne publicitaire de cette semaine poursuit notre plan stratégique pour suivre les dates du calendrier, les États qui votent tôt, les données qui guident toujours notre prise de décision et notre chemin», a déclaré dans un communiqué le directeur de campagne de M. Trump, Bill Stepien.

100 M$ pour Bloomberg

Pourtant, alors même que la campagne annonçait cet engagement renouvelé, elle continuait d’être dépassée par M. Biden. Selon les données de la société Kantar / CMAG, le candidat démocrate a également réservé une quantité importante de temps d’antenne dans des États que M. Trump a remportés facilement en 2016, dont 15 millions $ US pour l’Ohio.

La campagne Trump a également brusquement annulé une partie de son temps d’antenne à la dernière minute, y compris une série de publicités qui devaient être diffusées la semaine dernière en Arizona, au New Hampshire et en Pennsylvanie. La campagne a expliqué que ces décisions faisaient partie d’un changement plus large des dépenses publicitaires.

Pendant ce temps, dans l’État adoptif de M. Trump, en Floride, l’ancien maire milliardaire de New York Michael Bloomberg a annoncé le week-end dernier qu’il dépenserait au moins 100 millions $US de son propre argent pour vaincre M. Trump à cet endroit. Cela risque de désavantager M. Trump, à moins qu’il n’augmente les 32,6 millions $US de temps publicitaire qu’il a réservés dans l’État.

Les publicités que M. Trump lance contre M. Biden utilisent la voix de gens ordinaires pour attaquer l’ancien vice-président et essayer de transformer sa longévité en tant que politicien à Washington en désavantage.

«Joe Biden ne pourrait jamais gérer l’économie après la COVID. Il n’y a aucun moyen. Ce serait un désastre, dit une femme identifiée comme la propriétaire d’une petite entreprise. Joe Biden n’a absolument rien fait pour l’Amérique en 47 ans.»

Une autre annonce dépeint M. Biden comme doux envers la Chine et favorable aux «mauvais accords commerciaux» qui ont aidé à délocaliser des emplois bien rémunérés.

Les publicités «se concentrent sur l’économie, qui sera la question déterminante de la course, et opposent le solide bilan économique du président Trump aux 47 années d’échec de Joe Biden», a déclaré la campagne Trump dans un communiqué.

«Les publicités diffusées à la télévision locale à partir de mardi mettent en vedette de vraies personnes dont la vie a été positivement affectée par les politiques du président Trump.»


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COVID: TRUMP COMPARE SA STRATÉGIE À CELLE DE CHURCHILL

Une ex-employée de Facebook accuse le groupe de laxisme face aux manipulations politiques

Monde

Une ex-employée de Facebook accuse le groupe de laxisme face aux manipulations politiques

AFP
Agence France-Presse
NEW YORK — Facebook pourrait en faire davantage pour faire cesser la manipulation politique de sa plateforme par divers gouvernements, estime une spécialiste des données, récemment licenciée par le réseau social.

Dans une note à charge de 6600 mots, publiée lors de son dernier jour chez Facebook et obtenue par Buzzfeed News, Sophie Zhang accuse le géant californien d’avoir ignoré ou d’avoir tardé à agir contre de faux comptes utilisés pour saper les élections et la vie politique de nombreux pays.

«J’ai décelé de multiples tentatives flagrantes par des gouvernements étrangers d’exploiter notre plateforme à large échelle dans le but de tromper leurs propres citoyens», y écrit Mme Zhang.

«J’ai du sang sur les mains», poursuit-elle.

Dans l’un des exemples cités, Mme Zhang révèle qu’il a fallu neuf mois à Facebook pour prendre des mesures contre une campagne se servant «d’actifs inauthentiques» utilisés à des fins de manipulation en faveur du président du Honduras Juan Orlando Hernandez.

Le rapport mentionne également des efforts concertés pour harceler, tromper ou manipuler des citoyens en Azerbaïdjan, Ukraine, Bolivie, Équateur, Inde et dans d’autres pays, ainsi que des tentatives de manipulation électorale aux États-Unis et au Brésil.

Le magazine<em> </em>Scientific American soutient Biden, une première en 175 ans

Présidentielle américaine 2020

Le magazine Scientific American soutient Biden, une première en 175 ans

David Bauder
Associated Press
NEW YORK — C’est la première fois en 175 ans d’histoire que le magazine Scientific American appuie un candidat présidentiel, mais son éditrice en chef a confié mardi qu’il n’y a pas eu de grands débats à l’interne avant de se ranger derrière Joe Biden.

Laura Helmuth a expliqué que l’administration du président Donald Trump a été encore pire pour la communauté scientifique que ce qu’elle craignait.

Le magazine a annoncé son choix en ligne mardi, 24 heures après que M. Trump eut remis en question la science des changements climatiques en lien avec les incendies qui ravagent la Californie. Mme Helmuth assure toutefois qu’il s’agit d’une coïncidence et que l’éditorial a été composé au cours des deux derniers mois.

Scientific American écrit que «les preuves et la science démontrent que Donald Trump a fondamentalement endommagé les États-Unis et son peuple en rejetant les preuves et la science».

L’éditorial condamne vertement la gestion de la pandémie de coronavirus par M. Trump. On lui reproche aussi d’avoir sabré dans le financement scientifique et d’avoir nui à la réponse américaine aux changements climatiques.

M. Biden, poursuit le magazine, «a démontré qu’il suit les données et se laisse guider par la science».

Incendies: «Ça finira par se refroidir», lance Trump en Californie

Présidentielle américaine 2020

Incendies: «Ça finira par se refroidir», lance Trump en Californie

Jerome Cartillier
Agence France-Presse
Laurent BANGUET
Agence France-Presse
Cyril Julien
Agence France-Presse
MCCLELLAN PARK — «Ça finira par se refroidir»: le président Donald Trump a balayé lundi d’une phrase les inquiétudes sur le réchauffement climatique lors d’une visite en Californie, en proie comme toute la côte Ouest des États-Unis à des incendies meurtriers d’une ampleur historique, aggravés par une sécheresse chronique. 

Les dizaines de brasiers qui dévastent la côte depuis des jours ont déjà fait au moins 35 morts depuis le début de l’été, dont 27 rien que cette semaine dans les trois États de Washington, Oregon et de Californie.

«Ça finira par se refroidir», a assuré le président américain lors d’un échange avec Wade Crowfoot, un responsable local de l’agence de protection des ressources naturelles de Californie.

«Je ne pense pas que la science sache réellement», a ajouté le candidat républicain, qui tient régulièrement des propos climatosceptiques.

«Les preuves observées parlent d’elles-mêmes: le changement climatique est réel et il aggrave» les incendies, a insisté pour sa part Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie.

Le président américain a effectué lundi un bref déplacement à Sacramento, la capitale de l’État, pour s’informer de la situation avant de repartir pour faire campagne en Arizona.