La communauté musulmane, qui compte environ 5000 membres en Estrie, aimerait trouver un terrain d'environ trois acres pour aménager son propre cimetière.

Pourquoi un cimetière réservé à la communauté musulmane?

Il y a près d'une quinzaine d'années maintenant que la communauté musulmane sherbrookoise cherche un terrain pour y établir un cimetière. À l'heure où des cimetières multiconfessionnels offrent des lots à l'ensemble des communautés culturelles, est-il encore pertinent de chercher un lopin de terre réservé aux musulmans? Abdelilah Hamdache, président de l'Institut des mondes arabe et musulman de l'Estrie, estime que oui.
« Ça fait partie des rites funéraires musulmans d'être enterrés dans un cimetière musulman. La façon d'enterrer les morts est différente. Le site doit être clôturé, de préférence, et normalement, il n'y a pas de monuments. Chez nous, on enterre les corps directement dans la terre, mais ici, pour respecter les règles, nous utilisons des cercueils. Pour nous, l'enterrement se fait le plus rapidement possible et l'orientation de la tombe est importante », explique M. Hamdache.
« Si certains sont à l'aise avec un cimetière multiconfessionnel, il n'y a aucun problème, mais nous voulons que les gens soient enterrés selon leurs volontés. »
Chiites et sunnites pourraient se partager un même espace. « À Montréal, ils ont acheté un terrain pour tout le monde et ils ont fait deux sections différentes. C'est une discussion que les sunnites et les chiites pourront avoir entre eux parce qu'ils ont des rites qui diffèrent un peu. »
Selon Abdelilah Hamdache, la communauté musulmane en Estrie compte environ 5000 membres. Un terrain de trois acres serait nécessaire pour permettre non seulement aux Sherbrookois, mais aussi aux Estriens de confession musulmane d'être portés à leur dernier repos dans leur propre cimetière.
« J'ai l'intention de contacter M. le maire pour discuter des terrains potentiels. Nous avons cherché là où le zonage le permet déjà, mais nous n'avons rien trouvé. On nous a proposé un terrain de 1,25 hectare il y a dix ou douze ans, mais cette option n'était plus disponible. »
Des discussions avaient alors été amorcées avec l'archevêché de Sherbrooke pour occuper une portion du cimetière Saint-Michel. « Nous avons demandé au ministère des Finances de nous reconnaître comme un organisme de charité, mais ça nous a été refusé. Nous ne pouvions donc pas ramasser les 125 000 $ nécessaires pour préparer le cimetière convenablement. Nous avons relancé les démarches il y a trois ou quatre ans, mais elles sont accélérées par les événements qui sont survenus à Québec. »
La communauté musulmane a par ailleurs étendu ses recherches à l'extérieur de Sherbrooke.
Pour le moment, les défunts de la communauté sont le plus souvent enterrés à Laval. Certains optent pour un cimetière multiconfessionnel à Sherbrooke alors que d'autres sont rapatriés dans leur pays d'origine.
« Le plus important pour nous était de commencer les démarches. Nous souhaitons avoir notre cimetière le plus tôt possible. Le deuil se vit toujours mieux quand nous avons un endroit où nous pouvons nous recueillir. »
Des cimetières musulmans existent déjà à Laval et Brossard. Outre Sherbrooke, Lévis et Saguenay pourraient aussi avoir leur lieu de sépulture musulman prochainement.