Le Sherbrookois Allen Byrns (à dr.) est l’heureux premier greffé québécois pour améliorer la rigidité de sa cornée, un exploit réalisé par l’ophtalmologiste Mazen Choulakian.
Le Sherbrookois Allen Byrns (à dr.) est l’heureux premier greffé québécois pour améliorer la rigidité de sa cornée, un exploit réalisé par l’ophtalmologiste Mazen Choulakian.

Première greffe québécoise pour améliorer la rigidité de la cornée

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Depuis son opération du 5 février dernier, le Sherbrookois Allen Byrns peut maintenant mieux distinguer les chiffres et les lettres. Il est l’heureux premier greffé québécois pour améliorer la rigidité de sa cornée.

C’est une spécialiste du CIUSSS de l’Estrie – CHUS qui a réussi l’exploit à partir d’une technique développée aux Pays-Bas. L’opération de deux heures réalisée par l’ophtalmologiste Mazen Choulakian a permis à M. Byrns, souffrant de kératocône, d’améliorer grandement sa vision.

« J’en souffre depuis l’âge de 14 ans, lance-t-il. Lors des examens de la vue, je n’ai jamais pu distinguer le gros E en haut de l’affiche. »

« Ça va très bien aujourd’hui. Je commence à mieux voir les lettres sur mon clavier d’ordinateur. »

Le kératocône est une déformation de la cornée qui s’amincit progressivement, perd sa forme sphérique et prend un aspect de cône irrégulier, ce qui affecte la vue. Cette maladie touche un Canadien sur 500. 

S’il est très sévère, le kératocône risque d’entraîner une perte de vision importante, voire la cécité, ajoute le Dr Choulakian. Une greffe de cornée peut devenir nécessaire.

Fort d’une technique apprise lors de congrès internationaux, le Dr Mazen Choulakian a procédé à une greffe de la membrane de Bowman dans la cornée. Il s’agit d’une couche de collagène rigide et naturellement présente dans l’œil, et qui aide à préserver la forme sphérique de la cornée. Or, la membrane de Bowman est absente ou fragmentée dans l’œil atteint de kératocône, d’où l’intérêt de la greffe.

« Nombreux avantages »

« Cette nouvelle technique comporte de nombreux avantages, comme une guérison plus rapide que les chirurgies traditionnelles de la cornée, pas de point de suture dans l’œil, très faibles risques de complications ou de rejet du greffon », décrit-il.

« Qui plus est, puisque la cornée retrouve davantage sa forme sphérique, le port de verres de contact redevient possible si nécessaire. »

À cause de son kératocône, Allen Byrns ne voyait presque plus de mon œil gauche depuis longtemps. La membrane provient d’une personne décédée. La convalescence de M. Byrns a duré deux semaines.

« Les lunettes et le laser étaient inutiles, et je ne pouvais pas songer aux verres de contact non plus. J’étais un cas extrême!, déclare-t-il. Le Dr Choulakian m’a convaincu. J’étais entre bonnes mains. »

« La nouvelle technique de greffe de la cornée du Dr Choulakian a changé ma vie. Les effets secondaires ont été mineurs et j’ai vite repris le travail. Mais le plus merveilleux, c’est qu’une semaine après l’opération, ma vision s’était déjà améliorée. Et ça va continuer! », se réjouit M. Byrns.

Le Dr Choulakian est spécialisé dans les maladies de la cornée et du segment externe de l’œil. Il offre à ses usagers de nouvelles techniques en greffe lamellaire de la cornée, ainsi qu’en chirurgie complexe du segment antérieur. 

En plus de sa pratique médicale au CIUSSS de l’Estrie – CHUS, le Dr Choulakian est professeur adjoint à la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke. Il est aussi directeur du programme de résidence en ophtalmologie de l’Université de Sherbrooke.

La première greffe québécoise pourra déboucher sur d’autres dans le futur, assure-t-il. Une patiente en attente pourrait bien être la prochaine à en bénéficier.