Le jeune hockeyeur des Marquis Jordan Dumas agira à titre d’ambassadeur pour la Marche de l’arthrite qui se déroulera dimanche à Sherbrooke. Il veut lancer le message qu’il est possible d’exceller dans un sport, même si on a une maladie comme l’arthrite. L’entraîneur-chef des Marquis Julien Ouellette s’est levé à 5 h vendredi matin pour préparer le vestiaire avant le passage de La Tribune.

Polyarthrite : Rien n’arrête Jordan Dumas

Jordan Dumas s’aligne pour l’équipe M15 mineur des Marquis du Collège du Mont-Sainte-Anne. Il a commencé à jouer au hockey à trois ans et il a toujours joué dans un très bon calibre. Jusque là rien de bien spectaculaire, mais ce qui rend l’histoire de Jordan unique, c’est qu’il est atteint de polyarthrite ankylosante et qu’il arrive tout de même à performer.

La polyarthrite ankylosante est une forme d’arthrite inflammatoire qui affecte habituellement la colonne vertébrale et les articulations sacro-iliaques. Dans le cas de Jordan, la maladie le limite principalement au niveau des genoux. Jordan doit donc prendre chaque jour plusieurs pilules anti-inflammatoires en plus de se faire une injection une fois par semaine. Il fait tout lui-même. Lorsqu’il n’est pas sur une patinoire, Jordan pratique le golf, le ski ou le volleyball.

« Si j’ai mal, je vais le dire, mais comme je le dis souvent, il n’y a rien qui m’arrête, lance le jeune homme de 12 ans lorsque rencontré par La Tribune. La maladie ce n’est pas une défaite. J’aurais pu m’apitoyer sur mon sort, mais au contraire j’ai monté d’une coche de plus. »

Jordan a commencé l’année en lion avec les Marquis avec cinq points, dont trois buts, lors des cinq premiers matchs de son équipe. Une visite chez le médecin a toutefois mis un frein à sa bonne séquence. Il a dû arrêter le hockey durant six semaines à l’automne pour éviter d’empirer son genou.

« Je sais qu’il fallait que je prenne du temps pour le physique, mais au niveau mental je n’étais plus capable, admet Jordan. J’étais triste, déçu et un peu fâché. Lorsque j’ai vu le match suivant des estrades, je n’étais pas capable. J’ai regardé mon père et je me suis mis à pleurer. »

Six semaines plus tard, Jordan n’est pas passé par quatre chemins en parlant au médecin.

« Il a dit au médecin “mes genoux vont bien, mais ma tête ne va pas bien. Donc demain matin, même si tu me dis non, je prends ma poche de hockey et je vais jouer au hockey avec mes chums” », raconte son père Jean-Luc Dumas, visiblement impressionné par la détermination de son fils.

Les coéquipiers de Jordan sont au courant de sa maladie. 

« Mes coéquipiers font attention sur la glace et à l’extérieur de la glace. Si on se donne des coups sur les jambières par exemple, ils vont me sauter pour être sûrs que je ne me blesse pas. Je voudrais me rendre jusque dans la LHJMQ et même la LNH, mais si je ne peux pas me rendre là, j’aimerais aller jouer dans une prep school aux États-Unis. »

Pas d’excuse

C’est vers l’âge de 7 ans que les premiers symptômes de l’arthrite de Jordan sont apparus.

« Il faisait du patinage artistique pour améliorer son patin et il est tombé sur le genou, se souvient Jean-Luc Dumas. C’était une blessure normale, mais deux semaines plus tard il avait toujours mal et un matin son genou était enflé. On a consulté jusqu’en rhumatologie et c’est là que le verdict est tombé. »

Jordan a commencé à jouer au hockey à trois ans et a deux grands frères qui jouent eux aussi au hockey. Il était donc hors de question qu’il laisse tomber le sport.

« Lorsqu’il a recommencé à jouer au niveau novice, il n’y a pas un match où je n’allais pas le chercher sur la glace, indique Jean-Luc Dumas, qui agissait comme entraîneur de l’équipe de son garçon. Il recevait un coup et il tombait. Chaque fois je sortais du banc et je le ramenais. Je lui parlais un peu et il y retournait. Il était super fragile. »

Jordan n’a toutefois jamais utilisé la maladie comme une excuse.

« Je suis père de trois garçons, Jordan est le dernier, explique Jean-Luc. Chez nous, il n’y a pas d’excuse que ce soit pour une mauvaise note ou une mauvaise performance. L’arthrite ce n’est pas une excuse. On doit faire avec et je suis assez intense, je dois me calmer aussi. Il est privilégié comme jeune et comme parent je suis privilégié de l’avoir comme garçon parce que c’est un combattant. »

Ambassadeur

Jordan agira à titre d’ambassadeur pour la marche contre l’arthrite qui se déroulera dimanche à Sherbrooke. Il veut lancer le message qu’il est possible d’exceller dans un sport, même si on a une maladie comme l’arthrite. Plus de 6 millions de Canadiens sont affectés par la maladie.

C’est l’occasion aussi d’amasser des fonds pour soutenir les gens qui en sont atteints. Le prochain traitement dont pourrait avoir besoin Jordan, Humira, coûte 20 700 $ la première année et 18 000 $ chaque année par la suite. Les parents doivent débourser cette somme.

« Les médicaments sont dispendieux, mais qu’on ait de l’aide ou non, si Jordan est rendu là, je vais mettre ma chemise dans la rue s’il le faut, explique Jean-Luc Dumas. Présentement la situation de Jordan ne se détériore pas, mais ça ne s’améliore pas non plus. J’ai espoir qu’on réussira à régler la situation. On gère ses périodes de repos. Avant il jouait au hockey l’été, mais là c’est terminé. On fait du camping ou on s’amuse sur le lac. »

Il est possible de faire un don via le site internet de la Marche de l’arthrite. Il est possible de faire un don directement à l’équipe de Jordan en inscrivant « Dumas » lors du don.