Environnement

Le fédéral veut graduellement réduire ses déchets de plastique

HALIFAX — Le gouvernement fédéral a profité de la réunion des ministres de l’Environnement du G7, jeudi, pour annoncer qu’il réduirait progressivement les déchets de plastique de ses opérations à travers le pays, alors que des chefs d’entreprises ont parlé de la façon dont ils allaient commencer à transformer les déchets en profits.

Lors du rassemblement à Halifax, la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a déclaré qu’Ottawa éliminerait les «plastiques à usage unique superflus» dans toutes les activités du gouvernement, notamment les pailles, les ustensiles, les emballages et les bouteilles en plastique.

Elle a précisé que le fédéral s’était donné pour objectif de récupérer, réutiliser ou recycler au moins 75 % de ses déchets en plastique d’ici 2030.

Par ailleurs, les chefs de la direction d’un groupe de grandes entreprises ont annoncé qu’ils signeraient la charte sur les plastiques dans les océans dont le Canada fait la promotion. Ces dirigeants ont confirmé la mise sur pied d’une coalition visant à trouver des moyens de réutiliser le plastique plutôt que de le jeter.

Unilever Canada, Walmart Canada, Ikea Canada et Loblaw font partie des entreprises qui se sont associées à des organisations non gouvernementales pour appuyer la Coalition pour le leadership en matière d’économie circulaire.

La charte sur les plastiques dans les océans, appuyée par le Canada, invite les gouvernements à établir des normes pour accroître la réutilisation et le recyclage des matières de plastique plutôt que de les envoyer au dépotoir. Elle appelle également les entreprises à trouver des méthodes de production qui éliminent les déchets — une approche appelée «responsabilité élargie des producteurs».

Politique

La cérémonie en hommage à Lise Payette est reportée en octobre

QUÉBEC — La politique aura marqué la destinée de Lise Payette jusqu'à la toute fin.

En raison de la campagne électorale, la cérémonie prévue en hommage à l'ex-ministre souverainiste a été reportée au mois d'octobre, à une date qui n'est pas encore déterminée, selon les informations obtenues par La Presse canadienne, jeudi.

La famille de Mme Payette, décédée le 6 septembre à l'âge de 87 ans, veut ainsi éviter de tenir cette cérémonie dans le contexte politique particulier associé à une campagne électorale.

Deux semaines après le décès de l'ex-ministre péquiste dans le gouvernement de René Lévesque, journaliste, animatrice et auteure de téléromans, à peu près tout reste encore à faire, a-t-on appris, avant de pouvoir préciser la date, le lieu et la teneur de «l'hommage national» que le Québec veut rendre à celle qui fut une des pionnières du féminisme québécois.

Les proches de Mme Payette et les personnes chargées du protocole au ministère des Relations internationales sont en discussion depuis deux semaines en vue de fixer les contours de la cérémonie, mais peu de décisions ont été prises jusqu'à maintenant.

Il faut dire que cette cérémonie, qui marquera un précédent, revêtira un caractère un peu particulier. Il faut en quelque sorte inventer une formule, Mme Payette ayant indiqué qu'elle ne voulait pas de cérémonie religieuse.

Au lieu des traditionnelles «funérailles nationales», très encadrées et célébrées dans une église, on devra donc préparer un «hommage national» laïc, à la hauteur de la contribution apportée par la disparue à la société québécoise.

À l'hôtel de ville?

Selon les informations obtenues, dans ses dernières volontés, Mme Payette n'a pas exprimé de demandes particulières liées au rite funéraire à privilégier dans son cas.

Dans tous les cas de figure, les décisions reviendront à la famille de la défunte. Le gouvernement propose des scénarios en fonction des désirs exprimés par la famille de la disparue, ses trois enfants et sa petite-fille. En bout de ligne, c'est la famille qui dispose.

Le lieu de rassemblement n'est pas encore choisi, mais la cérémonie devrait se tenir à Montréal. La famille a proposé l'hôtel de ville de Montréal, comme scénario possible, mais aucune décision n'est encore arrêtée.

Aucune date n'est encore envisagée. Un scénario possible: la cérémonie pourrait avoir lieu quelque part à la mi-octobre, soit plus d'un mois après le décès.

On chercherait ainsi à laisser passer la campagne électorale, le scrutin du 1er octobre et la période de transition qui suivra, incluant le Sommet de la Francophonie en Arménie et l'assermentation du futur gouvernement, attendue vers le 15 octobre.

Mais le scénario de la première semaine d'octobre n'a pas encore été écarté non plus.

Cérémonie ouverte au public

On sait par contre que l'urne contenant les restes de la défunte sera exposée lors de la cérémonie officielle avec les dignitaires, qui devrait durer environ une heure.

Elle sera suivie d'une autre cérémonie, sur les lieux mêmes, ouverte au grand public.

La liste des artistes présents et des personnes invitées à témoigner durant la cérémonie n'est pas encore dressée.

Un registre de condoléances sera également mis en ligne.

Actualité

Ottawa devance le retrait des wagons DOT 111

Le ministère des Transports du Canada a accéléré l'échéancier de retrait des wagons-citernes comme ceux impliqués dans la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic.

Les nouveaux échéanciers prévoient le retrait progressif des wagons-citernes CPC 1232 sans chemise (sans couche de protection thermique) qui transportent du pétrole brut 17 mois plus tôt que prévu, soit dès le 1er novembre 2018 plutôt que le 1er avril 2020.

On ordonne aussi le retrait progressif des fameux wagons-citernes DOT 111 sans chemise qui transportent des liquides inflammables très volatils plus de six ans plus tôt que prévu, soit dès le 1er janvier 2019 au lieu du 30 avril 2025.

Le transport des liquides inflammables par chemin de fer doit être effectué de la façon la plus sécuritaire possible, a annoncé Marc Garneau, ministre des Transports. Celui-ci a publié l’ordre 39 qui vise à accélérer l'échéancier de retrait des wagons-citernes les moins résistants aux impacts qui servent au transport du pétrole brut et des autres marchandises dangereuses.

Ces mesures, combinées aux autres mesures de sécurité ferroviaire prises par le gouvernement du Canada, améliorent encore davantage la sécurité du public en continuant de mettre hors service aussi rapidement que possible les wagons-citernes les moins résistants aux impacts, dit-il.

Le ministre a en outre annoncé mercredi qu'il appuie la création d'un groupe de travail dirigé par l'industrie sur les wagons-citernes destinés au transport du pétrole brut et des condensats, qui présentera des recommandations à Transports Canada au sujet de l'accélération des échéanciers de retrait progressif des wagons-citernes CPC 1232 avec protection thermique.

 « Le fait de retirer progressivement, aussitôt que possible, ces wagons-citernes moins résistants aux impacts constitue une autre mesure concrète prise par notre gouvernement pour améliorer la sécurité des collectivités le long de nos chemins de fer et pour veiller à ce que le réseau ferroviaire demeure un moyen de transport fiable pour nos produits et nos marchandises», déclare M. Garneau.

Le ministère des Transports mentionne que 21 367 wagons-citernes CPC 1232 sans chemise seront progressivement retirés d'ici le 1er novembre 2018. Le 1er novembre 2016, tous les wagons-citernes DOT 111 ont été complètement retirés du service de transport du pétrole brut.

Pour sa part, la présidente de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Vicki-May Hamm, a réagi à cette annonce.

« La sécurité ferroviaire et le transport des marchandises dangereuses demeurent des sujets de grande préoccupation pour les villes et les collectivités canadiennes. Depuis la tragédie de Lac-Mégantic à l'été de 2013, le gouvernement fédéral a pris une série de nouvelles mesures qui ont répondu directement à la demande d’initiatives urgentes et concrètes que lui avait adressée la FCM.  Cette annonce est un autre pas important vers un transport ferroviaire plus sécuritaire des marchandises dangereuses», déclare Mme Hamm, mairesse de Magog.

«Les éléments clés de ce plus récent engagement répondent directement aux préoccupations soulevées par les gouvernements municipaux de toutes les régions du pays. Le retrait progressif accéléré des anciens wagons-citernes DOT/TC-111 avec chemise et sans chemise réduira les risques associés au transport de pétrole brut par train et améliorera la sécurité de nos collectivités. »

La FCM continue de demander au ministre et aux responsables de Transports Canada de mettre en œuvre des réformes concrètes pour améliorer la sécurité du réseau ferroviaire canadien.

«Nous mettrons l’accent sur des mesures pour assurer une sécurité accrue aux passages à niveau et au voisinage des lignes ferroviaires où vivent et travaillent des citoyens. Et nous poursuivrons la recherche de solutions permanentes pour partager les informations importantes et veiller à ce que les travailleurs municipaux de première ligne soient bien préparés dans l'éventualité d'une urgence ferroviaire», dit-elle.

« Pour continuer d'obtenir de bons résultats, les gouvernements municipaux doivent participer à l’élaboration des politiques et des règlements fédéraux. Nous poursuivrons donc nos démarches auprès de Transports Canada pour obtenir de nouvelles améliorations à la sécurité du transport ferroviaire et la mise en œuvre des nouvelles recommandations que formulera le Bureau de la sécurité des transports du Canada. »

Affaires

ALENA: les États-Unis jettent du lest

WASHINGTON - Les États-Unis ont renoncé à leurs demandes controversées d’inclure des clauses «Buy American» pour les lucratifs marchés publics dans le cadre de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), a appris La Presse canadienne.

Le Mexique et le Canada se félicitent chacun de leur fermeté face au plan des États-Unis, qui aurait limité la capacité de leur pays respectif à soumissionner pour de précieux projets d’infrastructure du gouvernement américain.

Plusieurs sources, qui se sont exprimées sous le couvert de l’anonymat, ont cité les revendications concurrentes des deux pays comme un exemple de l’animosité qui a surgi entre le Canada et le Mexique depuis que le gouvernement mexicain a conclu sa propre entente de principe sur l’ALENA avec l’administration Trump le mois dernier.

Le Canada et les États-Unis tentent de renégocier leur partie du pacte commercial entre les trois pays, mais les principaux points de blocage tels que les produits laitiers, le règlement des différends et la culture demeurent.

Le Canada a reconnu que le Mexique avait fait des concessions importantes dans son accord avec les États-Unis sur les automobiles et avait permis des augmentations salariales importantes pour les travailleurs de l’automobile mexicains.

Mais des sources affirment que le Mexique a pesé le plus lourd dans la balance pour amener les Américains à renoncer à leur souhait de limiter la capacité des entreprises canadiennes et mexicaines à soumissionner pour des projets d’infrastructure américains, tout en favorisant un meilleur accès des entreprises américaines aux marchés publics canadiens et mexicains.

Le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir mercredi à Ottawa que le Canada en voulait plus de ses partenaires de négociation avant de signer un nouvel ALENA.

Il a estimé que le gouvernement avait exprimé très clairement son intérêt pour ce qui pourrait être une bonne affaire pour le Canada, mais qu’un certain nombre de choses devraient bouger avant d’y arriver. Le premier ministre canadien a dit espérer voir cette progression.

Freeland de retour à Washington

De son côté, la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland était de nouveau à Washington mercredi pour poursuivre les discussions sur l’ALENA.

Mme Freeland est arrivée dans la capitale américaine mardi, alors qu’un des principaux alliés du président Donald Trump au sein du Congrès indiquait clairement que certains législateurs américains commencent à en avoir assez de ce qu’ils considèrent être l’intransigeance du Canada.

Le représentant Steve Scalise, un républicain de la Louisiane, a mis en garde contre une «frustration croissante» face à ce qu’il a appelé «les tactiques de négociations» du Canada.

Des observateurs précisent que le Congrès souhaite que le Canada fasse partie d’un accord commercial tripartite, mais pas nécessairement au prix de l’entente préliminaire conclue avec le Mexique. Cette entente doit être approuvée par le Congrès avant le 1er décembre, puisque le nouveau gouvernement mexicain qui prendra le pouvoir à cette date a exprimé certaines réserves à son égard.

Le Canada, pendant ce temps, résiste aux échéanciers que tente de lui imposer l’administration Trump pour en venir à une entente - tout d’abord la fin août, puis maintenant la fin septembre.

Tandis que le Canada préconisait une formulation de l’ALENA visant à renforcer la protection du travail et l’égalité entre les sexes, les négociations d’ensemble auraient bloqué en raison de l’insistance du Canada pour que l’accord prévoie un mécanisme indépendant de règlement des différends.

Justin Trudeau a également promis de protéger le système canadien de gestion de l’offre des produits laitiers et de la volaille contre les demandes américaines visant à accroître l’accès de ses agriculteurs au marché laitier canadien. Selon des sources proches des discussions, le Canada aurait offert des concessions limitées sur l’accès au marché, tout en protégeant le système lui-même.Il a estimé que le gouvernement avait exprimé très clairement son intérêt pour ce qui pourrait être une bonne affaire pour le Canada, mais qu’un certain nombre de choses devraient bouger avant d’y arriver.

Gardez votre calme...

Par ailleurs, des photos, publiées sur Twitter et prises à l’aéroport d’Ottawa mardi soir, montre la chef de la diplomatie arborant ce T-shirt alors qu’elle va prendre son avion pour Washington.

«C’est un cadeau de ses enfants! Elle le porte tout le temps», a confirmé son porte-parole Adam Austen, joint par l’AFP.

Le message, «Keep Calm and Negotiate NAFTA», est un énième détournement humoristique d’un slogan placardé sur des affiches par le gouvernement britannique en 1939, «Keep calm and carry on», («Gardez votre calme et continuez») pour préparer la population à d’éventuelles attaques aériennes allemandes au début de la Seconde guerre mondiale.

Les médias canadiens ont immédiatement vu dans ce T-shirt un message subliminal: le Canada n’est pas prêt à céder aux pressions de l’administration Trump.

Mercredi matin, peu avant la reprise des négociations avec le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer, prévues en fin de matinée, Mme Freeland arborait une tenue plus classique: robe noire et collier de perles.

La renégociation pour moderniser l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui lie depuis 1994 les économies américaine, canadienne et mexicaine, a été imposée en août 2017 par le président américain Donald Trump, qui considère ce traité comme «le pire» de l’histoire pour avoir détruit des emplois américains, notamment dans le secteur automobile.

Les discussions entre Ottawa et Washington achoppent notamment sur la protection du secteur laitier canadien et sur le dispositif de règlement des litiges commerciaux (dit chapitre 19), tous deux remis en question par l’administration Trump.