Le premier ministre Justin Trudeau a évité de dire, vendredi, s'il permettrait au gouvernement du Québec de soumettre les nouveaux arrivants à un test des valeurs.

Test des valeurs: Justin Trudeau veut le voir avant de se prononcer

Le premier ministre Justin Trudeau a évité de dire, vendredi, s'il permettrait au gouvernement du Québec de soumettre les nouveaux arrivants à un test des valeurs.

«Par rapport aux différentes propositions, y compris l'idée de tests, on va continuer de discuter avec la province et voir c'est quoi leur proposition, a-t-il indiqué. Encore, ils parlent de différentes choses et on n'a pas vu encore quelle forme ça pourrait prendre et on ne va pas réagir avant de comprendre exactement ce qu'ils sont en train de proposer.»

Le test des valeurs est l'une des nombreuses demandes formulées par François Legault lors de leur rencontre la veille. Le premier ministre québécois avait soumis une liste, profitant ainsi de l'année électorale qui se dessine au Canada pour tenter d'obtenir le plus de concessions possible pour le Québec. Outre le test des valeurs, M. Legaultveut également imposer un test de français aux immigrants.

Le premier ministre québécois n'avait pas voulu indiquer jeudi le type de questions que contiendrait son test des valeurs. Cet examen s'appuierait sur les principes de la Charte québécoise des droits et libertés comme l'égalité entre les hommes et les femmes.

Québec doit obtenir l'accord d'Ottawa pour pouvoir ajouter ces questions au test de connaissances auquel sont déjà soumis les immigrants économiques qui s'installent dans la province. Le premier ministre Legault demande également que soient ajoutés des tests sur les valeurs et le français au processus déjà existant pour les immigrants issus de la réunification familiale, une catégorie gérée par le gouvernement fédéral.

Lors de la rencontre, les deux premiers ministres ont également discuté de la diminution du nombre de nouveaux arrivants. M. Legault souhaite notamment qu'Ottawa lui permette de réduire de 20 pour cent les seuils d'immigration dans les deux catégories sur lesquelles il n'a pas de pouvoir, soit celles des réfugiés et de la réunification familiale.

«On a parlé des seuils d'immigration et on a aussi parlé beaucoup de la pénurie de main-d'oeuvre qui existe partout au Québec, particulièrement en région, a indiqué M. Trudeau vendredi. C'est pour ça (que nous avons) convenu que nos ministres allaient se rencontrer dans les semaines à venir pour parler de ces deux éléments-là et comment qu'on peut les adresser (sic) ensemble pour améliorer la croissance économique pour les Québécois et par extension pour tous les Canadiens.»

Les ministres du gouvernement Legault doivent tenir une rencontre à Gatineau à la fin du mois de janvier.

Québec espère aussi faire aboutir d'ici là les négociations avec Ottawa pour le financement de l'accueil des demandeurs d'asile qu'il évalue à 300 millions $ et demande que les Québécois puissent remplir une déclaration de revenus unique.

M. Trudeau s'était déjà opposé en mai à une déclaration de revenus unique administrée par le gouvernement québécois, malgré le consensus de l'Assemblée nationale. Il n'en voyait pas la nécessité et estimait que Québec avait déjà beaucoup «de contrôle sur l'immigration, sur la langue, sur la culture».

Le Parti conservateur, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois sont en faveur de cette idée.