La conseillère Évelyne Beaudin souhaite que les séances préparatoires pour l’élaboration du budget 2019 soient publiques et que les citoyens puissent y assister pour mieux comprendre les décisions prises par les élus.

Préparation du budget : Sherbrooke Citoyen veut plus de transparence

La conseillère Évelyne Beaudin tentera d’influencer ses collègues, lundi prochain, pour que les séances préparatoires pour l’élaboration du budget 2019 soient publiques.

Mme Beaudin a demandé à ce que le sujet soit ajouté à l’ordre du jour du conseil municipal de manière à obtenir publiquement l’opinion des autres élus. Il semble toutefois que le sujet fera l’objet de discussions... à huis clos. La proposition est calquée sur les pratiques déjà appliquées dans les villes de Gatineau et de Montréal. L’ex-conseillère Hélène Dauphinais avait essuyé au moins trois refus à une proposition semblable lors du dernier mandat.

Lors du dernier vote sur la question, Mme Dauphinais avait rallié Jean-François Rouleau, Pierre Tardif, Annie Godbout et Marc Denault. Parmi les raisons évoquées par les opposants de l’idée, on note la crainte d’autocensure de certains élus, dont le comportement serait modifié par la présence des citoyens et des médias. On affirmait aussi qu’il serait illusoire de penser que les médias assisteraient à tout l’exercice, qui dure une journée et demie.

« Toutes les actions que nous proposons sont basées sur le fait que les gens sont intelligents. Mais ils ne pourront jamais comprendre pourquoi nous faisons les choses si nous ne leur expliquons pas. Si on doit augmenter les taxes, par exemple, il est important qu’ils comprennent la logique et nous ne pourrons jamais expliquer les raisons en détail en deux ou trois pages », commente Évelyne Beaudin.

« Il est important que les gens sachent les positions politiques des élus pour savoir ce qu’ils feront aux prochaines élections. Le budget donne vraiment l’orientation politique de toute l’année. »

Mme Beaudin rejette l’argument selon lequel des élus pourraient éviter de s’exprimer si les réunions étaient publiques. « Ça fait partie du travail des élus de se prononcer publiquement. S’ils ne sont pas prêts à dire à haute voix ce qu’ils pensent, ils ne sont peut-être pas faits pour être élus. Des excuses, ils en trouveront toujours pour tout faire derrière des portes closes. C’est tellement facile de ne pas être transparent. »

Si la conseillère de Sherbrooke Citoyen rend sa proposition publique avant la tenue du conseil, c’est peut-être un peu parce qu’elle s’attend à de la résistance. « Souvent, je me bute à une certaine adversité. Même pour les choses les plus élémentaires, je rencontre de la résistance. Si ce n’est pas inscrit à l’ordre du jour, ce sera parce que des gens auront choisi de se défiler. »

Mme Beaudin avoue avoir cherché des appuis auprès de ses collègues mais n’avoir aucun allié confirmé. « Les personnes que j’ai approchées étaient hésitantes. C’est normal, parce que c’est quelque chose de nouveau. Mais de penser que les gens n’assisteront pas parce que l’exercice est trop long, c’est de décider pour les citoyens. Les études de crédit à Québec durent deux semaines et elles sont publiques. »

Évelyne Beaudin rappelle que le maire Steve Lussier a fait campagne sur la transparence et qu’elle s’attend à ce qu’il partage sa position. « S’il a fait une campagne sur la transparence, il a une dette envers la transparence. Si la Ville est un vrai gouvernement, qu’elle prouve son sérieux en faisant ses choses publiquement. »

La conseillère estime qu’il serait plutôt facile de rendre ces discussions publiques et que, dans un deuxième temps, l’an prochain par exemple, il pourrait être question de consultations budgétaires et de budgets participatifs.