Pour qui voteront le Maine, le Vermont et le New Hampshire ?

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Dans un peu plus de deux semaines, les électeurs américains auront fait leur choix. Qui de Donald Trump ou Joe Biden est le plus apte à occuper les fonctions de président des États-Unis? Parmi les 50 États appelés à se prononcer, trois d’entre eux partagent une frontière commune avec l’Estrie: le Maine, le New Hampshire et le Vermont.

Comment se dessine la lutte dans ces trois États? Voici un survol sommaire de la situation, question de suivre la soirée électorale du 3 novembre d’un œil… plus régional. 

Maine

À moins d’un revirement de dernière minute, la course à la présidence est pratiquement scellée dans l’État du Maine. En date du 13 octobre, le sondeur FiveThirtyEight accordait 54,6 % des intentions de vote à Joe Biden, contre 39,2 % pour Donald Trump. Une avance qui ne s’est pas démentie pour Biden depuis avril.

À cela s’ajoute qu’au scrutin de 2016, Hillary Clinton avait recueilli 47,8 % des suffrages contre 44,8 % pour Donald Trump.

Cela fait dire à plusieurs observateurs que la véritable bataille, le 3 novembre, dans l’État du Maine, risque d’être celle entourant l’élection de la prochaine sénatrice qui représentera cet État à Washington.

L’actuelle titulaire, la républicaine Susan Collins, pourrait perdre son poste aux mains de son adversaire démocrate, Sara Gideon, l’actuelle présidente de la Chambre des représentants du Maine. 

Un sondage, publié à la fin de septembre auprès de 847 électeurs, accordait 45 % des voix à la candidate démocrate contre 41 % pour la sénatrice Collins, avec une marge d’erreur de 3 %.

Susan Collins, qui siège à Washington depuis près d’un quart de siècle, est une figure de proue du Parti républicain. Reconnue pour ses prises de position qui vont à l’encontre de son parti, elle s’est opposée à quelques reprises aux politiques de Donald Trump depuis l’arrivée de ce dernier à la Maison-Blanche.

Sara Gideon, qui en est à sa première expérience sur la scène fédérale, est une figure montante de la scène politique au Maine. Elle s’est fait connaître de ce côté-ci de la frontière en s’opposant à Hydro-Québec lors du référendum portant sur le projet de ligne d’interconnexion. 

New Hampshire

Qu’il soit républicain ou démocrate, tout aspirant à la présidence des États-Unis sait que le chemin menant à la Maison-Blanche passe inexorablement par les Montagnes Blanches. 

C’est qu’on ne badine pas avec la politique au New Hampshire. Malgré son poids relatif en termes d’électeurs, le New Hampshire fait néanmoins partie de ces États pivots auxquels l’Amérique porte une attention particulière le soir des élections.

Tradition oblige, la douzaine d’électeurs de Dixville Notch (à moins d’une heure de Coaticook) seront les premiers à voter, dès minuit, le 3 novembre, perpétuant ainsi une coutume voulant que le New Hampshire soit le premier État à voter (« First in the Nation »).

Malgré son image d’État conservateur liée à sa devise « Live Free or Die » (Vivre libre ou mourir), tout indique que le New Hampshire s’apprête à accorder à nouveau sa confiance au candidat démocrate, comme il l’avait fait en 2016 à l’égard d’Hillary Clinton. 

La compilation des sondages menés par FiveThirtyEight depuis avril accorde en effet 53,6 % des intentions de vote à Joe Biden contre 42,7 % pour le président sortant Donald Trump.

Vermont

Peut-on s’imaginer le Vermont voter majoritairement en faveur de Donald Trump? Poser la question, c’est un peu y répondre, diront certains. D’autant plus qu’on parle ici des vallées verdoyantes d’un sénateur ayant pour nom Bernie Sanders, dont les convictions socialistes n’ont d’égales que son aversion pour le capitalisme à la Trump.

Cela dit, les électeurs du Vermont sont inquiets à l’approche des élections du 3 novembre. Une inquiétude liée aux embuches qu’entraîne le coronavirus sur l’organisation du scrutin, notamment sur le vote postal. 

Les ennuis financiers auxquels est confronté le service postal américain (USPS) font craindre le pire quant à la validité du scrutin. Malgré les garanties fournies par les dirigeants du service postal, le Procureur général du Vermont, TJ Donovan, a néanmoins déposé une poursuite contre l’USPS à la suite des compressions annoncées dans le personnel et les équipements servant à trier le courrier. Le syndicat des postiers a confirmé que des équipements de triage ont été retirés récemment au bureau de poste de White River Junction.

Le taux de participation sera donc un facteur à surveiller le 3 novembre. En 2016, deux électeurs sur trois (67,95 %) ont pu exercer leur droit de vote, procurant ainsi à Hillary Clinton une victoire sans équivoque sur Donald Trump.