Aux yeux de François Danis, intervenant auprès de toxicomanes depuis 18 ans, l'important est de tenir les jeunes loin des drogues dures.

Pour du pot de meilleure qualité

Intervenant auprès des toxicomanes depuis 18 ans, François Danis estime que la légalisation du cannabis comporte plusieurs aspects positifs.
« Un des problèmes majeurs avec le pot, c'est que les jeunes achètent leur stock dans la rue de n'importe quel vendeur. On retrouve tellement d'éléments chimiques dans ce pot que les personnes vulnérables peuvent faire des psychoses », soutient M. Danis.
À l'inverse, la vente de marijuana par le gouvernement assurerait du pot sans agents chimiques.
« Le vendeur dans la rue a intérêt à proposer d'autres drogues plus chères, mais également plus fortes telles que du speed, de la cocaïne ou de l'héroïne. Acheter sa marijuana dans un espace non criminalisé évitera ce genre de situation courante », poursuit-il.
M. Danis consent qu'il pourrait y avoir une augmentation de la consommation de pot avec sa légalisation.
« Peut-être au départ. Mais de ce que j'ai lu, il n'y a pas eu d'augmentation significative dans les pays ou États qui l'ont légalisé. »
L'intervenant soutient par ailleurs que la consommation excessive d'alcool est autant - si ce n'est plus grave - que le fait de fumer des joints.
« L'alcool est, selon moi, encore plus dommageable que le pot puisqu'elle crée une dépendance physique. À l'inverse, le pot crée une dépendance psychologique. Et quelqu'un qui souffre de dépendance psychologique c'est qu'il a un problème avec lui-même et qui développera une dépendance quelque part », croit l'intervenant au Tremplin depuis 15 ans qui souligne que le contexte de consommation est important.
« Il y a une différence entre fumer un joint en compagnie d'autres gens ou devoir fumer plusieurs joints par jour. C'est la même chose avec l'alcool. Quelqu'un qui n'est pas capable de prendre une bière sans en enfiler 10 autres a un véritable problème. L'alcool entraîne une désorganisation totale », affirme M. Danis.
Selon lui, l'important est de tenir les jeunes loin des drogues dures. « En ce moment, le speed fait des ravages. Sur la Wellington Sud, nous avons plusieurs personnes aux prises avec ça. Moi même l'autre jour je me suis fait offrir de l'héroïne. En allant chercher son pot dans une succursale près de chez soi, on va au moins éviter ce genre de rencontre. »
Claude Leblanc ne mâche pas ses mots lorsqu'il est question du projet de loi sur la légalisation de la marijuana. « Est-ce que le gouvernement veut détruire la société? » questionne-t-il.
« Un jour sombre pour le Canada », selon Claude Leblanc
«C'est un jour sombre pour le Canada. »
Claude Leblanc ne mâche pas ses mots lorsqu'il est question du projet de loi sur la légalisation de la marijuana. « Est-ce que le gouvernement veut détruire la société? » questionne-t-il.
Avec 45 années d'expérience dans le milieu correctionnel, le Sherbrookois estime avoir vu assez de vies brisées par la drogue.
« Une société gelée ce n'est pas constructif. À la place de donner un joint à nos jeunes, est-ce qu'on pourrait leur donner un coup de main dans la vie pour se trouver un emploi par exemple? » poursuit-il
M. Leblanc est convaincu que la légalisation du cannabis entraînera une hausse du nombre de consommateurs.
« C'est sûr qu'il y a plus de monde qui vont consommer, ça va être légal! Et ne venez pas me dire que le crime organisé va se retirer de la vente. Les gens vont continuer de consommer le pot du crime organisé parce qu'il va être plus fort que celui du gouvernement », croit M. Leblanc qui s'inquiète également pour la prise de drogue et la conduite automobile.
Selon lui, 80 % des gens qui purgent une peine de prison ont des problèmes de consommation.
« Ils consomment, puis tombent dans de plus gros délits. Élimine la drogue et les prisons seront vides », affirme-t-il.