Plusieurs dizaines de manifestants ont fait une visite surprise au bureau de la députée fédérale Marie-Claude Bibeau mardi après-midi. Ils réclament plus de logements sociaux.
Plusieurs dizaines de manifestants ont fait une visite surprise au bureau de la députée fédérale Marie-Claude Bibeau mardi après-midi. Ils réclament plus de logements sociaux.

Visite surprise chez les députées fédérales

L’Association des locataires de Sherbrooke (ALS) a tenté un coup d’éclat mardi en rendant une visite surprise aux bureaux des trois députées de la région du Parti libéral du Canada, Marie-Claude Bibeau, Élisabeth Brière et Lyne Bessette. Plusieurs dizaines de manifestants ont pris part à l’événement.

Les députées étaient toutefois absentes mardi. Cette visite surprise avait pour objectif de mettre de la pression pour engager le PLC à investir deux milliards $ par année pour la construction de nouvelles unités de logements sociaux.

« Pour Sherbrooke, ça voudrait dire qu’on pourrait construire de 200 à 300 logements sociaux, indique Mario Mercier, porte-parole de l’ALS. On en aurait vraiment besoin. Chaque fois qu’il y a une catastrophe, il n’y a pas de logements disponibles. Il y a eu une inondation dernièrement et on a dû sortir une subvention d’urgence dans le logement privé parce qu’il n’y avait rien. Des gens handicapés se blessent et on ne peut pas les relocaliser. »

Il n’y a pas de raison politique pour ne pas aller de l’avant selon M. Mercier.

« Je pense que si le gouvernement fédéral veut faire ça, il aurait l’appui du bloc, de Parti vert et du NPD. »

Les femmes locataires

Selon les chiffres avancés par Carole Tatlock, représentante du comité femme de l’ALS, 48 % des femmes à Sherbrooke habitent en logement alors que c’est plutôt aux alentours de 33 % pour les hommes.

« Les femmes en logement vivent beaucoup de discrimination et de violence de toute sorte, souligne-t-elle en entrevue avec La Tribune à l’extérieur du bureau de député de Marie-Claude Bibeau à Lennoxville. Il y a des femmes victimes de violence conjugale, des femmes immigrantes, monoparentales, judiciarisées, ou handicapées. Il y a beaucoup de femmes qui en plus de porter un fardeau tous les jours ont beaucoup de difficulté à trouver un logement convenable et sécuritaire. »

Mme Tatlock souligne aussi que plusieurs femmes à Sherbrooke ne vivent pas dans un logement abordable.

« On pense toujours qu’il n’y en a pas chez nous. Elles sont nombreuses les femmes qui dépensent 30 %, 50 % et même jusqu’à 80 % de leur revenu pour un logement, mentionne-t-elle. C’est déchirant quand on a des enfants ou s’il faut prendre des médicaments. En règle générale, les femmes sont plus pauvres que les hommes. Des logements sociaux, il n’y en aura jamais assez et on en veut plus. »

M. Mercier relate un épisode sombre qui est survenu récemment à Sherbrooke.

« On a eu un cas dernièrement d’une dame qui s’est fait violer dans son logement par le concierge et un voisin, car ils avaient les clés. Des choses de même ça arrive et ça arrive chez nous. »

Cette action de l’ALS survient en même temps que celle du Front d’action populaire en réaménagement urbain à Gatineau.

« Gatineau a une situation catastrophique au niveau du logement, résume M. Mercier. Les gens ne sont pas encore rétablis des inondations d’il y a deux ans. Il n’y a presque pas de logements disponibles. On pense même peut-être créer des camps. »

En plus des investissements du gouvernement, l’ALS demande une rencontre prébudgétaire avec les groupes communautaires de la région.