Une pancarte datant de 22 ans rappelle le rôle d’Hydro-Québec dans la construction du parc Willie-Bourassa-Auger.

Vente d'un parc : Christine Labrie affiche son désaccord

Christine Labrie est en désaccord avec le conseil municipal de la Ville de Sherbrooke, qui veut vendre le parc Willie-Bourassa-Auger pour un peu plus de 91 000 $. Celle-ci pourrait se déplacer au conseil de ville lundi, afin d’appuyer les citoyens qui contestent cette démarche.

Est-ce à titre de députée ou de citoyenne qu’elle fait part de son opinion dans ce dossier? « C’est indissociable, dit Mme Labrie. Moi, je suis toujours les deux. Ce ne sont pas tous les députés qui sont citoyens de leur circonscription, moi je le suis. C’est sûr que je ne peux enlever aucun des deux chapeaux, mais là, j’ai décidé d’assumer la position que j’avais sur ce dossier. Je trouve que c’est une décision incohérente de vendre un parc. J’espère que la Ville va revenir sur sa décision, car à mon sens, les arguments avancés ne tiennent pas du tout. Quand on protège un espace vert, que cet espace soit fréquenté ou pas, ce ne devrait pas être un enjeu. On protège un espace naturel. »

« J’ai affiché ma position, je ne veux pas travailler ce dossier-là comme une députée, je vais le faire comme citoyenne, relativise-t-elle. Je vais être à leurs côtés lundi pour dénoncer ce qui se passe. Ce ne serait peut-être pas approprié comme députée d’interférer là-dedans, mais ça ne m’empêche pas comme citoyenne de participer à la mobilisation, donc c’est comme ça que je vais le faire. »

Cependant, la députée de Québec Solidaire n’a pas envisagé de prendre la parole. « Comme je ne peux séparer mes deux statuts, je ne veux pas que ça nuise à mes relations avec les élus municipaux. En même temps, je suis citoyenne et je sais que certains élus municipaux ne sont pas à l’aise avec la décision. J’ai donc décidé de m’assumer », assure-t-elle. 

Pour elle, lorsqu’un parc est construit, il doit perdurer dans le temps. Il n’est pas trop tard pour que les élus de Sherbrooke changent d’idée, selon elle. « De citoyens qui se cherchent des terrains pour se construire, il y en a beaucoup, pense Mme Labrie. Est-ce qu’on va commencer à envisager la vente de parcs pour densifier les quartiers? Je pense que ce ne serait pas une bonne idée », analyse celle qui fait de l’environnement l’un de ses dossiers prioritaires. 

Courriel à Hydro-Québec

Par ailleurs, Lucie Desgagné, Catherine Boileau, Claude Roberge, François Villeneuve et Serge Lapointe, des citoyens engagés, sont entrés en contact avec Hydro-Québec afin de lui rappeler certaines clauses de la convention la liant avec la municipalité du Canton de Brompton, qui a été aggloméré à la Ville de Sherbrooke en 2002. L’annexe 4.3, où on énumère les responsabilités de la municipalité, est citée dans le document.

« Si l’organisme ou le tiers organisme avec lequel il a été signé une entente concernant le respect de la présente convention se départit, au profit d’un particulier ou d’une entreprise privée, du terrain ou du bien sur lequel l’initiative a été réalisée, il doit retourner à Hydro-Québec l’équivalent du crédit de mise en valeur qui lui a servi à réaliser son initiative », peut-on dans le document datant de 1996. 

« Nous trouvons tout à fait légitime de demander à Hydro-Québec qu’elle demande l’application intégrale de cette disposition auprès de la Ville de Sherbrooke (qui a remplacé le Canton de Brompton à la suite des fusions municipales). Il nous semble très clair que des conséquences s’appliquent dans le cas d’une vente du terrain à un particulier. D’autre part, l’intention derrière cette clause n’est-elle pas d’assurer la pérennité des lieux et de sa vocation, soit la mise en valeur d’un espace vert riverain au profit de la population, en y installant une aire de détente et un débarcadère pour embarcations? Enfin, si Hydro-Québec décide de ne pas appliquer les dispositions de l’entente en cas de changement de vocation, cela ne risque-t-il pas de nuire à l’image de la société sur le plan de sa préoccupation des enjeux environnementaux? Il est clairement indiqué à l’entente que la ville ne peut aller de l’avant sans devoir payer une pénalité à cet égard », commentent pour leur part les signataires. 

La société d’État a confirmé la réception du courriel, mais n’a pas encore fourni de réponses.