Le député François Gendron avait utilisé l’expression «travailler comme un nègre» alors qu’il s’adressait à des élèves dans une école secondaire de Québec, le mois dernier. Il avait employé ces mots pour exprimer le fait qu’il travaillait fort à l’époque où il était ministre des Ressources naturelles.

«Travailler comme un nègre»: Gendron s'excuse

Le député François Gendron s’est excusé mercredi d’avoir utilisé l’expression «travailler comme un nègre» alors qu’il s’adressait à des élèves dans une école secondaire de Québec, le mois dernier.

M. Gendron, qui siège à l’Assemblée nationale depuis 41 ans, a utilisé ces mots pour exprimer le fait qu’il travaillait fort à l’époque où il était ministre des Ressources naturelles. «On n’a pas le droit d’utiliser cette expression-là dans le contexte d’aujourd’hui», a-t-il regretté en mêlée de presse.

Le député dit s’être excusé par écrit à l’école La Camaradière et à la personne qui «prétendait que c’était offusquant». Il a toutefois soutenu que ce n’était «pas son intention» d’offusquer les personnes ayant la peau noire, et qu’«on a tenté de donner des proportions exagérées à l’affaire». 

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée s’est montré satisfait des excuses de son député, soutenant qu’il avait utilisé «une expression à bannir». «On a toutes sortes d’expressions, qui viennent de notre passé et à mesure que la société évolue, qu’on a plus de conscience de l’importance de l’égalité et de l’impact de certains mots face à certaines communautés, surtout lorsqu’on est des personnalités publiques, on doit faire attention.» 

«Ce mot-là est complètement inacceptable», a quant à lui jugé David Heurtel, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. Il soutient que M. Gendron a fait «un premier pas» en s’excusant, mais que cette erreur devait être un occasion d’apprendre pour le vice-président de l’Assemblée nationale. «C’est encore une opportunité de se sensibiliser et de comprendre qu’on ne peut pas dire n’importe quoi en 2017.»

Remarque constructive

Ces excuses surviennent après que le réseau CTV ait obtenu copie d’une lettre que l’école a envoyée à l’entourage de M. Gendron en octobre, concernant l’emploi du mot «nègre». Marie-Élaine Dion, porte-parole de la commission scolaire de la Capitale, soutient qu’il ne s’agissait pas d’une «plainte formelle», plutôt d’une «remarque constructive». 

«Il n’y a personne dans l’école qui a soulevé un tollé avec ça. On parle ici d’un simple courriel envoyé par du personnel de l’école pour sensibiliser le député», explique Mme Dion. Selon elle, le personnel de l’école était très satisfait mercredi des excuses formulées par M. Gendron.