Le premier ministre François Legault rejette le rappel à l’ordre d’Ottawa, qui veut que personne n’ait à payer de sa poche pour obtenir des examens diagnostiques; que ce soit des tests sanguins ou d’imagerie par résonance magnétique, par exemple.

Soins de santé: Legault rejette le rappel à l’ordre d’Ottawa

Le premier ministre François Legault rejette le rappel à l’ordre d’Ottawa, qui veut que personne n’ait à payer de sa poche pour obtenir des examens diagnostiques; que ce soit des tests sanguins ou d’imagerie par résonance magnétique, par exemple.

M. Legault a usé, mercredi, de propos plus fermes que ceux de sa ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, pour répondre à la sommation de la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor. Celle-ci a rappelé les provinces à l’ordre au nom des principes inscrits dans la loi canadienne sur la santé.

«On ne se laissera pas dicter ce qu’on va faire par le fédéral», a déclaré M. Legault avant d’ajouter qu’«on va gérer notre réseau de la santé comme on le pense», que «ce n’est pas le fédéral qui va commencer à nous dire comment gérer le réseau de la santé».

«Il y a des gens qui préfèrent passer par le secteur privé pour certains examens. C’est encadré et ça va rester comme ça», a établi le chef du gouvernement québécois.

«La santé, c’est le champ de compétence du Québec, c’est le champ de compétence des provinces», avait avant lui aussi insisté la ministre québécoise Danielle McCann.

«Ce qui est important pour nous, c’est que les Québécois aient accès aux services. Alors il n’est pas question de fermer des portes d’accès pour le moment», a-t-elle ajouté. Autrement dit, pas question de se passer des tests réalisés par des cliniques privées pour lesquels les Québécois doivent débourser soit à partir de leur portefeuille, soit à travers des assurances complémentaires.

«Pour le moment», c’est-à-dire pas tant que le réseau public ne pourra pas suppléer.

C’est sur les éléments qui suivent que les propos de Danielle McCann ont été plus accommodants que ceux de M. Legault : «Nous allons être en discussion avec Mme Petitpas Taylor», a dit la ministre québécoise en laissant entendre qu’elle voulait en savoir davantage sur les intentions de sa vis-à-vis. Ginette Petitpas Taylor a indiqué que les transferts fédéraux pourraient croître de manière à compenser les provinces qui décideraient de rembourser les patients devant payer pour certains examens diagnostiques.

Mme McCann a précisé que son ton était à la «collaboration» et à la «négociation constructive». «On est pour l’universalité et pour la gratuité des services. On va travailler dans ce sens-là», a aussi tenu à dire la ministre québécoise.

GND appuie Petitpas Taylor

Un peu comme l’avait dit le péquiste Sylvain Gaudreault la veille, le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois  s’est désolé mercredi de constater que «ça doive venir du fédéral, mais, sur le fond, Mme Petitpas Taylor a bien raison».

Il juge inacceptable le système à deux vitesses qui s’est mis en place au fil des ans. Il n’est «pas acceptable qu’on puisse s’acheter un accès plus rapide aux soins de santé».