Bien que Québec solidaire possède ses propres moyens pour recueillir des informations sur les électeurs, le parti milite pour lancer une réflexion sur l’utilisation de données personnelles, particulièrement lors des campagnes électorales.

Utilisation de données personnelles: le DGE devrait fixer des balises, croit QS

La crise qui secoue Facebook et la firme Cambridge Analytica, en lien avec l’utilisation de données personnelles ayant servi à l’équipe de campagne de Donald Trump, aux États-Unis, a eu des échos à l’Assemblée nationale mardi. Bien que Québec solidaire (QS) possède ses propres moyens pour recueillir des informations sur les électeurs, le parti milite pour lancer une réflexion sur l’utilisation de données personnelles, particulièrement lors des campagnes électorales.

Le co-porte-parole du parti Gabriel Nadeau-Dubois a reconnu que Québec solidaire employait une «méthode de mobilisation» dans laquelle tous les individus sont appelés à fournir des renseignements qui permettent au parti de les contacter. «Tout ça est fait de manière volontaire», a maintenu M. Nadeau-Dubois. 

Le Soleil rapportait au début du mois que pour la première fois, les partis politiques provinciaux s’appuieront sur de nouveaux outils numériques de ciblage d’électeurs pour l’emporter lors du prochain scrutin. Le Parti libéral utilise le logiciel de traitement de mégadonnées Lib-contact, la Coalition avenir Québec a développé une plateforme nommé Coaliste, tandis que le Parti québécois travaille à créer ses propres méthodes de croisement de données. 

Situation «inquiétante»

Questionnés à savoir si les gouvernements devraient légiférer sur l’utilisation par les partis politiques de données personnelles, les deux co-porte-parole ont jugé la situation inquiétante. 

«Oui, il faut une réflexion sur l’utilisation des données personnelles de manière générale, et plus spécifiquement dans les campagnes politiques. C’est une réflexion qu’il faut entamer dans les prochains mois, les prochaines années, parce que ce qu’on a vu aux États-Unis et même en France, c’est très inquiétant», a commenté M. Nadeau-Dubois. 

Manon Massé a ajouté que le Directeur général des élections était conscient de la problématique. «Je pense qu’il se doit d’activer sa réflexion pour fournir aux élus les lignes à suivre et qu’on puisse réglementer en fonction», a-t-elle fait valoir. 

Le député de Gouin ne s’est pas montré inquiet de l’utilisation malhonnête de données personnelles par ses adversaires politiques à six mois des élections générales. «S’il y a une absence de balises puis il n’y a pas de règles, c’est sûr que la table est mise pour des dérapages», a-t-il toutefois soutenu. 

En lien avec la fuite de données personnelles de milliers d’utilisateurs de Facebook, la Commission d’accès à l’information s’est dite «préoccupée» à l’effet que ces renseignements aient été obtenus sans le consentement des personnes. «La Commission fait actuellement des vérifications auprès de Facebook et des autres compagnies qui seraient impliquées dans l’utilisation de ces renseignements personnels, afin de savoir si de tels renseignements impliquant des citoyens québécois ont pu être utilisés. Le cas échéant, la Commission déclenchera une enquête formelle», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

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