L'éditeur de La Presse, Guy Crevier, et le président, Pierre-Elliott Levasseur

Transformation de La Presse: l’Assemblée nationale devra se prononcer

Le quotidien La Presse aura besoin de la collaboration de tous les élus de l’Assemblée nationale avant de pouvoir se transformer et devenir un organisme sans but lucratif.

Le gouvernement québécois avait approuvé il y a 51 ans l’achat de La Presse par la famille Desmarais par l’entremise d’une loi privée. Un nouveau projet de loi doit maintenant invalider l’ancien, si possible avant la fin de la session parlementaire, le 15 juin. 

LIre: La Presse devient un organisme sans but lucratif

Le premier ministre Philippe Couillard croit qu’une adoption rapide est possible, mais «la collaboration des partis d’opposition sera nécessaire».

Tous les élus de l’Assemblée nationale ont salué la transformation de La Presse mardi, pour autant qu’elle préserve la qualité et la diversité de l’information au Québec. «Il n’y a pas d’inquiétude sur l’avenir du journal avec cette proposition», croit M. Couillard. 

Selon lui, il faut continuer à soutenir les médias dans leur virage numérique, comme son gouvernement a commencé à le faire depuis un an. Au dernier budget, le gouvernement Couillard a annoncé une aide de 64,7 millions $ sous forme de crédit d’impôt pour appuyer le virage numérique de la presse écrite. 

M. Couillard hésite toutefois à aller plus loin, afin de préserver l’indépendance des journaux. «Je serais très, très prudent avant d’établir une règle par laquelle les gouvernements ou les partis politiques seraient vus comme étant directement à la source du financement des médias.»

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée a également plaidé en faveur de la survie des médias, à condition qu’ils soient tous traités de façon équitable. «Je veux que le gouvernement ait un programme d’aide aux médias qui ne fasse pas de gagnant, pas de perdant, que tout le monde soit sur le même pied. Je ne veux pas de traitement particulier pour un média en particulier.»

François Bonnardel, député de la Coalition avenir Québec, reconnaît que «les médias sont en crise» et que leur situation est «extrêmement difficile». Selon lui, le gouvernement doit se pencher sur cette situation et suivre avec attention le nouveau modèle que La Presse développera. «C’est peut-être un modèle unique, qui va faire peut-être des petits un jour.»

Gabriel Nadeau-Dubois, député de Québec solidaire, voit d’un bon oeil le fait que La Presse s’éloigne de «gros intérêts économiques». «C’est pas inintéressant d’essayer des nouveaux modèles d’affaires dans le monde des médias, parce que de toute évidence, le modèle actuel a du plomb dans l’aile.»