Plusieurs syndiqués du gouvernement fédéral ont manifesté, mercredi avant-midi à l’OTL Gouverneur Sherbrooke, où Justin Trudeau était attendu pour une rencontre privée.

Trudeau attendu de pied ferme

Dès ses premiers pas à Sherbrooke, mercredi, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a eu à faire face à des manifestants.

L’Alliance de la Fonction publique du Canada, région du Québec (AFPC-Québec) a tenu une manifestation sur l’heure du diner devant l’OTL Gouverneur Sherbrooke où M. Trudeau était attendu pour une rencontre privée.

Les syndiqués voulaient rappeler que lui et ses ministres avaient promis de faire mieux que les conservateurs et de traiter leurs fonctionnaires avec respect. Leur convention collective est échue depuis juin 2018. « Les libéraux de Justin Trudeau nous tiennent pour acquis! » affirme le vice-président régional de l’AFPC-Québec, Yvon Barrière. 

« Juste avant l’élection de 2015, Justin Trudeau avait envoyé une lettre à l’intention de tous les fonctionnaires fédéraux, leur disant que, contrairement aux conservateurs, les libéraux allaient nous traiter avec respect. Quatre ans après, alors que des élections fédérales s’en viennent, ce serait le temps qu’il passe de la parole aux actes! »

Le tout se déroulait sous haute surveillance. Des policiers de Sherbrooke montaient la garde près de l’hôtel de la rue King Ouest.

Selon les syndiqués, le gouvernement fédéral tarde à apporter les correctifs nécessaires aux milliers d’erreurs de paye qui sont toujours actives dans Phénix. Parmi eux, le député fédéral de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault, abondait dans le même sens. Régulièrement, il doit intervenir dans des dossiers d’employés du gouvernement dont la paye est en souffrance.

À son arrivée à l’OTL Gouverneur, Justin Trudeau s’est engouffré à l’intérieur où une rencontre avec les membres du Comité jeunesse du premier ministre était au programme. Il a pris le temps de rencontrer M. Barrière pour une discussion sur les enjeux, comme les problèmes de paye des fonctionnaires et sur les négociations en vue du renouvellement de leur convention collective.

« M. Trudeau nous a promis d’en parler avec la nouvelle présidente du Conseil du Trésor (Jane Philpott) dans ses réunions à Sherbrooke », dit-il.

« Nous lui avons demandé qu’on tienne une commission d’enquête sur les problèmes du système de paye Phénix. M. Trudeau n’aura pas le choix de faire la lumière sur ce qui s’est passé. Il y a 245 000 billets concernant des problèmes partout au Canada, comme ici à Sherbrooke où une employée â dû être soutenue durant cinq mois par son syndicat pour payer son loyer. C’est inacceptable. »

Les ministres du gouvernement Trudeau se rassemblent à Sherbrooke pour une retraite en vue de la rentrée parlementaire à Ottawa. Justin Trudeau a atterri à l’aéroport de Sherbrooke un peu avant midi. Sa présence à l’aéroport de Sherbrooke a valeur de symbole alors que la région réclame sa désignation en matière de sécurité.

L’avion d’affaires léger qui transportait le premier ministre et son équipe de dignitaires a touché le sol à 11 h 45. Des membres de la GRC étaient au sol pour l’accueillir et assurer l’ordre. À sa sortie de l’appareil, M. Trudeau a envoyé la main à un employé de l’aéroport présent sur le tarmac, le comité d’accueil étant seulement composé de représentants des médias. 

Le premier ministre a alors pris la direction de Sherbrooke pour se rendre à l’hôtel Delta, où se déroulera la retraite des ministres pendant les trois prochains jours.

Les discussions se dérouleront jeudi et vendredi. Entretemps, des rencontres et des annonces en présence de ministres sont prévues. 

Des ministres sont dans la région depuis mardi et d’autres sont arrivés à Sherbrooke mercredi.  Avec Maxence Dauphinais-Pelletier

Manifestation pour soutenir les Premières Nations

Plus d’une centaine de manifestants attendait Justin Trudeau, mercredi en début de soirée, à l’extérieur de l’hôtel Times où le premier ministre était attendu pour la soirée. Des membres des Premières Nations étaient venus exprimer leur colère et des membres de l’organisation locale de Greenpeace étaient présents en signe de solidarité envers ces peuples.


« Justin Trudeau devrait être plus respectueux. Je trouve déplorable qu’il ait envoyé la GRC assez rapidement pour sortir les gens qui étaient sur leur territoire en Colombie-Britannique la semaine dernière. Je trouve qu’il y a beaucoup de gens qui viennent de d’autres pays et qui sont mieux traités que nous, a déclaré l’artiste innu Geneviève McKenzie-Siou. Les Premières ont le droit de vivre leur vie traditionnelle et culturelle.»

«Trudeau, le père, était plus respectueux. Il nous a donné des droits avec l’article 35 de la Constitution. Le fils, on dirait qu’il défait ce que le père a fait», ajoute-t-elle.

Greenpeace souhaitait aussi défendre les territoires autochtones non cédés et la justice climatique. «La première raison pourquoi on est ici, c’est pour appuyer les Premières Nations. On aimerait que le premier ministre annonce ce soir que la GRC se retire de tous les territoires non cédés autochtones. On demande aussi que toutes subventions aux énergies fossiles cessent», a déclaré Carl Lajeunesse, coordonnateur de Greenpeace Sherbrooke.

Tambours et chants ont été entendus. Tout comme quelques slogans. « Trudeau traitre » en était un.

Parmi les manifestants se trouvaient également plusieurs facteurs et factrices venus exprimer leur «colère et leur consternation» à la suite de l’adoption de la loi spéciale qui les a contraint à retourner au travail en novembre dernier.

Le député Pierre-Luc Dussault était de la manifestation. «Le premier ministre dit quelque chose et fait son contraire. Il dit qu’il veut renouveler sa relation avec les peuples autochtones et qu’il veut avoir leur consentement dans les gros projets d’énergie alors que, lorsque vient le temps d’agir, il va de l’avant sans leur consentement, reniant ainsi leurs droits», a soutenu M. Dussault.  Mélanie Noël