Pourquoi pas un registre la fin de semaine ?

Les conseillers Pierre Avard et Pierre Tremblay reviennent à la charge pour critiquer le processus de signature de registre dans le dossier Well inc. Ils déplorent que la loi ait fait passer le nombre de signatures requises pour provoquer un référendum de 2887 à 8702 sans que la logistique entourant l’exercice soit adaptée.

Dans un communiqué, les deux hommes mentionnent qu’« on a utilisé le même scénario que celui qui a servi pour le plan d’urbanisme de 2007. [...] Une organisation inadéquate qui aurait à coup sûr pour résultat l’impossibilité mathématique pour les citoyens et citoyennes d’obtenir la tenue d’un référendum. Une réelle volonté politique de connaître l’opinion [des citoyens] [...] aurait été d’assurer l’ouverture d’un registre dans chacun des arrondissements de la ville. »

MM. Avard et Tremblay proposent aussi de planifier la tenue du registre du mercredi au dimanche pour permettre à ceux qui travaillent le jour, en semaine, d’exercer leur droit. « D’autres avaient des objectifs différents. [...] De quoi avons-nous peur? Que les citoyens et les citoyennes signent massivement le registre? Que le résultat bloque l’avenir du projet Well inc.? »

Après vérification auprès de la Ville de Sherbrooke, aucune contrainte légale ne l’empêche d’organiser la tenue d’un registre la fin de semaine. La loi prévoit néanmoins que la signature doit se faire pendant cinq jours consécutifs. Les seuls inconvénients seraient de nature logistique et financière, puisqu’il faudrait prévoir un gardien de sécurité et du personnel col blanc.

Pierre Avard et Pierre Tremblay soulignent par ailleurs n’avoir jamais mis en doute le processus légal lui-même.

Par ailleurs, l’Association des locataires de Sherbrooke a elle aussi acheminé un communiqué jeudi pour résumer les doléances des citoyens qu’elle a rencontrés les 8 et 9 janvier. Elle dénonce qu’il n’y ait qu’un seul endroit pour signer le registre.

« La grande surprise fut de constater que toutes les personnes rencontrées s’opposaient soit à l’emprunt de 26 M$ ou à l’ensemble du projet pour différentes raisons dont l’embourgeoisement du quartier, ce qui a conforté l’Association dans sa demande d’un référendum lorsque l’ensemble du projet sera connu. [...] Un projet d’une telle envergure ayant des impacts sur une partie de notre population devrait nécessairement être soumis par voix de référendum lorsque l’ensemble du projet sera connu, et ce, avant sa réalisation », lit-on dans le communiqué.

Lussier veut tenir des séances d'information

Steve Lussier cherche à organiser des soirées d’information sur Well inc. Rien n’est encore confirmé, mais ces soirées se tiendraient probablement début février, une fois que les élus auraient toute la documentation en main, et avant que le conseil se prononce sur le projet.

Le maire de Sherbrooke a confié cette information à La Tribune, jeudi, réitérant qu’il n’a rien à cacher et qu’il souhaite rendre toute l’information publique.

« Mais d’ici là, il n’y a pas d’intérêt à donner une information si on sait qu’elle peut être modifiée en cours de route. Sinon, ça crée de la confusion. »

Dans le même sens, M. Lussier ne s’oppose pas à la consultation populaire qu’organise la conseillère Évelyne Beaudin le 18 janvier. « C’est gentil ce qu’elle veut faire Mme Beaudin, mais elle n’a pas toutes les informations. »

Aux propositions de Pierre Tremblay et Pierre Avard de tenir les journées de signature de registre du mercredi au dimanche, pour permettre aux citoyens travaillant la semaine d’exercer leur droit, Steve Lussier prête une oreille attentive.

« C’est une bonne idée. Nous n’y avions pas pensé. J’aurais toutefois apprécié qu’ils m’en parlent avant de communiquer avec les médias. Ce sont de bonnes personnes. Elles défendent bien leur secteur. Mais il faut améliorer notre communication. »