Étienne-Alexis Boucher

Un grand besoin d'immigrants francophones en Estrie

Le rapport de la vérificatrice générale démontrant le faible taux de francisation des immigrants a des conséquences néfastes en Estrie selon la Société nationale de l'Estrie.

«Même si on a une communauté anglophone forte en Estrie, la vie se déroule en français, explique Étienne-Alexis Boucher, président de la Société nationale de l'Estrie. Pour gagner sa vie, il faut parler français. Le réflexe des immigrants qui ne maîtrisent pas la langue est bien souvent de se diriger vers Montréal où ils pourront se trouver plus facilement un travail en anglais. C'est donc une mauvaise nouvelle pour les régions puisqu'elles n'arrivent pas à garder les immigrants, mais une mauvaise nouvelle aussi pour la métropole s'anglicise de plus en plus.»

Selon le rapport de la vérificatrice générale, seulement le tiers des immigrants auxquels est destiné le processus de francisation se sont inscrits aux cours offerts par le ministère de l'Immigration, entre 2010 et 2013. De plus, plusieurs s'inscrivent au cours, mais abandonnent en chemin, sans qu'aucun suivi ne soit effectué par le ministère. Constat encore plus cinglant : ceux qui complètent le cours de francisation sont incapables, pour la plupart, de fonctionner au quotidien en français.

«Il y a des investissements de plusieurs millions de dollars dans la francisation des immigrants, résume Étienne-Alexis Boucher. Je vous jure qu'il n'y a pas beaucoup de programmes publics qui survivraient à un taux de réussite aussi faible.»