Le conseiller Pierre Tremblay dépose une plainte contre le chef de cabinet de sa collègue Évelyne Beaudin.

Tremblay dépose une plainte contre le chef de cabinet de Beaudin

Le conseiller Pierre Tremblay dépose une plainte contre le chef de cabinet de sa collègue Évelyne Beaudin. Il rapporte que Claude Dostie a commis une infraction au sens de l’article sur les injures, dans le règlement 1 de la Ville de Sherbrooke, en raison d’un commentaire publié sur Facebook.

Cet article stipule qu’« Il est défendu à toute personne d’injurier ou de blasphémer contre un membre du conseil municipal ou un fonctionnaire ou d’entraver ou de nuire de quelque manière que ce soit à l’exercice de leurs fonctions. » Un constat d’infraction d’au moins 160 $ sera envoyé à M. Dostie.

Le camp d’Évelyne Beaudin compte contester la contravention. Les frais d’avocats des deux camps seront payés par la Ville.

Selon le document déposé au conseil municipal, la plainte porte sur un commentaire publié par M. Dostie sur la page Facebook de La Tribune le 5 décembre 2019. L’injure elle-même n’est pas précisée. Le Service des affaires juridiques se sentait en conflit d’intérêts et a confié le mandat à une avocate externe pour trancher sur la question.

Me Audrey Toupin-Couture est d’avis que la Ville, « en tant que poursuivante, devrait autoriser la plainte du conseiller et ainsi procéder à la délivrance d’un constat d’infraction en vertu de l’article mentionné ». Pour que cette avocate agisse à titre de poursuivante devant la Cour municipale, une résolution du conseil municipal était nécessaire. Aucun élu ne s’est opposé. Pierre Tremblay et Évelyne Beaudin ont déclaré leur intérêt.

Çlaude Dostie

En fin de séance, Évelyne Beaudin a néanmoins commenté la situation.

« Je suis un peu surprise que le conseil donne sa caution morale à ce qui me semble être un gaspillage de fonds publics pour ce qui est au fond une poursuite bâillon. Je crains que Sherbrooke devienne un peu la risée du Québec. J’ai l’impression qu’on va être cités en exemple : voici ce que vous ne devez pas faire si vous souhaitez protéger la liberté d’expression. Ce qui est encore plus grave, c’est qu’on vient travestir le débat qui s’était amorcé sur l’intimidation et la violence en ligne. On vient mettre sur un pied d’égalité les insultes gratuites que subissent souvent les femmes en politique et un commentaire mesuré sur une proposition qui a d’ailleurs été attaquée vertement par le maire lui-même et le directeur général de Valoris. »

Pierre Tremblay et le maire Steve Lussier n’ont pas voulu commenter la situation. Le maire a simplement dit que l’intimidation est intolérable.