Le Collectif d'urbanisme durable de Sherbrooke a organisé une manifestation ce samedi afin d'encourager la Ville de Sherbrooke à poursuivre le développement d'un réseau cyclable sécuritaire et accessible.

Pont Jacques-Cartier: les cyclistes applaudissent, mais avec réserves

Rares sont les manifestations visant à soutenir un projet plutôt qu'à le condamner, mais c'était tout de même l'objectif du Collectif d'urbanisme durable de Sherbrooke (CUDS), samedi, en invitant les Sherbrookois à se retrouver Tous à vélo sur le pont pour appuyer le projet-pilote de bandes cyclables sur le pont Jacques-Cartier.
Une trentaine de cyclistes ont répondu à l'invitation en effectuant le trajet entre le café Vertuose de la rue Galt Ouest et l'hôtel de ville en empruntant évidemment le pont Jacques-Cartier et ses bandes cyclables.
« C'est aussi une façon de dire que c'est important d'avoir des pistes cyclables qui sont sécuritaires », souligne Arnaud Messier-Maynard, membre du Collectif d'urbanisme durable et un des organisateurs de la manifestation.
Les membres du CUDS sont satisfaits que la Ville de Sherbrooke fasse plus de place aux vélos avec ce projet-pilote. Laurence Mailhiot, membre du CUDS, tenait à souligner que l'événement de samedi était positif et prenait place pour encourager la Ville à continuer dans cette voie et toujours en « faire plus et mieux ».
Malgré les efforts de la Ville, beaucoup de travail reste encore à faire pour rendre le circuit cyclable à Sherbrooke plus sécuritaire et accessible, selon le Collectif d'urbanisme durable.
« Sur le pont, il y a seulement des bandes cyclables, mais c'est certain que c'est mieux d'avoir des protections physiques. Pour que les gens fassent du vélo, il faut qu'ils se sentent en sécurité », mentionne Laurence Mailhiot, membre du CUDS et aussi une des organisatrices de la randonnée.
« Il y a des endroits où c'est vraiment agréable de circuler et où il y a beaucoup de place pour les cyclistes. Par contre, il y a d'autres endroits où on est vraiment moins confortable. Si on veut encourager le transport actif, il faut que tout le monde se sente à l'aise de se promener en vélo », ajoute M. Messier-Maynard.
Les participants à la randonnée semblent du même avis. Il faut plus de place pour les cyclistes et des pistes sécuritaires pour les gens de tous les âges afin de favoriser le transport à vélo.
« Le pont Jacques-Cartier, c'est un parcours que j'emprunte tous les jours. Bien que je sois super enjouée que le projet-pilote se soit réalisé, j'ai quand même hâte qu'on ait des installations sécurisées. Je suis enceinte et je passe aussi souvent avec mon enfant et les voitures nous frôlent. Cela dit, j'encourage la Ville et je crois qu'on s'en va dans la bonne direction », relate Judith Beaudoin, participante à la randonnée.
Plus d'une cinquantaine de signatures ont été récoltées pour la pétition du CUDS qui vise à améliorer le réseau cyclable à Sherbrooke. Le comité souhaite que le projet-pilote du pont Jacques-Cartier devienne un projet permanent et que des mesures de protection physiques soient mises en place. Les signataires encouragent également la Ville à doter de pistes cyclables la rue Galt et le boulevard de l'Université. Ils demandent aussi une meilleure protection des piétons et cyclistes aux intersections des rues Galt et du boulevard de l'Université ainsi que de la rue Jean-Paul II. La pétition sera déposée au conseil municipal le 5 juin.
Rouleau toujours insatisfait
Malgré l'enthousiasme des cyclistes pour le projet de bande cyclable sur le pont Jacques-Cartier, Jean-François Rouleau persiste et signe : les cyclistes méritent mieux et leur sécurité est toujours compromise.
« La mesure prise par la Ville n'est pas sécuritaire. On investit de l'argent dans plein de projets, mais on n'est pas capable d'assurer la sécurité des cyclistes, des mamans avec poussette et des marcheurs sur le pont », dénonce le conseiller du district de l'Université.
Si le projet pilote semble moins s'attirer les foudres des automobilistes que la précédente expérience, M. Rouleau souhaite préciser que le trafic sur le pont est moins important l'été. « On verra à la rentrée ce que ça va donner avec tous les étudiants et les professeurs », souligne-t-il.
Le conseiller municipal affirme recevoir de nombreux commentaires à propos de l'initiative de la Ville. « Les gens sont inquiets, tout comme moi. C'est un sentiment partagé », affirme-t-il.
avec Chloé Cotnoir