La députée de Sherbrooke Christine Labrie « ne peut pas aller à Québec et revendiquer des fonds pour des projets de transport en commun qui n’existe pas ».

Trop de cases de stationnement, pense Christine Labrie

La députée provinciale de Sherbrooke Christine Labrie pense que le conseil municipal devrait être plus créatif et audacieux en ce qui concerne le Quartier Well Sud. Celle-ci partage l’idée de la conseillère municipale Évelyne Beaudin : il y a trop de cases de stationnement dans le plan. « Il faut sortir du moule », demande-t-elle.

« Depuis quelques jours, des voix s’élèvent à Sherbrooke pour dénoncer ce qui serait notre 3e lien local : la construction d’un méga stationnement sur Wellington Sud, présenté comme un projet moderne, parce qu’on y prévoit des espaces pour les véhicules électriques et l’autopartage. C’est une comparaison qui m’interpelle, parce que j’ai vu de mes yeux François Legault tenter de défendre l’aspect “ écologique ” du 3e lien en nous disant que les autobus et les véhicules électriques allaient l’emprunter. C’est effectivement ce qu’on appelle du greenwashing, ou de l’écoblanchiment », a écrit la solidaire sur Facebook, dimanche midi, en mentionnant qu’elle n’avait pas vu les chiffres, ni les études de la Ville de Sherbrooke.

« Mais ce que je sais par contre, c’est qu’un projet de développement urbain qui mise autant sur l’augmentation du nombre de stationnements, et sur une utilisation constante, voire accrue de la voiture individuelle, c’est un projet du 20e siècle, et un aveu qu’on ne compte pas faire d’efforts significatifs pour changer les habitudes de transport », a-t-elle enchaîné.

En entrevue avec La Tribune, Mme Labrie a précisé sa pensée. « On n’est pas en train de faire une transition en ce moment, considère la députée. Le modèle proposé a commencé à être développé il y a plusieurs années, sous l’ancienne administration municipale. À l’époque, on parlait visiblement moins d’environnement, donc le projet repose sur une vision de la Ville qui ne semble pas adéquate à la crise qu’on traverse en ce moment. »

Selon elle, chaque décision a un coût. « Si on décide de faire en sorte que le projet d’investissement qui est historiquement le plus gros de toute l’histoire de la Ville de Sherbrooke ça va être celui-là, bien on n’est pas en train de faire les choix qu’on devrait faire pour l’avenir de la Ville : celui du transport en commun. »

Transport en commun

Christine Labrie se dit constamment questionnée à propos du transport en commun. « La difficulté que j’ai, c’est que je ne peux pas aller à Québec et revendiquer des fonds pour des projets de transport en commun qui n’existe pas, indique la solidaire. La Ville en ce moment n’est pas en train de travailler sur un projet de transport en commun, contrairement à d’autres villes qui le font comme Québec et Gatineau. À Sherbrooke, ce n’est pas sur la table. »


« C’est un projet du 20e siècle, et un aveu qu’on ne compte pas faire d’efforts significatifs pour changer les habitudes de transport. »
Christine Labrie

« Je trouve ça extrêmement problématique, car c’est long de mettre sur pied un projet de transport en commun structurant, continue-t-elle. Si on s’était mis à en parler il y a cinq ans, on pourrait peut-être commencer à voir le début de ça. Ça m’inquiète pour la suite, car ce sont des projets de longue haleine qui nécessitent beaucoup d’études, d’aller récolter des fonds. Si on n’est même pas encore en train d’en parler, combien de temps ça va prendre pour qu’on ait un système de transport en commun qui va vraiment changer nos habitudes de vie? Ça va être long. »

Cependant, Christine Labrie considère qu’il y a un besoin de stationnement au centre-ville. « L’idée n’est pas de dire : “ éradiquons les stationnements! ” Lorsque je vois un projet qui repose sur l’utilisation de la voiture qui correspond à ce qu’on connaît en ce moment, ce que ça me dit, c’est que les élus en place n’ont pas l’intention à travailler pour réduire l’utilisation de la voiture et je trouve ça très préoccupant », résume-t-elle.