Paul Arseneault croit que Sherbrooke doit s’inspirer de Burlington au Vermont (photo) ou de Boulder au Colorado, des villes que l’on visite parce qu’elles sont charmantes.
Paul Arseneault croit que Sherbrooke doit s’inspirer de Burlington au Vermont (photo) ou de Boulder au Colorado, des villes que l’on visite parce qu’elles sont charmantes.

Sherbrooke pourrait cesser de chercher son produit touristique majeur

SHERBROOKE — Sherbrooke doit-elle continuer de se chercher un produit d’appel, un produit touristique unique qui attirera les foules année après année? Le conseiller Vincent Boutin a posé la question, lundi au conseil municipal, alors que les élus redéfinissaient la structure touristique de Sherbrooke. Réponse : la Ville doit être son propre produit d’appel!

« Nous avons de la misère à trancher à savoir si nous avons besoin d’un produit d’appel. Si oui, quel genre de produit répond à nos besoins? », a-t-il demandé à Paul Arseneault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat et consultant embauché par la Ville. 

« Avoir un produit qui met une municipalité comme un incontournable coûte environ un quart de milliard de dollars. Foresta Lumina a été un coup de dés magnifique, mais ce n’est pas une attraction qui va durer dix ans. L’amphithéâtre Cogeco n’amène pas un chat à Trois-Rivières. C’est le spectacle du Cirque du Soleil, qui coûte 1 M$ à la municipalité annuellement, qui attire les gens.

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« Vous avez Granby, à côté, l’attrait touristique familial idéal. Il n’y a plus de produit qui peut recréer un zoo. Ça n’arrivera pas. Les gens qui vont dans une ville de la taille de Sherbrooke, comme Burlington ou Boulder, c’est parce que ce sont des villes charmantes. On y va parce qu’il y a de belles terrasses, de beaux circuits cyclables. L’autre intérêt d’avoir des villes magnifiques, c’est que les gens ont envie de venir en congrès parce qu’ils passeront du bon temps. Et ils en profitent pour arriver plus tôt pour profiter de la ville », a répondu M. Arseneault.

Paul Arseneault était présent par vidéoconférence au conseil municipal, lundi, pour présenter les résultats de son étude comparative entre Destination Sherbrooke et les autres modes de gestion du tourisme dans les grandes villes du Québec. 

Vincent Boutin

Il constate, dans ses comparaisons avec Saguenay, Trois-Rivières, Lévis et Gatineau, que certaines villes ont choisi d’intégrer le tourisme au développement économique, que d’autres ont placé le tourisme sous la direction de la Ville et que Sherbrooke est la seule à avoir son propre organisme paramunicipal consacré uniquement au tourisme. 

Il souligne entre autres qu’aucun des modèles ne semble plus performant que les autres. « Sherbrooke est toutefois l’endroit où on trouve le plus grand nombre d’employés dans l’organisation touristique. »

Il ajoute qu’aucune campagne de marketing ne sera plus forte que le produit. « On a avantage à améliorer le produit avant d’ajouter du marketing. Il faut approcher le privé pour ensuite développer une stratégie complémentaire. »

Pierre Fortin, un autre consultant embauché par la Ville, a relevé que deux orientations de la vision économique de Sherbrooke touchaient le tourisme, principalement le développement d’un centre-ville densifié, attractif et animé et la promotion des atouts pour valoriser les initiatives attractives auprès des entreprises et des talents. Elle doit aussi développer une image de marque forte.

Il soutient que lors d’une consultation avec le milieu, il avait été établi que le produit d’appel est Sherbrooke en tant que ville en raison de son patrimoine, de son architecture et de son centre urbain. Il note par ailleurs l’importance de développer une cohésion avec les acteurs du milieu, notamment Tourisme Cantons-de-l’Est et les organismes de développement économique, pour repositionner l’offre locale dans l’offre régionale.

Marc Denault s’est interrogé à savoir si Sherbrooke devait déjà tenter de positionner son centre-ville comme un attrait majeur alors que des chantiers d’importance y sont prévus pour les deux prochaines années. 

« Il n’y en aura pas de saison touristique estivale nulle part. S’il y a un moment où il faut sortir les bulldozers, les pelles mécaniques et les pépines, c’est cet été plus que jamais », répond Paul Arseneault. 

Évelyne Beaudin a vérifié auprès de M. Fortin s’il était essentiel que Destination Sherbrooke demeure une entité séparée du développement économique. 

« C’est un débat qui a eu lieu au comité politique à quelques occasions. Vous avez fait le choix d’aller vers un organisme distinct pour maintenir une forte teneur touristique. La réponse à votre question est non. Il y a des modèles qui fonctionnent bien et d’autres non en étant autonome. Ce qui est important, qu’il soit autonome ou pas, c’est qu’il travaille avec les partenaires du milieu. »