Louise La Branche est une citoyenne de Maricourt qui s’oppose au projet de porcherie.
Louise La Branche est une citoyenne de Maricourt qui s’oppose au projet de porcherie.

Porcherie: la MRC confirme une consultation publique le 9 septembre

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
La MRC du Val-Saint-François a confirmé la tenue d’une rencontre publique de consultation sur le projet de porcherie dans le Canton de Valcourt. La date retenue est le 9 septembre, en deux séances de deux heures chacune pour permettre à 80 personnes au total d’y participer.

Tel qu’attendu, le conseil des maires de la MRC a ainsi répondu positivement, mercredi, à la demande du maire de Canton de Valcourt Patrice Desmarais de tenir cet exercice public et donc de prolonger la période de consultation au-delà de l’échéancier initial.

La première séance aura lieu de 16 h à 18 h le 9 septembre, et la deuxième de 19 h à 21 h, à la salle communautaire de la Ville de Valcourt, au 820 rue Saint-Joseph. Cet endroit permettra d’accueillir 40 personnes à la fois en respectant les mesures de distanciation physique qui s’imposent avec la COVID-19. 

« Pour participer à l’une de ces deux rencontres, les inscriptions seront obligatoires, précise la MRC dans un avis public. La période d’inscription sera du 26 août au 2 septembre inclusivement et une limite de deux personnes par résidence sera permise. Les inscriptions reçues avant le 26 août et après le 2 septembre ne seront pas considérées. »

Puisque le nombre de places est limité, la MRC va également prioriser, dans cet ordre, les citoyens du Canton de Valcourt et de Maricourt, les citoyens de Valcourt, puis ceux de la MRC du Val-Saint-François. Pour toutes les autres villes et municipalités, elle fonctionnera par date d’inscription.

Rappelons que le projet de porcherie mené par la Ferme Érabboeuf prévoit la construction de deux bâtiments pour 3996 porcs d’engraissement et d’un réservoir en béton armé pour l’entreposage du lisier liquide sur un terrain situé au 5124, route 222 dans le Canton de Valcourt, aux limites de la municipalité de Maricourt.

Le projet a obtenu son certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement en juin et il a été jugé conforme au règlement d’urbanisme de la Municipalité du Canton de Valcourt. Avant de délivrer le permis de construction, la Municipalité doit néanmoins tenir une consultation pour déterminer si des mesures d’atténuation sont nécessaires pour assurer une meilleure intégration du projet dans le milieu environnant. C’est la MRC du Val-Saint-François qui se charge de cette procédure étant donné son expertise en la matière.

Une consultation a donc été menée entre le 20 juillet et le 11 août, par écrit à cause des contraintes sanitaires liées à la COVID-19, et a soulevé beaucoup de questions chez des citoyens qui s’opposent au projet et qui ont réclamé une rencontre publique.

« L’objectif de la rencontre publique est de présenter le nouveau projet d’implantation porcin, de répondre aux questions à cet égard et de recueillir les commentaires et préoccupations de la population en vue de déterminer si la délivrance d’un permis de construction requis sera assujettie à certaines conditions prévues à l’article 165.4.13 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme pour assurer une meilleure cohabitation et intégration du projet dans le milieu environnant », détaille l’avis public de la MRC à propos de la rencontre du 9 septembre.

De l’opposition

Quelque 36 citoyens avaient déposé un avis écrit sur le projet lors de la consultation par écrit. La moitié d’entre eux sont de l’extérieur de la zone de Valcourt et s’opposent de façon générale à l’industrie du porc, tandis que l’autre moitié s’inquiète des odeurs, des lieux d’épandage du lisier, du transport accru que la porcherie engendrerait, de la dévaluation de leur propriété et de la qualité et la quantité de leur approvisionnement en eau potable. 

Citoyenne de Maricourt, Louise La Branche est au nombre des opposants. Elle exploite un chenil et une pension canine dans le voisinage immédiat de la future porcherie et sa propriété se trouve sous les vents dominants. Depuis que le projet de porcherie est connu, dit-elle, sa sœur a même mis une croix sur son projet de venir s’établir dans la région.

Mme La Branche s’était présentée au conseil municipal du Canton de Valcourt il y a dix jours pour réclamer un moratoire. 

Elle a accueilli comme une bonne nouvelle la tenue d’une rencontre publique de consultation, même si elle reconnaît qu’il y a peu de chance de pouvoir bloquer le projet.

« Au moins ça montre une certaine ouverture », dit-elle.

Depuis deux semaines, Mme La Branche a multiplié les contacts et la recherche d’information pour influencer le projet. Elle précise qu’une vingtaine de citoyens de Valcourt, Canton de Valcourt, Maricourt et Sainte-Anne-de-la-Rochelle se sont réunis chez elle en début de semaine pour mettre leurs efforts en commun.

« Ça nous laisse trois semaines pour nous préparer. Si on ne peut pas empêcher le projet, si au moins on pouvait passer de 4000 à 1000 porcs, ce serait plus plaisant pour tout le monde et ce serait plus facile à avaler. Parce qu’à 4000, c’est non. »

Une pétition en ligne qui s’oppose à l’implantation de la porcherie a dépassé les 1500 signatures jeudi.