Pour valoriser son vieux sapin

Les Sherbrookois qui désirent faire valoriser leur sapin de Noël naturel devront avoir déposé leur arbre en bordure de route avant 8 h lundi, et ce, peu importe leur arrondissement. À moins qu’ils ne désirent en faire profiter la nature autrement.

Comme chaque année, la Ville de Sherbrooke se prépare à transformer près de 7000 arbres de Noël en compost, ce qui représente environ 70 tonnes. Même si la collecte durera toute la semaine sur l’entièreté du territoire, la Ville demande aux citoyens de placer leur arbre de façon visible et accessible près de leur entrée d’automobile dès le 6 janvier. 

Toute décoration ou housse de plastique devra avoir été retirée de l’arbre. On demande également aux citoyens de ne pas installer les sapins à la verticale dans les bancs de neige, afin que les employés de la collecte ne les confondent pas avec des arbres vivants.

La Ville de Sherbrooke explique qu’il y a un grand intérêt environnemental à valoriser les sapins, puisqu’« il s’agit de matières organiques et que ce type de matières produit des biogaz et du lixiviat dans les lieux d’enfouissement. »

Les citoyens peuvent également se rendre aux écocentres Michel-Ledoux ou Rose-Cohen toute l’année, où les sapins seront valorisés.

Transformer son arbre en abri

Pour Conservation de la nature Canada (CNC), il existerait cependant une autre façon de mettre son vieux sapin au profit de l’environnement. L’organisme à but non lucratif propose plutôt aux familles de déposer l’arbre sur leur terrain afin que celui-ci profite aux espèces sauvages. Comme l’explique par voie de communiqué le biologiste principal de l’organisme, Dan Kraus, l’arbre pourrait devenir un réel cadeau pour les oiseaux, qu’il soit placé contre une clôture, près d’un arbre ou directement par terre.

« Les conifères fournissent de précieux abris où les oiseaux peuvent se reposer lorsqu’ils visitent votre mangeoire, dit Dan Kraus. De plus, en laissant votre arbre dans le jardin durant l’été, il continuera à offrir un refuge pour la faune et enrichira même le sol en se décomposant. »

Au printemps, lorsque l’arbre aura perdu la plupart de ses aiguilles, il ne suffira que de couper ses branches pour les placer là où poussent les fleurs printanières, explique CNC. Le tronc pourra être déposé ailleurs, à même le sol. 

« L’été venu, votre arbre deviendra un habitat naturel, protégera les fleurs sauvages, retiendra l’humidité et contribuera à enrichir le sol, comme le font les branches et arbres morts dans la forêt. Les crapauds pourront se réfugier sous le tronc, et des insectes, parmi lesquels des pollinisateurs comme l’abeille charpentière, pourront s’y creuser un abri », écrit également l’organisme. 

« À l’automne, les branches et le tronc de votre arbre commenceront à retourner à la terre, renchérit M. Kraus. Bon nombre de nos arbres de Noël, en particulier les épinettes et sapins baumiers, sont très peu résistants à la pourriture et se dégradent rapidement lorsqu’ils sont exposés aux éléments. »

Selon le bureau de l’environnement de la Ville de Sherbrooke, cette solution en est une parmi d’autres et ne contrevient pas aux règlements municipaux.