La souveraineté est l’un des thèmes principaux de la campagne que mène Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, pour la course à la chefferie du PQ.
La souveraineté est l’un des thèmes principaux de la campagne que mène Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, pour la course à la chefferie du PQ.

Sylvain Gaudreault veut unifier par l’indépendance

Émilie Morin
Émilie Morin
Le Quotidien
Alors que la situation internationale se détériore, le député péquiste Sylvain Gaudreault insiste sur la pertinence du projet d’indépendance au Québec.

« La question de l’indépendance est plus pertinente et plus moderne que jamais, croit M. Gaudreault. Il y a de plus en plus de questions où le Québec devrait avoir le droit de parole. » Selon lui, les relations internationales et les enjeux qui les entourent sont des questions peu abordées lorsqu’on parle du projet d’indépendance.

« Prenons l’environnement, par exemple. Le Québec aurait plusieurs avantages à prendre ses propres décisions. Avec un siège à l’ONU (Organisation des Nations Unies), nous pourrions devenir un modèle d’énergie renouvelable pour les pays qui y siègent. C’est un signal très important à lancer », décrit le député.

Celui qui est candidat à la chefferie du Parti québécois (PQ) cite comme second exemple la taxation des géants du Web, un autre enjeu où le Québec pourrait se démarquer. « Pour jouer un rôle là-dedans, et là, je ne dis pas qu’on peut arriver à une solution tout seul, mais pour jouer un rôle, il faut être un pays. »

Questionné à savoir si la situation du Brexit, au Royaume-Uni, peut remettre en question l’indépendance du Québec, Sylvain Gaudreault répond plutôt qu’il faut y voir un paradoxe, puisque l’Angleterre est en faveur du Brexit, alors que l’Écosse s’y oppose. Dans cette perspective, le vote écossais est un geste souverain qui veut réaffirmer le statut d’indépendance en soulignant le désir de demeurer au sein d’une union qui comporte exclusivement des États européens.

Projet commun

Quant aux divergences qui semblent séparer le peuple québécois, particulièrement les différentes générations, depuis quelque temps, Sylvain Gaudreault est d’avis qu’elles peuvent être amoindries par le projet d’indépendance. « Je pense que c’est une occasion formidable pour faire un projet commun. C’est l’occasion de faire quelque chose d’unique : construire un pays. Souvent, ce qu’on reproche à la politique, c’est l’incapacité de se donner une vision à long terme. Le projet d’indépendance, c’est une chance unique de décider de ce qu’on veut faire de nos institutions. C’est l’occasion de construire quelque chose ensemble. »

Pour le député, l’indépendance doit être vue comme l’occasion d’aller à la rencontre d’autrui, comme le ferait une personne qui franchit le cap de l’âge adulte. « Un ado qui devient un adulte, décrit Sylvain Gaudreault, ça ne se renferme pas dans sa chambre puis ça ne voit plus personne ! Ça sort de chez lui, ça rencontre des gens, ça s’affirme comme une personne qui a sa propre voix. Devenir majeur, c’est s’ouvrir aux autres. Je crois que c’est comme ça qu’on doit le voir. L’indépendance, c’est sortir du cocon parental de la minorité pour devenir majeur. »

Sylvain Gaudreault est également d’avis que les tensions politiques à l’échelle mondiale ne sont pas une raison pour craindre l’indépendance du Québec. « Des tensions internationales, il y en a toujours eu. Quand on a parlé de l’indépendance à l’époque de René Lévesque, c’était la Guerre froide. Après, il y a eu les attentats du 11 septembre, après ça, la guerre en Afghanistan... Si on attend d’avoir la paix totale, ça n’arrivera jamais. Oui, il y a des moments plus tendus et oui, il faut continuer de lutter. Mais j’ai une formation d’historien, et je peux vous dire que des situations totalement pacifiques, il n’y en a jamais eu. Alors, pendant les tensions, il faut voir des opportunités. »