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La députée de Québec solidaire Christine Labrie
La députée de Québec solidaire Christine Labrie

Un gouvernement peu préoccupé par le sort des femmes, dit QS

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
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Le gouvernement Legault n’a «pas de préoccupation particulière pour les conditions des femmes», affirme la députée de Québec solidaire Christine Labrie.

Porte-parole du deuxième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale du Québec en matière de famille et de condition féminine, entre autres, Mme Labrie soulignait jeudi en mêlée de presse matinale la difficulté qu’éprouvent plusieurs femmes à retourner sur le marché du travail à cause du manque de places en garderies.

Questionnée sur le sujet, elle a ensuite dénoncé un manque de sensibilité général du gouvernement actuel au sort économique des femmes.

«Ça a été beaucoup dit que le gouvernement de la CAQ est un “boys club”. Il y a pourtant des femmes très intéressantes dans ce gouvernement-là, très compétentes dont les réflexions ne sont certainement pas mises à profit comme elles le devraient, estime la solidaire Labrie.

«Ce qui est clair, c’est que la pandémie a eu des impacts majeurs sur les femmes, c’est abondamment documenté, à tous les niveaux, et on ne sent pas une volonté réelle de la CAQ de s’intéresser à ces questions-là. Ils n’ont pas pris l’habitude de faire l’analyse différenciée selon les sexes de leurs politiques. Ils ne l’ont pas fait pour leur plan de relance économique. Ils ne l’ont pas fait pour le projet de loi sur l’IVAC [indemnisation des victimes d’actes criminels] que j’étudie en ce moment. Ce n’est pas une habitude qu’ils ont prise. Donc, moi, ce que ça m’envoie comme message, c’est que non, ils n’ont pas de préoccupation particulière pour les conditions des femmes.»

«La CAQ banalise»

Elle croit que le point de vue des femmes «n’est pas suffisamment entendu» en hauts lieux et que la situation socioéconomique des femmes «a certainement reculé dans la dernière année».

Mme Labrie n’est pas la première élue de l’opposition à dénoncer ce manque de sensibilité féministe au sein du gouvernement dirigé par François Legault. En novembre, la libérale Isabelle Melançon avait qualifié le gouvernement actuel de «boys club» et de «gouvernement de mon’oncles».

Selon Mme Labrie, le manque criant de places dans les services de garde à la petite enfance s’avère un exemple patent de cette quasi-indifférence.

«Il y a des dizaines de milliers de parents, essentiellement des femmes, qui ne peuvent pas travailler comme elles le souhaitent parce qu’elles n’ont pas de place en service de garde. On parle de femmes principalement, parce que malheureusement, l’équité salariale, on a travaillé là-dessus, mais on ne l’a jamais atteint au Québec. Donc, dans la majorité des familles, c’est encore la femme qui gagne le salaire le moins élevé et la famille, même si elle est progressiste, même si elle aspire à l’égalité, elle fait le choix rationnel de garder à la maison la personne qui a le salaire le moins élevé, car elle n’a pas de place en service de garde», explique la députée solidaire, ajoutant que «la CAQ banalise le problème».

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a beau promettre une réforme du système d’attribution des places, il n’a simplement pas l’appui financier de son gouvernement dans ce dossier, dit-elle.

Réplique de Legault

De son côté, le premier ministre Legault balaye cette critique d’un revers de la main.

«Je ne suis pas d’accord avec ça. Je pense qu’on se préoccupe beaucoup des familles, on a beaucoup aidé les familles depuis deux ans et demi. Je pense qu’on essaie le plus possible d’aider les femmes», a-t-il assuré, quelques instants plus tard, lors de sa propre mêlée de presse.