Le député Michel Matte, ici en compagnie du premier ministre Philippe Couillard, souhaite que son gouvernement émette des directives claires sur les signes religieux au lieu de toujours s’en remettre à la Charte des droits et libertés de la personne.

Un libéral réclame une position claire sur les signes religieux

EXCLUSIF / Le député libéral de Portneuf Michel Matte estime que son parti doit clarifier sa position sur le port des signes religieux.

«Quand c’est nébuleux, c’est pas clair. J’aime ça, les choses claires. J’aimerais ça qu’on clarifie la position», a-t-il soutenu en entrevue au Soleil.

M. Matte a annoncé dans sa circonscription mardi qu’il ne sera pas candidat aux élections provinciales du 1er octobre. Au Soleil, il a assuré que la position du Parti libéral (PLQ) sur la laïcité n’est pas ce qui a fait pencher la balance. Il se retire plutôt parce qu’il a 68 ans et se voit mal faire de la politique encore pendant quatre ans. 

Reste que les débats au caucus libéral sur le port de signes religieux ont toujours été «difficiles», avoue-t-il. «On a des débats et je trouve ça sain de le faire. On va continuer», a-t-il promis. 

Le député de Portneuf souhaite que son gouvernement émette des directives claires sur les signes religieux qu’il est permis de porter ou non par les personnes en autorité, au lieu de toujours s’en remettre à la Charte des droits et libertés de la personne. «C’est ma position et c’est ce que je vais toujours défendre. Je reflète aussi ce que mon milieu veut, et mon milieu, c’est ce qu’il veut.»

Mais comme dans un caucus, l’avis du plus grand nombre l’emporte, «il faut que je me rallie aussi», évoque le député sortant. 

Après plusieurs années de débats à l’Assemblée nationale sur l’épineuse question des signes religieux, la loi 62 a été adoptée par la majorité libérale l’automne dernier. Elle prévoit la prestation de services publics à visage découvert, mais elle ne dit pas si un juge ou un policier a le droit de porter le niqab ou un turban, par exemple. 

Le ministre Pierre Moreau a défendu mardi la clarté de la loi 62, tout en rappelant que son gouvernement «va produire prochainement des directives qui vont indiquer, et à la Sûreté du Québec et aux autres organismes, comment se conduire et comment appliquer la loi». 

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Racisme

En octobre, M. Matte avait attribué la cuisante défaite des libéraux dans Louis-Hébert en partie à la consultation sur le racisme systémique initiée par son gouvernement. Cette consultation controversée a finalement changé de nom. 

Ancien enseignant, directeur d’école et maire de Saint-Marc-des-Carrières, M. Matte a été élu pour la première fois en 2008, avant d’être battu et élu de nouveau en 2014. 

S’il était resté en politique, M. Matte aurait eu à affronter son ex-collègue Vincent Caron, fondateur du Manoir du Lac-Sept-Îles, qui se présente pour la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Portneuf. M. Caron a claqué la porte du PLQ il y a un an, alors qu’il dirigeait le bureau de circonscription de M. Matte. M. Caron trouvait les positions identitaires du premier ministre Philippe Couillard trop molles. 

M. Matte soutient qu’il n’aurait pas eu peur de se mesurer à M. Caron, se disant toujours convaincu que Philippe Couillard l’emportera le 1er octobre. «Je suis un compétiteur et j’aime ça batailler. Donne-moi quatre ou cinq ans de plus jeune que je suis et je retourne.» 

Le député de Portneuf a l’intention de terminer son mandat et d’aider le PLQ à lui trouver un successeur. 

M. Matte est le 11e député libéral à annoncer son départ. Dans la grande région de Québec, André Drolet dans Jean-Lesage et Raymond Bernier dans Montmorency ont également fait savoir qu’ils tiraient leur révérence. 

Au Parti québécois, cinq députés ont annoncé leur retrait, dont Agnès Maltais dans Taschereau, tandis qu’à la CAQ, le député de Beauce-Nord André Spénard est le seul à avoir annoncé qu’il quittait à la politique.