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Popularité grandissante pour les développements écorésidentiels
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Popularité grandissante pour les développements écorésidentiels
Partout à travers la province, des développements écorésidentiels voient le jour notamment en raison d'une prise de conscience environnementale des Québécois. 
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Les maisons vertes poussent en Estrie

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Les maisons vertes poussent en Estrie

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Les développements écorésidentiels poussent un peu partout sur le territoire québécois. S’ils étaient encore très marginaux il y a à peine trois ans, voilà qu’une pandémie mondiale jumelée à une conscience environnementale forte accélérèrent et intensifient l’engouement les entourant.

En Estrie, ces développements se sont multipliés dans les dernières années. On en retrouve maintenant notamment à Wotton, Saint-Adrien, Ham-Sud, Waterville et Deauville.

Les critères diffèrent, mais le concept reste toujours le même. Les gens s’achètent un terrain en pleine forêt et doivent y construire une maison qui respecte certaines normes écologiques.

Dans le projet Au pied du Mont-Ham à Ham-Sud, lancé l’an dernier, on avait reçu une cinquantaine de visites pour l’achat d’un terrain lors du passage de La Tribune cette semaine... c’est cinq fois plus qu’à pareille date l’an dernier. Trois visites supplémentaires étaient prévues au courant de la semaine. La moitié des 10 terrains disponibles pour le moment ont trouvé preneur et le développement espère rendre disponible une quarantaine de terrains dans les deux prochaines années. 

L’engouement pour les maisons vertes se fait également sentir chez UrbanÉco, une entreprise de Waterville spécialisée dans la conception et la construction d’habitations saines et écologiques. 

Propriétaire des écoquartiers Le champs des possibles à Waterville et Les boisés à Deauville, la compagnie a constaté un nouvel engouement concernant ces projets de développements écolos.

« Depuis un mois les appels sont nombreux. À Waterville, on peut dire que le projet est canné puisqu’il ne reste que deux terrains en vente. Pour Les boisés, ça n’arrête pas. Je réponds à 5 à 10 demandes d’information par semaine depuis un mois », confirme Léanie Gourdeau, coordonnatrice marketing et représentante aux ventes.

Le projet Espace-Nature Petit Ham à Saint-Adrien voit lui aussi une augmentation alors que déjà une vingtaine de résidences écologiques ont été construites.

Les citadins et les jeunes

Chez UrbanÉco, environ le tiers de la clientèle intéressée par les écoquartiers provient de l’extérieur de la région, majoritairement de Montréal. Les deux tiers restants sont des Estriens. Il s’agit souvent de retraités aisés qui cherchent un pied-à-terre en région ou encore une maison de retraite.

« Mais notre principale clientèle, ce sont des jeunes de 25 à 35 ans. Ils sont jeunes, sont souvent prêts à mettre la main à la pâte pour avoir une économie de coûts pendant la construction. Surtout, ils ont un souci environnemental et ils recherchent une qualité de vie », explique Mme Gourdeau.

À Ham-Sud, la plupart des gens intéressés proviennent de la ville. On note aussi de jeunes familles et beaucoup de femmes seules. Ce sont aussi souvent des gens qui ont grandi dans la région et qui reviennent s’y établir pour leur retraite.

« Ils recherchent un autre mode de vie, souligne Renaud Bergeron, promoteur principal et propriétaire des terres du projet Au pied du Mont-Ham. Ce sont des gens sur le bord ou à la retraite qui veulent vendre leur grosse maison. Dès que tu as un souci écologique, à un moment donné, tu te poses des questions sur la grosseur de ta maison. »

Au-delà de leur résidence, les gens qui viennent visiter les terrains ont la plupart du temps un projet bien spécifique en tête, comme des serres alimentaires ou des jardins communautaires.

Ils sont toutefois nombreux à n’être qu’au début de leur réflexion. Il y a donc beaucoup de visites à Ham-Sud, mais peu d’acheteurs sérieux pour l’instant.

Renaud Bergeron, promoteur principal et propriétaire des terres du projet Au pied du Mont-Ham.

Charte de quartier

Ces projets écologiques sont généralement régis par une charte architecturale et écologique. Celle-ci encadre la construction des maisons, mais également d’autres aspects de la vie courante. Par exemple, il peut être interdit d’utiliser une tondeuse à gazon à essence ou d’installer un éclairage extérieur dépassant un certain seuil de luminosité.

« Ça crée une vie de quartier différente d’un quartier normal et ça attire des gens qui ont les mêmes valeurs. En fin de compte, ça assure une qualité de vie rehaussée pour des gens qui partagent des préoccupations semblables », résume Mme Gourdeau.

« On a tous la même façon de voir les choses, mentionne Claude Dupont, qui habite dans le projet Espace-Nature Petit Ham à Saint-Adrien. Presque tout le monde est impliqué dans quelque chose. Quand on parle d’écologie, c’est aussi l’écologie sociale. Ce n’est pas que des maisons, ça va plus loin que ça. »

La coopérative du projet Au pied du Mont-Ham se garde quant à elle un droit de regard sur les projets des acheteurs.

Plus cher, mais pas tant que ça

Selon Léanie Gourdeau, la construction d’une maison écologique entraîne généralement 5 à 10 % de surcoût comparativement à une maison construite selon les normes du code du bâtiment. 

Une étude réalisée dans une des maisons modèles d’UrbanÉco a toutefois permis de démontrer que leurs habitations performantes en énergie permettent d’économiser 50 % du coût de chauffage par année. 

« Seulement pour le chauffage, on a un retour sur l’investissement en 17 ans, explique-t-elle. Ensuite il faut rajouter une économie en électricité grâce entre autres à la grande fenestration et des coûts moindres pour l’entretien grâce aux choix de matériaux nobles. »

Renaud Bergeron souligne que les efforts de réduction de la taille de la maison auront une grande incidence sur le prix.

« Si tu travailles fort pour réduire la taille de ta maison, tu devrais t’en tirer avec une maison écologique qui coûte environ le même prix, mentionne-t-il. Mais ça dépend de ce que tu mets comme efforts écologiques. Si on prend les coûts pour rendre une maison écologique à 100 %, le premier 80 % va te coûter environ 20 % du coût total alors que le dernier 20 % pour rendre ta maison complètement écologique peut coûter très cher. »

L’achat du terrain est également à considérer. Il en coûte un peu plus de 40 000 $ pour devenir propriétaire d’un terrain dans le développement Au pied du Mont-Ham.

« On a fait des routes de qualité municipale, explique M. Bergeron. On amène l’électricité sur chacun des terrains. On a fait une entrée en concassé. On défriche le terrain et on enlève les souches et les grosses roches, juste ça c’est 5000 $. On offre un accompagnement de la part de la coopérative qui s’occupe entre autres de la location des maisons si les gens veulent le faire. »

Après l’achat d’un terrain, les gens ont 18 mois pour construire, principalement pour éviter la spéculation. 

Le projet Au pied du Mont-Ham à Ham-Sud a reçu cinq fois plus de visites qu’à pareille date l’an dernier.

Chartierville enterre son écohameau

Les développements écologiques ont beau avoir la cote, ce ne sont pas tous les projets qui arrivent à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas du hameau écologique de Chartierville, dont les balbutiements remontent au début des années 2010, mais qui n’a pas réussi à séduire un seul propriétaire au fil des ans. « On a complètement laissé tombé le projet », informe le conseiller Claude Sévigny. Comment expliquer le peu d’intérêt envers ce projet de mini-maisons? « Le terrain n’était peut-être pas l’idéal, convient M. Sévigny. Il aurait aussi fallu constituer une coopérative dès le départ et avoir une maison modèle. Il y a eu beaucoup de demandes d’information de la part de gens de l’extérieur, mais rien ne s’est concrétisé. » L’engouement n’était pas très grand non plus du côté de la population locale, admet le conseiller. « On a peut-être mal communiqué notre projet. Je pense qu’il était mal compris », indique-t-il. Récemment, le terrain de près de trois hectares acheté par la municipalité pour recevoir les mini-maisons a été revendu à un particulier, exception faite de la section du parc. « Je pense qu’il y avait du potentiel dans ce projet. Mais on avait pas les conditions gagnantes pour le réaliser », estime le conseiller municipal.

Le b.a.-ba de la maison écolo

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Le b.a.-ba de la maison écolo

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Le concept d’une maison écologique est de nécessiter le moins d’énergie possible et de respecter l’environnement.

Il existe donc plusieurs manières de réduire les coûts en énergie de sa résidence. Le premier est bien évidemment de réduire la grosseur de la maison. L’orientation de la maison plein sud jumelée à une très grande fenestration viennent diminuer de beaucoup les coûts de chauffage. Un plancher radiant et l’installation d’un système de récupération des eaux de pluie ne sont que quelques exemples des nombreuses possibilités lors de la construction d’une maison écologique. Le choix des matériaux de construction et ceux utilisés pour l’isolation sont également au centre des préoccupations. L’emplacement de la maison, la faune et la flore, la qualité de l’air et même le choix des meubles entrent en compte.

Changer de montagne... et de vie

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Changer de montagne... et de vie

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Maurice Bergeron, Danielle Hunter et leur fille Lilwenne vivaient dans une grosse maison qui ne leur convenait plus à Mont-Saint-Hilaire. Après avoir hésité entre quelques développements écologiques, c’est Au pied du Mont-Ham qui s’est imposé. Ils y bâtissent une maison écologique.

« On voulait quitter une grosse maison qui consommait beaucoup et qui n’était plus utile pour nous, explique Maurice Bergeron, qui a grandi à Wotton. Ma femme est tombée en amour avec la montagne. »

« On faisait l’école à la maison à notre fille, on n’avait donc pas d’attache et on pouvait facilement venir ici, souligne M. Bergeron. Elle va entrer au secondaire à Asbestos à l’automne. »

Leur maison est presque solaire passive, c’est-à-dire qu’elle profite au maximum du rayonnement solaire. Le plancher est en ciment et agit comme une masse thermique. 

« Le soleil chauffe la masse thermique et elle chauffe ensuite la maison par radiation, explique M. Bergeron, qui était chargé de cours à l’Université de Sherbrooke avant de prendre sa retraite. On a triché légèrement pour avoir une vue sur la montagne. On n’est pas complètement sud. » 

La résidence sera équipée d’un foyer de masse. Le plancher de ciment est sablé et poli pour pouvoir y circuler. Maurice Bergeron pense aussi se construire un atelier pour travailler le bois.

La maison devrait être prête au mois d’octobre en raison des retards engendrés par la COVID.

L’aménagement extérieur sera également le plus écologique possible.

« On a déjà rencontré une firme qui fait des aménagements extérieurs seulement avec des plantes comestibles pour l’humain et les animaux, souligne M. Bergeron. J’ai des cerfs et des pistes d’orignaux. On va essayer de garder ça le plus accueillant possible pour eux. On pense aussi avoir un étang d’eau naturelle baignable. »

Maurice Bergeron admet qu’une maison écologique coûte plus cher qu’une maison conventionnelle.

« Si on avait fait un solage, ça nous aurait coûté moins cher, mentionne-t-il. Je ne voulais pas en avoir, car c’est plus difficile à entretenir et, écologiquement, c’est moins bon. Nous n’avons pas besoin d’un sous-sol. »

Leur maison devrait être prête au mois d’octobre en raison des retards engendrés par la COVID.

L’internet, le nerf de la guerre

Les développements écorésidentiels ont tous un point en commun : ils sont dans le bois. Et dans le bois, c’est bien connu, l’internet est plus ou moins fiable. Or pour attirer des familles et des travailleurs à la maison, il est primordial d’offrir l’internet haute vitesse. À Ham-Sud, on a fait preuve de créativité. Un signal part de Saint-Camille et est relayé jusqu’au développement par des antennes placées sur le toit des silos de ferme. À Saint-Adrien, le propriétaire des terrains a décidé d’investir plus de 50 000 $ pour amener internet par fibre dans le rang. « Sans cela, on n’avait pas de projet, insiste Renaud Bergeron, qui espère que le projet Starlink d’Elon Musk de fournir l’internet haute vitesse partout sur la planète soit un succès. On s’est fait dire par la municipalité et la MRC de ne pas s’attendre à avoir un service par fibre optique d’ici 5 à 7 ans et qu’au dollar d’aujourd’hui ça allait coûter 130 $ par mois. »

Dixville séduit avec son quartier de mini-maisons

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Dixville séduit avec son quartier de mini-maisons

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
 En préparation depuis des années, le quartier de mini-maisons de Dixville a finalement pris son envol au printemps alors que les ventes de terrain ont finalement débuté. Déjà, six personnes ont mis la main sur un des lots ou s’érigeront des micro-habitations.  

« On est vraiment content », lance d’emblée Sylvain Benoit, directeur général de la municipalité de la MRC de Coaticook. 

« Ça fait déjà quatre ou cinq ans que c’est dans les plans de la municipalité, mais la vente des terrains vient juste de débuter », poursuit-il.  

Le quartier de mini-maisons s’inscrit dans un développement résidentiel de plus grande envergure. Les nouveaux propriétaires ont donc le choix entre des terrains pour des maisons conventionnelles et des lots réservés aux mini-maisons, qui ont généralement entre 300 à 500 pieds carrés de superficie habitable maximale. 

Avec ces terrains, Dixville souhaite répondre à la demande grandissante pour ce type d’habitation. C’est qu’il y a encore peu de municipalités enclines à accepter ce genre de maison sur leur territoire, bien qu’il s’agisse d’une option écologique, économique et qui favorise l’accès à la propriété. 

Dixville met à la disposition de ces citoyens le programme de subventions Habitation durable. Avec ce programme, les propriétaires sont encouragés à faire le choix d’une construction plus écologique et écoénergétique que ce soit pour une maison standard ou une mini-maison. Chaque geste durable posé pendant le processus de construction (le choix des matériaux, favoriser l’efficacité énergétique, améliorer la qualité de l’air, etc.) est comptabilisé et permet d’aller chercher une subvention pouvant atteindre 8000$.

À Saint-Adrien, par exemple, on a décidé de fermer la porte pour l’instant à ce genre de développement. 

« On a peur que ça fasse comme il y a une trentaine d’années avec les parcs de maison mobiles, souligne le conseiller municipal Claude Dupont. Aussi, un village doit vivre de ses taxes. Finalement, on est vraiment ceinturé par la protection des territoires agricoles dans nos schémas d’aménagement. On ne peut pas déborder. On ne peut pas faire une rue de mini-maisons et s’assurer que ce soit beau. »

La municipalité soutient toutefois qu’une réflexion est en cours à ce sujet.

À l’inverse, Dixville voit dans l’arrivée des mini-maisons une opportunité de développer son réseau d’infrastructures municipales. « Quand tous les terrains seront vendus, ça va faire une bonne différence puisqu’on divisera la facture à plus de maisons », explique Sylvain Benoit.

« Même si les mini-maisons valent moins cher et rapportent moins en taxes foncières, on va être gagnant sur le partage des taxes de service », poursuit le directeur général. 

Et l’arrivée de nouveaux citoyens ne peut être que bénéfique pour le village, ajoute-t-il.