Richard Bergevin, président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie

Près de 20% des enseignants optent pour une tâche réduite

Le nombre d’enseignants de la CSRS qui ont opté pour une réduction de tâche est important. Des 1230 enseignants réguliers, 222 ont choisi cette option en 2016-2017, soit 18 pour cent, une statistique qui appuie l’hypothèse de la surcharge de travail des enseignants à la CSRS selon le syndicat.

Une réduction de tâche se traduit soit en retraite progressive soit en congé sans solde à temps partiel. Au primaire, par exemple, un enseignant peut choisir de travailler 80 pour cent de sa tâche, soit 4 jours sur 5. Au secondaire, il peut demander d’avoir moins de groupes à sa charge.

« Cela signifie que 222 enseignants décident d’eux-mêmes de se priver d’une portion de leur salaire pour avoir plus de temps pour faire leur travail. Bien sûr, il peut exister toutes sortes de raisons personnelles pour choisir de moins travailler, mais plusieurs enseignants nous disent que la journée de congé qu’ils prennent, ils l’occupent en travaillant. Incapables de faire le travail régulière sur un horaire de travail régulier, ils décident de faire leur préparation de cours et leur correction à la maison pour libérer leurs soirs et leurs fins de semaine », déplore le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin.

En 2015-2016,  234 enseignants de la CSRS ont opté pour une tâche réduite, soit 21 pour cent des 1095 enseignants réguliers, et en 2014-2015, 271 enseignants ont fait ce choix, soit 26 pour cent des 1038 enseignants réguliers.

«Je n’ai pas d’explications fines pour justifier ces variations, mais on peut conclure qu’environ 20 pour cent des enseignants ont une tâche réduite année après année, c’est une proportion significative», note M. Bergevin.

Un automne difficile

«Cet automne, on reçoit beaucoup d’appels de la part des enseignants. On sent une fragilité chez ces derniers, car ils se retrouvent dans des situations où ils n’ont pas la capacité de régler tous les problèmes, remarque M. Bergevin. Certains élèves ont besoin de l’aide de personnel spécialisé externe, un orthopédagogue ou éducateur spécialisé, mais les services ne sont pas au niveau des besoins. Si l’enseignant a à sa disposition six heures par semaine d’othopédagogue et que trois de ses élèves auraient besoin de 6 heures d’orthopédagogie selon le plan d’intervention, l’enseignant doit faire des choix déchirants. Au quotidien, ça devient une pression psychologique, car on ne gère pas des cannes de conserve, on gère des enfants. Et voir un enfant en souffrance qui vit des échecs quotidiens tout en sachant qu’on n’a pas la possibilité de l’aider, c’est difficile.»

Cette année, les appels au syndicat sont plus nombreux et plus tôt dans l’année scolaire. «Habituellement, les problèmes le plus importants ressurgissent au mois de novembre ou début décembre lorsque la première étape se termine et que les enseignants commence à mal se sentir et avoir besoin de services médicaux», spécifie le représentant syndical.

Congés de courte durée

Par ailleurs, les quelque 8,5 M$ de dépenses en assurance salaire payées par la CSRS au cours des deux derniers exercices financiers n’incluent pas les dépenses liées aux jours sporadiques d’absence au travail pour cause de maladies de courte durée, comme un rhume ou une gastroentérite. Dans ces cas, les employés puisent à même les banques de congés de maladie, dont le revenu est maintenu à 100 pour cent, alors que le revenu est réduit dans le cas des congés prolongés pour maladie.

Pour l’année scolaire se terminant en 2016, la CSRS compte 6433 journées d’absences dans les banques de jours de congé de maladie. Pour l’année scolaire se terminant en 2015, elle compte 6760 journées d’absences dans les banques de jours de congé de maladie.

Les enseignants réguliers ont droit à six jours de ce type de congé par année.

« Depuis juin dernier, les enseignants qui n’utilisent pas la totalité de ces journées de maladie peuvent se les faire rembourser à la fin de l’année scolaire. Alors on peut présumer que s’ils les utilisent, c’est qu’ils étaient vraiment malades. Ce sera intéressant de voir les dernières données », souligne M. Bergevin.