L’ex-candidate Christine Labrie s’en est pris au maire Steve Lussier et aux conseillers Pierre Avard, Julien Lachance et Claude Charron lors du dernier conseil municipal.

Une ex-candidate rabroue trois conseillers et le maire

Candidate défaite au poste de conseillère dans le district des Quatre-Saisons, Christine Labrie s’est présentée au conseil municipal lundi pour livrer une leçon de démocratie aux élus. Elle visait plus précisément le maire Steve Lussier et les conseillers Pierre Avard, Claude Charron et Julien Lachance.

Mme Labrie est revenue sur les événements qui ont mené au congédiement de l’ex-directeur du cabinet du maire, Daniel Bergeron. M. Bergeron a tenté de convaincre un citoyen de « pistonner » la conseillère Évelyne Beaudin sur sa demande budgétaire pour constituer un cabinet. Steve Lussier a nié qu’il s’agissait d’une commande de sa part.

« La manière dont s’est terminée cette saga laisse planer le doute sur certaines choses : on ne saura pas d’où venait cette commande. On peut toutefois conclure que M. Lussier a manqué de jugement, puisqu’il s’est entouré d’une personne dont le sens de l’éthique et l’esprit critique sont problématiques, et de transparence, puisqu’il a refusé d’aller au fond de cette affaire et de répondre aux questions des journalistes après ses excuses à M. Bergeron », a dit Mme Labrie.

L’ex-candidate s’est dite davantage choquée du fait que plusieurs élus ont banalisé la situation.

« Vous, vous avez été élus. Les politiciens, c’est vous. Vous avez la responsabilité de faire en sorte que la population vous fasse confiance. Vous devez à la population l’honnêteté et la transparence. Vous avez le devoir de vous indigner et de dénoncer haut et fort les pratiques douteuses.

« Quand je lis dans La Tribune les propos de M. Avard, qui minimise l’importance des actes de M. Bergeron en disant que ce n’est pas un acte grave [...] je suis inquiète. Non, la manipulation de l’opinion publique ne devrait pas faire partie de la démocratie. La population mérite d’être informée, pas influencée. »

Même coup de fronde contre Claude Charron. « Quand je lis les propos de M. Charron qui dit « [c]e n’est pas quelque chose que je juge important. Beaucoup de gens font cela, c’est une pratique courante », je suis scandalisée que M. Charron ne juge pas pertinent de dénoncer ces pratiques. Que s’est-il passé d’autre dont la population n’est pas au courant? »

Julien Lachance a été le quatrième à être pris pour cible. « Quand je lis que pour M. Lachance « [c]’est un peu malheureux que ça se retrouve dans l’espace public » et que ça ne le préoccupe pas, j’en comprends qu’il aurait préféré que la population ne soit pas au courant, et ça me révolte. »

Pour ces élus, Chritisne Labrie a livré un message : « Si vous décidez de rester les bras croisés à regarder la population tourner le dos à la démocratie, laissez-moi vous dire que vous êtes indignes de vos fonctions. »

Le maire Steve Lussier a répondu que la population pouvait continuer de faire confiance aux élus. « Il s’est passé des choses malheureuses que nous n’aurons plus besoin de conter. Ça s’est passé dans un cabinet. Je suis assez transparent en ce qui concerne les dossiers, mais pour ce qui s’est passé dans le cabinet, vous voyez qu’il y a un siège qui manque ici. J’ai tourné la page et je m’en vais vers l’avenir. »

Julien Lachance mentionne ne pas avoir voulu entrer dans la polémique parce qu’il ne voyait pas d’éléments de malhonnêteté. « Je l’évalue plus comme un problème de communication. Ce que les gens n’aiment pas, c’est la petite partisanerie est les chicanes qu’on entretient sur la place publique. »