Luc Berthold

Une motion pour aider Raif Badawi à la Chambre des communes

SHERBROOKE - Une motion pour presser le gouvernement canadien d'offrir des services consulaires à Raif Badawi a finalement été adoptée à l'unanimité par les 338 députés de la Chambre des communes d'Ottawa.

« Que la Chambre presse le gouvernement d'offrir des services consulaires à Raif Badawi et travaille avec le gouvernement de l'Arabie saoudite pour lui donner accès à ces services consulaires », a lu le député de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold.

Une motion proposée par le Bloc québécois visant à donner la citoyenneté honoraire à Raif Badawi a d'abord été rejetée par les conservateurs.

« Une citoyenneté honoraire, ça ne donne absolument aucun avantage pour un citoyen, pense M. Berthold. Ça ne donne pas un passeport ni l'accès aux services consulaires. [...] On reconnaît que le Parlement devait envoyer un signal à l'Arabie saoudite, que Raif Badawi doit avoir tout le support nécessaire pour avoir accès à ces services et éventuellement pouvoir le ramener ici, au Canada. »

« On avait dit au Bloc qu'un citoyen honoraire... est honoraire. Ça ne donne aucun droit », rappelle-t-il.

Le Bloc n'est pas surpris

La députée de Saint-Jean, Christine Normandin, n'est pas surprise de cette réaction des conservateurs, qui avaient déjà bloqué une motion semblable en décembre. « J'ai envie de dire que je suis déçue, mais pour être déçue, il faudrait que je sois surprise. Les conservateurs nous ont habitués à cette façon de faire », déplore-t-elle.

« Ils ont dit dans l'article de La Tribune [de jeudi] que notre motion est inutile, enchaîne-t-elle. Leur motion est particulièrement inutile, en ce sens où elle demande plus ou moins de continuer d'offrir des services consulaires qu'on ne réussit pas à faire passer en Arabie saoudite. »

Cependant, le Bloc ne s'est pas opposé à la motion. « Il n'y a pas de petit pas, c'est pour ça qu'on a voté en faveur. Je ne crois pas qu'elle va aider, mais supposons qu'elle le fasse, il n'y avait pas de raison de voter contre. On va prendre toutes les opportunités de donner un coup de pouce au dossier de M. Badawi », explique-t-elle.

« Je me permets d'espérer qu'ils vont entendre raison et vont passer au-delà de la partisanerie, ce qui semble les guider en chambre actuellement. »

Pour M. Berthold, « le but n'était pas de prendre le crédit, mais de donner les bons services et de faire la bonne démarche pour que M. Badawi ait accès aux services consulaires ».

M. Berthold assurera un suivi avec le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne. Il est ouvert à parler avec Ensaf Haidar.