Loryanne Côté, 17 ans, est l'héroïne du parcours de la Découverte de Sherbrooke du Tour CIBC Charles-Bruneau cette année. La jeune Estrienne, qui est en rémission d'un cancer des ganglions, encourageait les cyclistes venus pédaler au Carrefour de l'Estrie pour amorcer la collecte de fonds.

Pour qu'ils puissent tous guérir, « comme moi »

Depuis le jour où elle a reçu un diagnostic de cancer des ganglions, en avril 2019, Loryanne Côté a beaucoup appris. La jeune Estrienne a entre autres réalisé la richesse de son entourage et la futilité des caprices du quotidien, mais surtout, elle a découvert le rôle crucial de la recherche sur cette vicieuse maladie.

« Avant, tellement de jeunes mouraient. Maintenant, beaucoup plus peuvent guérir. Comme moi ! » s’exclame-t-elle.

Cette année, ce seront Loryanne et son goût pour la vie qui motiveront les troupes du parcours de la Découverte du Tour CIBC Charles-Bruneau au départ de Sherbrooke le 6 juin, et elle ne pourrait en être plus fière. Celle-ci a d’ailleurs vécu un avant-goût de l’aventure, samedi, alors que des cyclistes participants étaient venus pédaler au Carrefour de l’Estrie pour amorcer leur collecte de fonds et promouvoir la 25e édition du tour.

« J’ai été traitée dans l’unité d’oncologie pédiatrique Charles-Bruneau à Sherbrooke, explique-t-elle. C’était tellement une belle aile, avec tout plein de couleurs, et je pouvais me coucher près des grandes fenêtres au soleil quand ça n’allait pas. Ça me fait tellement plaisir d’être l’héroïne du parcours cette année. C’est vraiment une cause importante, et si mon implication peut aider les gens à réaliser que ça peut réellement arriver à n’importe qui, c’est exactement ça que je veux. »

En rémission depuis le mois d’août, la Bromontoise de 17 ans affirme avoir un bon moral. « Ça a été un été difficile, mais ça va vraiment mieux aujourd’hui », confie-t-elle.

Si elle passe le cap des cinq années sans récidive, ce sera la fête : elle n’aura pas plus de chances que le commun des mortels de développer un cancer.

Pour l’instant, elle se concentre sur son avenir. À travers des sessions allégées au Cégep de Granby en arts et lettres, elle développe un grand intérêt pour les communications.

Même si les souvenirs qu’elle conserve de ses quatre mois de chimiothérapie et de radiothérapie méritent en bonne partie d’être oubliés, d’autres seront certainement conservés, dit-elle, pensant notamment à l’oncologue Josée Brossard, qui pédale d’ailleurs au Tour Charles-Bruneau depuis plusieurs années en tant que porte-parole.

« Elle était toujours disponible. Ma mère posait toujours 1000 questions, et elle répondait à toutes, même si elle avait toujours plein de choses à faire. Elle était pleine de chaleur. On a toujours l’image d’une publicité vraiment intense lorsqu’on pense à un diagnostic de cancer. Oui, c’était triste et difficile, mais elle a trouvé les bons mots et la bonne façon de nous l’annoncer. »

Un diagnostic presque chaque jour

Il y a trente ans, au moment de la création de la Fondation Charles-Bruneau, le taux de rémission des cancers pédiatriques était de 30 %, explique Marie-Claude Lachance, directrice des communications à la Fondation Charles-Bruneau. Aujourd’hui, la recherche a fait gonfler ce pourcentage à 80 %. « On veut pouvoir les aider à guérir à 100 %, mais on veut en plus pouvoir les aider à mieux guérir. Déjà, grâce à la recherche, il y a des enfants qu’on soigne et qu’on n’aurait pas pu sauver il y a trois ans », dit-elle, indiquant que presque tous les jours, un enfant reçoit un diagnostic de cancer au Québec.

La Fondation Charles-Bruneau a d’ailleurs pris l’engagement d’investir un total 26 M$ dans les travaux de recherche sur les cancers pédiatriques d’ici 2022.

L’argent qui sera amassé lors du parcours de la Découverte du 6 juin sera investi dans des projets de recherche en Estrie. L’événement, qui implique un trajet de 50 ou de 80 km à vélo, réunit habituellement une centaine de cyclistes, mais « si on peut en avoir plus, ce serait vraiment super! » insiste Mme Lachance.

Les 9 et 10 juillet, les cyclistes plus aguerris pourront prendre part à un trajet de deux jours au départ de Sherbrooke pour rejoindre des participants de partout de la province à Boucherville.