Olivier Homans et Marc Chabot

Pour un assouplissement des règles sur les Airbnb

La Ville de Sherbrooke continue de réfléchir aux façons d’encadrer les résidences de tourisme promues entre autres par la plateforme Airbnb. De l’aveu du président du comité consultatif d’urbanisme Vincent Boutin, plusieurs citoyens font pression pour que la Ville permette davantage les hébergements de courte durée. Deux d’entre eux ont interpellé les élus la semaine dernière.

Olivier Homans, un entrepreneur en immobilier, rapporte que la location à court terme est de plus en plus populaire. « Je sais que la Ville est déjà en étude sur ce sujet. Ma question est, dans le cas où vous l’accepteriez, dans quelles zones vous pensiez l’accepter? La location à court terme favorise énormément l’économie et le tourisme, mais ça peut devenir un problème. »

Le jeune homme citait Saint-Denis-de-Brompton, où des démarches pour resserrer le contrôle des résidences de tourisme ont été amorcées.

À Sherbrooke, une fronde contre l’hébergement de type Airbnb en 2016 avait permis de réduire le nombre des hébergements jugés illégaux.

« Si vous voulez visiter Sherbrooke et que vous voulez profiter du centre-ville et que le gîte touristique ne vous intéresse pas, la seule option, c’est l’hôtel Times », ajoute Olivier Homans.

M. Homans invite donc les élus à élargir les zones où les résidences de tourisme sont permises.

Le règlement de zonage autorise les résidences de tourisme dans les zones d’habitation situées entre autres au pourtour du lac Magog. Elles sont aussi permises dans d’autres zones où l’usage « commerce » relié à l’hébergement est autorisé. Ces zones se regroupent principalement au centre-ville, sur la rue Queen et au centre des congrès.

Marc Chabot plaide lui aussi pour permettre la présence des hébergements de type Airbnb. « J’ai suivi des formations en location touristique. Ça m’arrive même de faire de la consultation pour des hébergements qui vivent des difficultés, sauf à Sherbrooke parce que c’est généralement illégal de faire l’hébergement à court terme et il n’y a pas vraiment d’information claire de disponible. »

Au conseil municipal, il a déposé une pétition de 139 noms pour appuyer les résidences de tourisme à Sherbrooke. « Pour nous, ça démontre un intérêt majeur », dit-il

M. Chabot souhaiterait notamment la formation d’un groupe de travail pour encadrer le développement des résidences de tourisme pour en arriver à une politique avant la fin de l’année 2019.

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, n’exclut pas que des modifications soient apportées au règlement actuel. « Est-ce que c’est un enjeu prioritaire? Dans tous les dossiers qui concernent l’urbanisme, ce n’est pas peut-être pas celui pour lequel nous dégagerons une ressource à temps plein. Je pense qu’il est réaliste d’arriver à quelque chose pour la fin de l’année 2019. »

Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, mentionne que c’est à la demande des gîtes touristiques que la Ville avait limité les zones où l’hébergement en Airbnb est permis. « Les gîtes paient une taxe que les Airbnb ne paient pas. Les hôteliers nous ont aussi fait part de ce problème à l’époque. D’autres personnes nous ont contactés pour que nous réévaluions la situation. À Québec semble-t-il qu’une réflexion est faite sur l’hébergement à court terme. C’est dans notre cahier pour voir ce qui se fait à l’heure actuelle en tendance. De mémoire, le ministère du Revenu est sur la question de l’hébergement à court terme pour essayer d’aller chercher de la taxation. Nous ne sommes pas les seuls à regarder ce qui se fait, mais on va arrimer tout ça avec la politique du gouvernement. »

M. Boutin ajoute que si l’hébergement à court terme était permis à plus grande échelle, il faudrait sûrement « un mécanisme pour que les mêmes règles s’appliquent pour tout le monde ». 

Yves Tremblay, directeur du Service de la planification urbaine et du développement durable, dit pour sa part qu’il faudrait aussi considérer comment le tourisme s’insère dans les quartiers existants.

Le maire Steve Lussier a précisé que 112 publications pour des résidences de tourisme avaient été relevées à Sherbrooke en 2016. On en comptait 161 en 2017. « C’est un dossier qui progresse. Il faut le regarder aussi à l’Union des municipalités du Québec. »